Publié par Gertrude Lamy le 6 octobre 2021

Source : Lesalonbeige

Ce mardi 5 octobre est un jour funeste. Aujourd’hui, le fameux « rapport Sauvé » est dévoilé à la presse qui s’en donne à cœur joie. Depuis plusieurs jours, comme en prévision de ce jour, notre pauvre Eglise de France est clouée au pilori par la bien-pensance médiatique.

Non sans raison. Car, oui, la première réaction qui vient à l’esprit, en entendant ces révélations sur les abus sexuels commis par des clercs est le dégoût. Spécialement, pour nous, parents catholiques : ces victimes auraient pu être nos enfants. Ces victimes sont en tout cas nos frères et leurs souffrances crient vers le ciel et réclament justice. Nous ne sommes pas des « cléricaux » : nous n’avons aucune intention de défendre l’institution contre les victimes comme ce fut, hélas, trop de fois le jeu pervers de nos pasteurs.

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Cela étant dit, et, partagé entre le dégoût pour ces crimes, la compassion pour les victimes et la colère contre les ordures qui en profitent pour remuer la fange et faire taire l’Eglise, je voudrais remettre quelques choses au point.

  • La justice exige de dénoncer et de condamner les coupables. Mais la justice n’exige nullement – elle se révolte même contre cette tentation – que les innocents paient pour les coupables. Certes, la très particulière justice divine a permis que l’Innocent par excellence paie pour les coupables que nous étions tous, mais je trouve proprement scandaleux que la suspicion pèse désormais sur tous nos bons prêtres. Sans aucune naïveté, je veux, pour ma part, redire à tous les prêtres que je connais toute ma confiance et ma reconnaissance pour la mission qu’ils accomplissent dans notre société décadente et moribonde en y rendant présent Notre Seigneur Jésus-Christ Lui-même.
  • Cela m’amène tout de suite à dire qu’il est hors de question d’accepter ce que certains – à commencer par Jean-Marc Sauvé – proposent déjà, à savoir la suppression du secret de la confession.
  • Je trouve, de façon générale, particulièrement mal venue cette hypocrisie des bien-pensants qui n’ont eu de cesse de détruire la famille et ce que l’on appelait naguère les bonnes mœurs, qui ont encouragé toutes les dépravations sexuelles, et qui, aujourd’hui jouent les dégoûtés parce que certains prêtres les ont, hélas, suivis. Nous, catholiques, avons le droit (et le devoir) de dénoncer fermement ces abus monstrueux. Mais certainement pas les soixante-huitards qui parlaient naguère encore de dépénaliser la pédomanie.
  • A ce propos, il faut dire et redire que, dans leur immense majorité, ces crimes ne relèvent pas de la “pédophilie”, comme le prétend la große presse, mais de la pédérastie (l’attraction d’un homme adulte pour de jeunes hommes). Et que, par conséquent, là non plus, nous ne pouvons pas supporter les leçons de morale de tant de personnes asservies au, complices ou militantes du lobby LGBT. La meilleure façon de lutter efficacement contre les abus sexuels dans l’Eglise (du moins l’écrasante majorité d’entre eux) est d’appliquer ce qu’avait naguère demandé le Pape Benoît XVI (et qui a été curieusement placé sous le boisseau) : empêcher les jeunes gens ayant des tendances homosexuelles d’être ordonnés. Je n’ignore pas à quel point c’est difficile, ni combien cela peut être douloureux pour les intéressés (qui ne sont pas toujours responsables de leurs « tendances »), mais, dans la crise que nous traversons, une rigueur de fer s’impose.
  • Je ne connais M. Sauvé que de réputation, mais je dois dire que son discours serait plus audible si le catholique qu’il est ne prétendait pas supprimer le secret de la confession et si sa défense de l’innocent avait été jusqu’à défendre Vincent Lambert – je n’oublie pas qu’il était vice-président du Conseil d’Etat lorsque cette institution a condamné l’infortuné jeune homme à mourir de faim et de soif. J’en parle en connaissance de cause (et le petit père Combes aussi): être un ancien séminariste n’est pas une garantie de sainteté, ni même de vertu!
  • S’agissant des faits eux-mêmes, je n’ai pas encore lu le rapport et je ne vais donc pas m’aventurer à le commenter. Mais je note tout de même que les chiffres sont extrêmement variables et que plusieurs des « faits » qui ont été mentionnés avant la conférence de presse d’aujourd’hui me semblaient assez nébuleux. Cela ne veut pas dire qu’ils n’ont pas eu lieu, mais cela signifie que la justice civile ne les aurait pas nécessairement retenus – alors, de grâce, arrêtons de prétendre que le droit canonique protège les bourreaux et non les victimes. C’est d’autant plus mal venu que l’immense majorité des actes répréhensibles ont été commis pendant l’immédiat après-concile qui était précisément une époque d’éclipse du droit canonique. Quant aux nombres, de qui se moque-t-on? On nous dit “en même temps” que 243 victimes ont été auditionnées et que l’estimation du nombre global de victimes est de 216 000 victimes, c’est-à-dire pratiquement 1000 fois plus. Les prétendus “faits” documentés relèvent en réalité du sondage. Je ne dis pas que les sondages ne peuvent pas permettre d’approcher la réalité; je dis simplement qu’il faut arrêter de prendre toutes les informations de cette commission pour parole d’Evangile!
  • Ancien séminariste (comme Jean-Marc Sauvé, qui fut, je crois, novice chez les jésuites de Lyon), je peux témoigner qu’il existe de sérieux problèmes dans le discernement des vocations. J’ai vu de mes propres yeux des prêtres extraordinairement doués pour ce discernement, notamment dans la compagnie de Saint-Sulpice qui dirigeait le séminaire où je suis passé, mais qui utilisaient, hélas, ces talents, non pas principalement pour s’assurer que les futurs prêtres soient sains de corps et d’esprit et réellement appelés par Dieu, mais plutôt pour s’assurer qu’ils soient bien « dans la ligne du parti » – et peu importe de quel parti ecclésiastique il s’agit ici (au séminaire des Carmes, où j’étais, il s’agit du parti « progressiste » – et dont, pour ne rien vous cacher, je n’étais pas vraiment un militant actif! –, mais j’ai des témoignages d’amis qui me laissent à penser que cela valait pour d’autres factions dans d’autres séminaires).
  • J’entends dire que certains réclament que toute l’Eglise soit, en quelque sorte, solidairement responsable de ces turpitudes. Mais c’est tout simplement hors de question. Je trouvais déjà assez choquant que notre denier du culte finance cette commission dont nous savions par avance qu’elle nous condamnerait en bloc (il paraît que 3 millions d’euros, venant de notre denier du culte, ont déjà été utilisés pour cela). Alors n’imaginez pas que nous donnions un kopeck pour tenter de combler ce tonneau des Danaïdes que va être la tentative d’indemnisation des victimes. Nous donnons pour faire vivre nos saints prêtres, non pas pour exonérer de leurs responsabilités les salopards!
  • « Ils » veulent en finir avec l’Eglise. Les ennemis avaient déjà essayé d’empêcher la reprise du culte catholique après le confinement – et il faut bien reconnaître que nos pasteurs semblaient un peu tétanisés et qu’il a fallu des laïcs et des prêtres indépendants (comme votre blogue préféré) pour réclamer ce sans quoi nous ne pouvons pas vivre : le Saint-Sacrifice. Mais, si l’Eglise était une institution purement humaine, il y a belle lurette qu’elle aurait cessé d’exister. Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle. Et tous les péchés de ses membres n’y peuvent pas plus que toute la haine de ses adversaires. En tout cas, ne comptez pas sur nous, simples fidèles du rang, pour rester les mains dans les poches quand vous attaquerez nos prêtres. Nous en avons besoin. Eux seuls peuvent nous transmettre le Bon Dieu réellement présent et vivant dans Son Eglise.

