Publié par Jean-Patrick Grumberg le 2 novembre 2021

Le 30 octobre, un pilote de Southwest Airlines a dit aux passagers “Let’s go, Brandon” par le système de Public Address de l’avion.

Lorsque le représentant Républicain Bill Posey, de Floride, a terminé un discours prononcé à la Chambre des représentants le 21 octobre par un coup de poing et la phrase “Let’s go Brandon”, cela a pu sembler énigmatique et bizarre pour le public peu averti. Mais la phrase était déjà en train de prendre de l’ampleur bien au-delà des cercles de droite.

Aujourd’hui, cette phrase énigmatique (qui est Brandon ?) est une façon pour l’Amérique de montrer qu’elle a bien compris que son président Joe Biden est un incapable qui ne dirige pas le pays, et au-delà, de se moquer de la façon dont les médias redoublent d’efforts pour le protéger, et s’assurer qu’il soit toujours bien vu, autant qu’ils ont fait en sorte que Trump soit toujours mal vu.

“Fuck Joe Biden !”

Tout a commencé le 2 octobre, lors d’une course de NASCAR au Talladega Superspeedway, en Alabama. Brandon Brown, un pilote de 28 ans, avait remporté sa première victoire et était interviewé par un journaliste de NBC Sports. La foule derrière lui scandait quelque chose en fond. Elle chantait : “Fuck Joe Biden.” Mais le journaliste de NBC, en bon petit soldat Démocrate, a suggéré qu’ils scandaient “Let’s go, Brandon” pour encourager le pilote. Il était clair que c’était de la désinformation. NBC s’excusera quelques semaines plus tard, humiliée, et reconnaîtra implicitement sa tentative d’avoir trompé le public.

C’était trop tard – la phrase avait déjà pris son envol.

  • Le républicain de Caroline du Sud Jeff Duncan a porté un masque facial “Let’s Go Brandon” au Capitole la semaine dernière.
  • Le sénateur du Texas Ted Cruz a posé avec un panneau “Let’s Go Brandon” lors des World Series.
  • L’attaché de presse du sénateur Mitch McConnell a retweeté une photo de la phrase sur un panneau de construction en Virginie.
  • Des panneaux “Let’s Go Brandon” apparaissent désormais un peu partout, sont imprimés sur des t-shirts, et font l’objet de memes, dont cet avion de Southwest Airlines Photoshopé.
  • Lorsque le président a visité un chantier de construction dans la banlieue de Chicago il y a quelques semaines pour promouvoir son mandat de vaccination, les manifestants ont scandé “Let’s Go Brandon”.
  • La semaine dernière, le cortège de M. Biden est passé devant une bannière “Let’s Go Brandon” alors que le président traversait Plainfield, dans le New Jersey.
  • Lundi, un groupe a scandé “Let’s go Brandon” à l’extérieur d’un parc de Virginie, lorsque Biden a fait une apparition au nom du candidat Démocrate au poste de gouverneur, Terry McAuliffe.
  • Puis le Bidenvirus a atteint le grand public : sur un vol de la compagnie Southwest, le pilote a prononcé la phrase sur le système de sonorisation, ce qui a provoqué des rires chez les passagers.

    Southwest s’est excusé, et a déclaré que “le comportement de tout individu qui est source de division ou d’offense n’est pas toléré”.

Jim Innocenzi, un vétéran de la publicité du GOP, a qualifié l’expression d'”hilarante”. Il a raison. Les Démocrates ont toujours eu un problème avec les memes car ils s’appuient sur la réalité, qu’ils nient.

“À moins que vous ne viviez dans une grotte, vous savez ce que cela signifie”, a déclaré Innocenzi. “Même si c’est fait avec un peu de classe. Et si vous vous y opposez et que vous le prenez trop au sérieux, dégagez.”

“Let’s go Brandon”, bien au-delà des Républicains

Des graffitis “Fuck Trump” sont toujours présents à Washington, D.C. Mais DC vote à 90 % Démocrate et ne compte que 6 % de Républicains enregistrés. La grande différence avec Let’s go Brandon” et les sentiments exprimés à l’égard de Donald Trump qui ne dépassaient pas les activistes de gauche, est leur amplification sur les médias sociaux, parmi les jeunes, les Noirs, et même les Démocrates.

La colère a maintenant dépassé les partisans purs et durs de Trump, a déclaré Stanley Renshon, politologue et psychanalyste à la City University de New York.

Il a cité le retrait d’Afghanistan, la situation à la frontière sud, et les règlements de compte contre les parents qui se plaignent dans les conseils scolaires contre l’enseignement de la Théorie critique de la race ou que changer de sexe est très avantageux, comme autant de situations dans lesquelles un nombre croissant d’Américains qui n’étaient pas anti-Biden ont maintenant le sentiment que “la façon dont les institutions américaines disent au public américain ce qu’elles voient et comprennent clairement comme étant vrai, n’est en fait pas vrai.”

De plus, dois-je rappeler qu’une partie des États-Unis était déjà en colère bien avant “Let’s go Brandon”, au sujet des élections de novembre. Dois-je rappeler qu’une majorité de 56 % de la population pense toujours que l’élection présidentielle de 2020 a été truquée, et que ce chiffre est en augmentation ? (1)

“Let’s go Brandon”, c’est aussi contre l’obligation vaccinale de Biden

Southwest Airlines a confirmé dimanche après-midi l’ouverture d’une enquête interne sur les allégations selon lesquelles un pilote a utilisé l’expression “Let’s go Brandon” lors d’une annonce faite aux passagers sur un vol entre Houston et Albuquerque vendredi matin.

