Publié par Magali Marc le 11 octobre 2021

Depuis quelques temps, l’Administration Biden travaille en coulisses afin de persuader Israël de rouvrir le consulat des États-Unis à Jérusalem pour les Palestiniens.

Déjà, le 25 mai dernier, le Secrétaire d’État Antony Blinken avait annoncé à Ramallah que les États-Unis veulent «reconstruire» leur relation avec les Palestiniens. Après avoir reçu de la part de M. Bennett une fin de non recevoir, l’Administration Biden cherche à obtenir par la porte d’en arrière ce qu’elle n’a pas pu avoir en passant par la porte d’en avant. Un service consulaire pour les Palestiniens à Jérusalem reviendrait à obliger les Israéliens à accepter la prétendue «Solution à Deux États» que défendent les Démocrates. Au lieu de roupiller, le 27 août dernier, lors de sa rencontre avec le Premier Ministre israélien, Joe Biden aurait dû l’écouter attentivement.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit l’article de Eugene Kontorovich*, paru dans le journal Israel Hayom, le 7 octobre (obtenu via Honest Reporting en ligne).

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Pourquoi les États-Unis veulent-ils un consulat palestinien à Jérusalem ?

L’ambassade des États-Unis à Jérusalem fournit déjà des services consulaires aux Palestiniens. Pourquoi auraient-ils besoin d’un consulat indépendant dans la même ville ?

L’Administration Biden tente de défaire partiellement l’une des plus grandes réussites diplomatiques d’Israël de ces dernières décennies – la reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur l’ensemble de Jérusalem par les États-Unis, suivis par de nombreux autres pays. La bonne nouvelle est que, contrairement aux autres attaques diplomatiques, le gouvernement israélien a le pouvoir de s’opposer.

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Les États-Unis font pression pour ouvrir un nouveau bureau diplomatique à Jérusalem, qui serait destiné à recevoir l’Autorité palestinienne. L’ambassade des États-Unis à Jérusalem fournit déjà des services consulaires aux Palestiniens. Il n’est pas courant d’avoir un consulat indépendant dans la même ville que l’ambassade d’un pays.

L’intérêt de créer un consulat séparé est de saper la reconnaissance de Jérusalem par l’ex-Président Donald Trump.

Mais en vertu du droit international, les États-Unis auraient besoin de l’autorisation d’Israël pour faire cette démarche.

Les États-Unis ne veulent pas ouvrir un consulat simplement pour avoir un lieu de liaison diplomatique avec l’Autorité Palestinienne (AP). Si c’était tout ce qu’ils voulaient, ils pourraient facilement le faire en ouvrant une mission à Abu Dis ou à Ramallah – où la plupart des autres pays entretiennent leurs relations avec l’AP.

Ou bien, ils pourraient rouvrir la mission palestinienne à Washington, DC, que Donald Trump avait également fermée.
Mais en exigeant qu’Israël accepte qu’il y ait un consulat pour les Palestiniens à Jérusalem, l’Administration Biden montre qu’il ne s’agit pas seulement d’avoir un endroit pratique pour prendre un café avec le président de l’AP, Mahmoud Abbas.

En effet, l’objectif de l’ouverture du consulat est de reconnaître les revendications palestiniennes sur Jérusalem. Si l’AP n’a aucune revendication légitime sur Jérusalem, il n’y a aucune raison d’y avoir un consulat.

Bien sûr, c’est la raison pour laquelle l’ouverture du consulat est la principale demande politique liée à Israël de la Représentante Ilhan Omar, qui est radicalement anti-israélienne.

En fait, l’ex-ambassadeur des États-Unis en Israël, Daniel Shapiro, a clairement indiqué avant les dernières élections américaines que l’ouverture d’un consulat distinct pour les Palestiniens visait à signaler l’appui des États-Unis au projet de faire de Jérusalem Est, une capitale palestinienne.

