Publié par Gilles William Goldnadel le 30 novembre 2021

Dans une enquête de l’émission de France 2, « Envoyé Spécial », plusieurs femmes accusent Nicolas Hulot de viols et d’agressions sexuelles. L’avocat Gilles-William Goldnadel s’inquiète de voir le tribunal médiatique devancer le judiciaire.

Trois affirmations que j’entends étayer par des faits.

Première affirmation : ce qui se passe idéologiquement aux États-Unis, traverse l’Atlantique à la vitesse du son médiatique. Le racialisme, le féminisme agressif, l’obsession du genre, le wokisme ont débarqué massivement sur les pages et les écrans électroniques français. Peu avant, #MeToo avait préparé #BalanceTonPorc.

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Deuxième affirmation : ce cadre idéologique qui se caractérise moins par la réflexion que par le réflexe pavlovien et le stéréotype entraîne une névrose médiatique que j’ai comparée dans un récent ouvrage à une foule déchaînée.

Troisième affirmation : ces préjugés désormais obsessionnels et permanents ont un effet direct sur le débat judiciaire aux États-Unis, donc en France. Pour le dire plus simplement, le tribunal médiatique et l’idéologie sont en passe de se substituer au débat judiciaire jusqu’à priver ce dernier de ce qui lui restait encore de sérénité.

Je ne sais si les jurés des deux affaires précités ont bien ou mal jugé, mais ils ont jugé, et je suis bien certain que les commentaires idéologiques orientés qui les ont suivis ne sont pas de nature à conférer à la justice américaine la sérénité désirée.

Gilles-William Goldnadel

Les deux récentes affaires Kyle Rittenhouse aux États-Unis, comme Nicolas Hulot ici étaieront mes trois affirmations.

Kyle Rittenhouse est un jeune américain blanc de 18 ans qui vient d’être acquitté par le tribunal du comté de Kenosha. À 17 ans, lors d’une émeute des Antifas, il avait tué deux hommes et en avait blessé un troisième. L’un des hommes l’avait frappé avec une planche de skateboard. L’autre avait brandi sur lui un revolver. Son avocat a plaidé la légitime défense qui a été reconnue. Aussitôt la presse américaine libérale a fait part de sa stupéfaction. Mieux – ou pire – encore, le président Joe Biden a fait part de sa «colère» … tout en recommandant dans le même temps le calme au public.

Quelques jours, plus tard, dans une autre affaire et pour reprendre textuellement le titre du Monde du 24 novembre « Au procès du meurtre d’Ahmaud Arbery, un joggeur noir tué aux États-Unis, trois hommes blancs (ont été) reconnus coupables ». Ils avaient plaidé eux aussi la légitime défense qui n’a pas été admise. Aussitôt, le président Joe Biden a dit que la justice avait été bien rendue et qu’il était content. Les journaux libéraux américains se sont dits satisfaits. En France, Le Monde dans l’article précité s’est plu à citer la satisfaction du révérend Al Sharpton qu’il présente aujourd’hui comme un « grand défenseur des droits civiques ».

Il y a quelques années, dans un article au vitriol, le même journal présentait ce prédicateur noir – qui servit de modèle à Tom Wolfe dans son Bûcher des vanités pour camper le pasteur escroc Bacon – comme un raciste antisémite discrédité.

Je ne sais si les jurés des deux affaires précités ont bien ou mal jugé, mais ils ont jugé, et je suis bien certain que les commentaires idéologiques orientés qui les ont suivis ne sont pas de nature à conférer à la justice américaine la sérénité, donc l’indépendance d’esprit désirée.

En France, Nicolas Hulot est depuis quelques jours plongé dans un maelström médiatique exceptionnel. Peu osent prendre publiquement la défense de l’ancienne icône écologique. Une émission de la télévision publique, «Envoyé Spécial», dans laquelle il est accusé de viols et d’agressions sexuelles a déclenché – en quelques heures – une enquête judiciaire. Une précédente alerte avait vu le gouvernement auquel il appartenait lui manifester son soutien. Aujourd’hui qu’il n’y est plus, le même gouvernement l’abandonne en rase campagne médiatique. Sur France Inter, samedi matin, tout ce que la France compte de femmes écologistes l’a condamné sur-le-champ sans la moindre précaution ni réserve. Les arguments sont assénés sans retenue : #Metoo est passé par là et «il faut croire à la parole des femmes».

Je formule à nouveau la proposition suivante qui seule est de nature à apaiser le débat : interdire de révéler publiquement l’identité d’une personne accusée d’un délit sexuel avant toute mise en examen.

Gilles-William Goldnadel

Il ne faut pas être diplômé d’une grande école pour deviner que Nicolas Hulot ne m’a jamais inspiré qu’une sympathie politique très mesurée. Mais l’homme – comme surtout l’avocat – ne saurait accepter que les jeux soient déjà faits et que le compte de l’animateur d’«Ushuaia» soit déjà réglé avant tout procès. J’ignore si Nicolas est coupable mais j’aimerais obliger moralement comme juridiquement tout le monde à présumer Hulot innocent avant tout jugement.

Je refuse tout préjugé. J’ai défendu des femmes victimes de viols abjects ou harcelées par de petits chefs qui n’avaient pour tout charme que leur petit pouvoir. Mais je ne suis pas le plus mal placé pour affirmer ici qu’il existe des femmes menteuses, mythomanes, maîtresses chanteuses ou vengeresses ou encore avides de publicité. Aucune parole n’est sacrée avant que d’avoir été judiciairement vérifiée.

Pour quitter l’affaire Hulot qui devra donc être examinée, des hommes qui se sont avérés finalement innocents ont été jetés publiquement en pâture dans ce même type d’affaire de mœurs. Ils y auront laissé parfois leur carrière ou leur couple. Si l’homme est notoirement connu, il est alors en position particulière de faiblesse et peut faire l’objet d’un chantage particulier.

Raison pourquoi, je formule à nouveau la proposition suivante qui seule est de nature à apaiser le débat : interdire de révéler publiquement l’identité d’une personne accusée d’un délit sexuel avant toute mise en examen. Celle-ci présuppose en effet la constatation de présomptions de culpabilité. L’accusé est toujours présumé innocent avant toute condamnation définitive mais le droit à l’information du public devient nécessaire. Ainsi sont largement éliminées du bruit et de la fureur les accusations malveillantes ou inconsistantes.

La race, le sexe, le racialisme et le néoféminisme agressif ont privé le débat judiciaire de toute sérénité nécessaire à éviter de terribles injustices. Tous les hommes de loi vous diront que les affaires ne se gagnent pas que dans le prétoire. Le tribunal médiatique ou idéologique est devenu l’antichambre d’une justice humaine chaque jour moins sereine, donc tragiquement inhumaine.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel pour Dreuz.info

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