Mais la compagnie aérienne fait face à un problème bien plus grave, qui s’est cristallisé dans la remarque du pilote : Southwest est confrontée à une vive réaction sur les médias sociaux pour l’obligation vaccinale qu’elle a imposé à son personnel, qui résiste.

N°1 au hit-parade

“Let’s Go Brandon !” a inspiré une version rap qui s’est placée dimanche en tête du classement hip-hop d’iTunes. Fox News a rapporté que la chanson, interprétée par le rappeur Loza Alexander et intitulée “Let’s Go Brandon”, était d’abord devenue virale sur TikTok avant de rejoindre très vite le classement hip-hop d’iTunes et de se hisser à la première place, devant Adele.

Southwest Airlines, symbole du chaos de l’Amérique de Biden

  • Il y a 17 heures, l’administration Biden a fait marche arrière et a cédé. Elle a donné aux entrepreneurs fédéraux une certaine souplesse dans l’application du stupide mandat de vaccination de Biden.

“Les entrepreneurs fédéraux disposeront d’une grande marge de manœuvre pour faire appliquer le mandat de vaccination contre le virus Covid-19 du président Joe Biden, selon les nouvelles directives publiées lundi par la Maison-Blanche, qui détaillent la mise en œuvre des règles. Biden a cédé.

  • Le 19 octobre, l’association des pilotes de Southwest Airlines avait demandé à un tribunal fédéral d’accorder une injonction temporaire pour empêcher la compagnie de mettre en œuvre la vaccination obligatoire pour ses employés.
  • Le 11 octobre, Southwest a annulé plus de 2 000 vols, et Ted Cruz a déclaré que c’était le “mandat illégal de vaccination de Biden à l’œuvre”.
  • La compagnie aérienne a imputé les annulations à des “conditions météorologiques défavorables” et à des problèmes de contrôle de trafic aérien, mais le PDG de Southwest a estimé devoir justifier sa décision, et a déclaré qu’il n’avait jamais voulu imposer le vaccin Covid, mais que Biden lui avait forcé la main.
  • Puis le syndicat des pilotes de la compagnie (SWAPA) a déclaré avoir eu vent des “difficultés opérationnelles” de Southwest dues à “différents problèmes”, et la FAA a pris ses distances et déclaré qu’elle n’avait aucun problème de pénurie de personnel de contrôle du trafic aérien.
  • Le 19 octobre, Southwest abandonnait son projet de mettre le personnel non vacciné en congé sans solde à partir de décembre.
  • Le 21 octobre, le PDG Gary Kelly déclarait, lors de la conférence téléphonique sur les résultats du troisième trimestre de la compagnie, que “personne ne perdrait son emploi” s’il n’est pas vacciné ou exempté le 9 décembre, soit un jour après la date limite fixée par le gouvernement fédéral.

“Nous n’allons licencier personne”, a déclaré M. Kelly.

“Cela n’a aucun sens que nous ne trouvions pas un moyen de travailler avec nos employés sur ce point. Et c’est ce que nous sommes déterminés à faire – trouver le bon équilibre entre le fait de prendre soin de notre personnel et de maintenir notre statut d’entrepreneur public.”

  • Mais le 27 octobre, un juge fédéral a rejeté la tentative des pilotes de bloquer le mandat de vaccination de Southwest Airlines, affirmant que le transporteur avait le droit d’exiger que ses employés se fassent vacciner – ce qui légalement est juste.
  • Et donc, le 1er novembre, la Maison-Blanche a commencé à réparer cette énorme erreur de Biden, et a déclaré que “les entrepreneurs fédéraux bénéficieront d’une large flexibilité pour appliquer les règles relatives aux vaccins Covid à des millions de travailleurs”, ce qui inclut les entreprises comme Southwest qui est en contrat avec le gouvernement.

Interviewé par Bill O’Reilly la semaine dernière, Donald Trump a répété qu’il était un fervent défenseur du vaccin – il a même précisé avoir présidé et favorisé le développement de “non pas un mais trois vaccins” contre le coronavirus – mais il a précisé qu’il n’aurait jamais imposé le vaccin, et certainement pas aux employés fédéraux, s’il était président.

“Let’s go Brandon !”

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

Devenez “lecteur premium”, pour avoir accès à une navigation sans publicité, et nous soutenir financièrement pour continuer de défendre vos idées !

En tant que lecteur premium, vous pouvez également participer à la discussion et publier des commentaires.

Montant libre






  1. https://www.washingtonexaminer.com/opinion/washington-secrets/biden-2020-win-tainted-56-say-it-was-a-cheaters-paradise

Inscrivez-vous gratuitement pour recevoir chaque jour notre newsletter dans votre boîte de réception

Si vous êtes chez Orange, Wanadoo, Free etc, ils bloquent notre newsletter. Prenez un compte chez Protonmail, qui protège votre anonymat

Dreuz ne spam pas ! Votre adresse email n'est ni vendue, louée ou confiée à quiconque. L'inscription est gratuite et ouverte à tous

En savoir plus sur Dreuz.info

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Continue reading