Il est vrai que les États-Unis ont un consulat à Jérusalem depuis 1844, qui est distinct de l’ambassade. Mais c’est parce que les États-Unis n’avaient pas reconnu Jérusalem comme étant même en Israël (et évidemment ce consulat a été établi sans aucune relation avec les Palestiniens).

Lorsque Donald Trump a reconnu Jérusalem comme capitale et a déplacé l’ambassade, il a dû fermer le consulat parce que son existence séparée était tout simplement incompatible avec cette reconnaissance.

L’ouverture du consulat ramènerait l’époque d’une situation antérieure à la reconnaissance de Jérusalem par les États-Unis.

L’Administration Biden sait qu’elle ne dispose pas de l’appui des Américains dès lors qu’il est question de ne pas reconnaître complètement Jérusalem.

Elle acquiesce donc aux demandes de l’extrême-gauche en annulant les conséquences naturelles de cette reconnaissance.

C’est une affaire importante : depuis la création de l’État d’Israël, aucun gouvernement israélien, quelle que soit sa tendance politique, n’a autorisé l’ouverture d’une mission diplomatique en dehors du pays. Ce serait sans précédent. S’il existe quelques consulats européens à Jérusalem non accrédités auprès d’Israël, leur existence est antérieure à la création de l’État.

Si Israël autorisait l’ouverture d’un tel consulat, il est difficile d’imaginer comment un pays pourrait à l’avenir être diplomatiquement capable d’ouvrir une ambassade à Jérusalem sans ouvrir une mission parallèle auprès de l’AP.

Cela cimenterait alors l’idée que «les deux parties» ont des revendications légitimes sur la ville.

Heureusement, le gouvernement actuel comprend à quel point cette question est fondamentale et a fermement rejeté les propositions américaines.

Le ministre des affaires étrangères, Yair Lapid, a exprimé son opposition avec encore plus de fermeté que le premier ministre de l’époque, Benjamin Netanyahou, lorsque la nouvelle Administration américaine a soulevé la question pour la première fois.

Mais M. Netanyahou n’a jamais eu à résister à l’importante pression que le Département d’État américain continue d’exercer.

M. Lapid a clairement indiqué qu’il comprenait qu’il ne s’agit pas de la simple création d’un bureau diplomatique. Il s’agit du statut de Jérusalem.

Mais l’histoire est loin d’être terminée, car les États-Unis ont récemment augmenté leurs pressions. Le véritable test du gouvernement sera dans l’action – en veillant à ce qu’aucun consulat ne soit ouvert alors que Washington resserre la vis diplomatique.

L’Administration américaine tente d’intimider Israël en décrivant le consulat comme étant une « promesse de campagne » de Joe Biden – bien qu’il soit difficile de trouver une quelconque déclaration publique sur la question pendant sa campagne électorale.Le gouvernement israélien doit lui faire comprendre que la souveraineté exclusive d’Israël sur Jérusalem n’est pas une « promesse de campagne » – c’est un axiome fondamental.

Les Américains indiquent qu’ils pourraient simplement essayer de forcer la main des Israéliens, en déclarant qu’ils vont ouvrir le consulat et en les forçant à accepter.

Les Israéliens doivent préciser dès maintenant qu’ils n’accepteront pas le fait accompli.

Une mission diplomatique a besoin de beaucoup de choses de la part du gouvernement hôte, des visas diplomatiques aux plaques d’immatriculation en passant par la coordination de la sécurité. Si MM. Bennett et Lapid veulent dissuader les États-Unis de tenter ce genre de tactique musclée, ils doivent déclarer dès maintenant que le gouvernement ne reconnaîtra en aucun cas une nouvelle mission diplomatique ouverte sans son consentement.

* Eugene Kontorovich est professeur à la faculté de droit Antonin Scalia de l’Université George Mason, en Virginie. Il est spécialisé en Droit constitutionnel et international.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

Source : Israelhayom

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