Publié par Magali Marc le 27 novembre 2021

En mars 2018, Xi Jinping a modifié les règles du Parti Communiste Chinois afin d'en occuper le poste de Secrétaire général à vie. Désormais, il devait être capable d'agir sans opposition. Mais le pouvoir en Chine découle du contrôle du PCC qui tient en main presque tous les éléments importants de la société chinoise. Xi Jinping n'est pas à l'abri des alliances semi-clandestines probables de ceux qui souhaitent le remplacer afin de renforcer leur pouvoir.

Pour les lecteurs de Dreuz, j'ai traduit l'article de Thomas Lifson, paru sur le blogue d'American Thinker, le 26 novembre.

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Signes de résistance de l'élite du pouvoir chinois à la dictature exercée par Xi Jinping

Lorsque Xi Jinping a modifié les règles du Parti Communiste Chinois afin de lui permettre d'en occuper le poste de Secrétaire général à vie, au lieu d'être limité à deux mandats de cinq ans, il était facile de conclure que désormais il avait tout le pouvoir et qu'il allait être capable d'agir sans opposition, sans avoir à se soucier de l'opinion des autres.

Les dictateurs semblent souvent être en mesure d'agir sans aucune contrainte dans l'exercice de leur pouvoir.

Mais le pouvoir en Chine découle du contrôle du PCC et ce parti est une organisation complexe. Sa mission l'oblige à être complexe car il contrôle presque tous les éléments importants de la société chinoise, une nation de 1,4 milliard de personnes réparties sur un vaste territoire. Les intérêts et les attitudes des personnes qui occupent la structure du pouvoir du PCC varient inévitablement.

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Le fractionnement est une caractéristique permanente des grandes organisations en Chine, avec des alliances souvent semi-clandestines qui complotent pour renforcer le pouvoir de leur groupe ou pour influencer les décisions en leur faveur - même (ou surtout) lorsque les appels à l'unité les font apparaître publiquement comme étant d'accord avec et soutenant celui qui est à la tête du parti.

C'est pourquoi les anomalies constatées lors de la récente session plénière du PCC - un événement annuel au cours duquel les dirigeants se réunissent pour discuter de la politique à suivre - peuvent être le signe de difficultés à venir pour la capacité de Xi Jinping à se maintenir au pouvoir.

Un article paru dans The Epoch Times traite en détail de cette session plénière. Ce qui suit est basé sur ce reportage.

La première anomalie est qu'il a fallu attendre cinq jours après la fin de la session, le 16 novembre, pour qu'un résumé soit publié, ce qui indique qu'il y a eu une certaine controverse sur ce qui devait être rendu public. Des indices de controverse et même de conflit peuvent être dissimulés sous le ton calme apparent du résumé.

Un spécialiste du PCC avait ceci à contribuer:

« D'après le résumé du contenu confirmant les réalisations de l'ancien dirigeant du PCC, Deng Xiaoping, j'ai le sentiment que M. Xi a fait des compromis avec ses opposants politiques en acceptant de changer la structure de pouvoir actuelle du PCC », a déclaré M. Tang. « Il a accepté de donner certains pouvoirs aux opposants ». Deng était le successeur de Mao. Il a limité le mandat du dirigeant chinois de toute une vie à deux mandats, soit un total de 10 ans. »
La prise de pouvoir de Xi Jinping a aliéné certains membres de l'élite du parti.

« M. Xi ne manque pas d'ennemis. " Les fonctionnaires, qui sont fidèles à [d'anciens dirigeants du PCC] Jiang Zemin et Hu Jintao, s'opposent fermement à lui et font de leur mieux (sic) pour empêcher son prochain mandat.'' »

Même les médias chinois, habituellement soucieux de s'attirer les faveurs du public, font savoir aux Chinois qu'il existe un conflit entre les dirigeants :

« Les médias d'État chinois ont décrit la plénière de cette année comme un "débat brûlant". M. Feng a déclaré que "'Débat' est le mot délicat que les médias d'État chinois utilisent pour signaler que les fonctionnaires ont eu des discussions difficiles." Selon lui, cela signifie que les factions n'ont pas pu se mettre d'accord sur les problèmes auxquels le PCC est confronté.
Dans le résumé de la plénière, le PCC a annoncé qu'il était confronté à "un environnement de plus en plus compliqué et difficile en dehors de la Chine, et à des tâches extrêmement lourdes et difficiles pour contrôler la pandémie de COVID-19 et développer l'économie et la société en Chine". Le 8 novembre, premier jour de la plénière, le porte-parole du PCC, le Quotidien du Peuple, a publié un éditorial en première page, citant les fonctionnaires corrompus comme l'un des défis du PCC. L'article citait M. Xi qui disait : "Il n'y a pas de "prince à la casquette de fer" en matière de lutte contre la corruption. "Le terme "prince à la casquette de fer" est un terme chinois qui désigne les fonctionnaires qui ont tellement de pouvoir qu'ils ne sont jamais tenus responsables de leurs actes.
»