Voici les premières réflexions que m’inspire cette conférence de presse. J’attends de lire en détail le rapport pour y revenir le cas échéant. En attendant, chers amis lecteurs, je vous invite particulièrement en ce jour de deuil à prier selon les paroles des prières de Léon XIII :

« pro conversióne peccatórum, pro libertáte et exaltatióne sanctæ Matris Ecclésiæ » – pour la conversion des pécheurs, et pour la liberté et l’exaltation de notre Sainte Mère l’Eglise » –, sachant que les combats à venir seront rudes et que nous avons besoin du jeûne et de la prière pour être prêts.

Confions-nous en particulier au prince des milices célestes qui a déjà terrassé le Dragon et peut nous aider à en faire autant et à faire triompher sur notre terre l’Eglise du vrai Dieu:

SANCTE Míchael Archángele, defénde nos in prælio ; contra nequítiam et insídias diáboli esto præsídium. Imperet illi Deus, súpplices deprecámur : tuque, Princeps milítiæ cæléstis, Sátanam aliósque spíritus malígnos, qui ad perditiónem animárum pervagántur in mundo, divína virtúte in inférnum detrúde. R. Amen.

Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat ; soyez notre secours contre la malice et les embûches du démon. Que Dieu lui fasse sentir son empire, nous vous en supplions. Et vous, Prince de la milice céleste, repoussez en enfer, par la force divine, Satan et les autres esprits mauvais qui rôdent dans le monde en vue de perdre les âmes. R. Ainsi soit-il.

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