Il s'agit d'une menace de la part de Xi Jinping d'utiliser des accusations de corruption contre ses ennemis politiques, potentiellement en les emprisonnant ou même en les exécutant. Toute personne occupant une position de pouvoir en Chine est susceptible d'être accusée de corruption, car la corruption fait partie intégrante du système.

Beaucoup de personnes sont devenues très riches en Chine, y compris la plupart des membres de l'élite du parti. M. Xi a indiqué qu'il voulait « ajuster les revenus excessifs » des super-riches, probablement en réaction à l'agitation chronique parmi les membres moins prospères de la société chinoise, et aussi probablement parce qu'il semble demeurer, dans le fond, attaché au communisme.

La disparition pendant trois mois de Jack Ma, l'entrepreneur du groupe Alibaba et le méga-milliardaire le plus en vue de Chine, est un avertissement pour les autres membres de l'élite fortunée : le pouvoir de l'État l'emporte sur leur pouvoir économique.

Du moins pour l'instant.

N'oublions pas que les responsables du parti se sont également enrichis et que beaucoup d'entre eux, si ce n'est la plupart, envoient leurs enfants à l'étranger pour y faire leurs études et dans l'espoir d'obtenir un permis de séjour dans un pays convoité comme le Canada, les États-Unis ou l'Australie.

En effet, les villes chinoises, terriblement polluées et surpeuplées, ne sont pas un endroit où l'on souhaite vivre si on a le choix d'aller ailleurs.

Combien de ces fonctionnaires sont enthousiasmés par la répression de M. Xi contre les plus riches? Ou de son escalade des tensions avec les pays mêmes où ils ont envoyé ou voudraient envoyer leurs enfants afin qu'ils aient une vie meilleure ?

L'Epoch Times résume certains des problèmes auxquels la Chine est confrontée en raison des actions de Xi Jinping :

« Le régime chinois est confronté à un large éventail de difficultés. Il a plusieurs problèmes tels que : le différend commercial entre les États-Unis et la Chine ; les conflits de souveraineté en mer de Chine méridionale avec plus d'une douzaine de pays ; l'unification de Taïwan, pays indépendant de facto ; la transformation de Hong Kong, ville libre, en ville communiste ; la répression des Tibétains, des Ouïghours, des Mongols et des dissidents chinois ; le contrôle des croyances du peuple chinois ; le maintien de son pouvoir dans la société turbulente de la Chine ; la survie de l'économie en récession ; et la restriction de la liberté du peuple chinois."Le régime chinois est de plus en plus isolé au sein de la communauté internationale", a déclaré Yen Chien-Fa, le directeur général adjoint de la Taiwan Foundation for Democracy, au Chinese Epoch Times le 11 novembre. "Il n'y a pas que les États-Unis, le monde entier est contre lui". »

Il n'y a aucun moyen pour un étranger de savoir si M. Xi sera capable de se maintenir au pouvoir, ou si ses opposants rassemblent leurs forces et attendent de l'évincer une fois qu'ils auront obtenu une coalition suffisamment forte pour le faire.

Cela s'est déjà produit en Chine. Après la mort du président Mao, Hua Goufeng a assumé, comme jamais auparavant, trois fonctions simultanément : président du parti, premier ministre et chef de la Commission militaire centrale, tout en purgeant (et en emprisonnant) la «Bande des quatre», des extrémistes de gauche qui avaient gagné en influence sur M. Mao au cours de ses dernières années. Mais M. Hua a été écarté du pouvoir par Deng Xiaoping, qui a ensuite libéralisé la Chine et jeté les bases de son ascension vers la proéminence industrielle et commerciale, créant ainsi une immense richesse. Deng a, quant à lui, perdu une grande partie de son pouvoir à la suite du massacre de la place Tiananmen.

M. Xi a le pouvoir de créer de nouvelles crises pour la Chine. En fait, il s'y emploie déjà. Mais il est loin de savoir comment cela va se terminer pour lui.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

Source : Americanthinker

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