Publié par H16 le 22 novembre 2021
Kyle au sol, tente de se défendre, et tire

Intéressant développement aux États-Unis où, après un procès dont le verdict a mis du temps à tomber, Kyle Rittenhouse a finalement été acquitté de tous ses chefs d’accusations : alors que la presse n’avait cessé, il y a un an, de présenter le jeune homme comme un fou de la gâchette ayant fait un massacre lors d’une manifestation à Kenosha, les jurés, après plusieurs semaines de procès, ont pourtant conclu qu’il était totalement innocent.

Ce verdict ne surprendra que les personnes qui se sont contentées de lire les explications fournies par les journalistes grand public : l’écrasante majorité des médias américains, canadiens et européens ont en effet largement présenté Kyle Rittenhouse, alors âgé de 17 ans, comme un suprémaciste blanc venu spécialement à Kenosha, petite ville du Wisconsin, pour y dégommer du militant d’extrême-gauche.

En réalité, Kenosha était devenu l’épicentre d’émeutes violentes suite à des tirs d’un policier blanc, Rusten Sheskey, sur Jacob Blake, un Afro-américain de 29 ans, lors de son arrestation pour violence domestique, ce qui s’inscrivait fort mal dans un contexte américain tendu par les manifestations violentes en soutient à George Flyod. Dans la nuit du 25 août 2020, 200 émeutiers se réunissent dans le centre-ville, où des échauffourées éclatent avec la police, rapidement débordée. Parallèlement, un nombre significatif de civils armés sont également dans les rues, tentant de protéger les propriétés privées des exactions en cours.

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C’est dans ce contexte que Rittenhouse se retrouve poursuivi par plusieurs émeutiers qui, à plusieurs reprises, jettent différents objets sur lui. Au sol, l’adolescent se retrouve alors menacé et fait feu à plusieurs reprises, tuant deux de ses agresseurs et blessant un troisième qui venait de dégainer un pistolet. L’ensemble de la scène sera d’ailleurs filmé par plusieurs sources vidéos qui accréditeront assez facilement les explications des témoins et du tireur, solidifiant la thèse de la légitime défense.

Le cas était cependant trop beau pour être ainsi présenté par une presse devenue purement propagandiste : non seulement l’adolescent a été dépeint comme un suprémaciste blanc – ce qu’en réalité, rien ne permettait d’affirmer à moins d’ellipses si larges qu’elles vaudront probablement des procès en diffamation à ceux qui les ont tenues – mais en plus les titres et les articles, systématiquement à charge, ont tout fait pour le présenter comme un tueur en série venu se défouler à Kenosha en oubliant complètement les agressions pourtant évidentes des émeutiers à son égard, ainsi que leur pédigrée particulièrement salé : on découvrira en effet assez rapidement – mais surtout pas dans les journaux bien comme il faut – que les trois victimes de Rittenhouse sont un violeur d’enfants (condamné plusieurs fois, qui venait de purger 14 ans de prison), un adepte du tabassage de compagne (condamné plusieurs fois) et un cambrioleur (condamné plusieurs fois).

Harpant sur une justice de Blancs privilégiés qui donnerait un peu trop facilement l’absolution au jeune Rittenhouse, la même presse oubliera aussi commodément de comparer avec le cas d’Andrew Coffee, Afro-américain jugé lui aussi non coupable d’avoir tué un officier de police lors d’une descente violente de police chez lui.

Il ne faut donc pas s’étonner ensuite de la surprise qui peut toucher certains lorsque le verdict tombe, innocentant intégralement Rittenhouse des charges retenues contre lui, tout comme on ne pourra s’étonner du traitement ahurissant de certains plumitifs devant une sentence qu’ils ne comprennent pas.

En pratique, le cas Kyle Rittenhouse démontre à quel point la défense légitime est un droit inaliénable qu’il faut défendre à tout prix, et qu’il n’est jamais attaqué avec autant de virulence que lorsque les agents du chaos se retrouvent finalement confrontés à son application : un État bâti sans ce droit finit inévitablement en une dictature sordide, dans laquelle le citoyen, dépouillé à la fois de ses armes et du droit de s’en servir contre l’oppression, n’est plus qu’un contribuable et le simple sujet d’expérimentations sociales (voire médicales comme on le voit actuellement), et où le consentement librement éclairé (qu’il soit à l’impôt, à l’ordre imposé ou à l’un ou l’autre traitement sanitaire) se traduit par l’usage des véhicules blindés (légers pour le moment) par le pouvoir en place.

Enfin, signalons les intéressantes conséquences juridiques du verdict : la thèse de la légitime défense ayant été retenue, les agresseurs survivants de Rittenhouse peuvent fort bien être à présent poursuivis, ce qui permettra de mettre un peu en lumière leurs motivations ainsi que leurs passifs généralement gratiné.

D’autre part, un nombre maintenant conséquent de célébrités, de personnalités en vues et de politiciens, au premier rang desquels Joe Biden, ont clairement fait preuve de légèreté en prenant clairement parti contre le jeune homme et en le présentant comme un suprémaciste Blanc, ce qu’il n’est pas et ce qui peut légitimement constituer, du point de vue de Rittenhouse, une diffamation qui pourra valoir un traitement judiciaire.

Il en va de même des médias comme CNN, NBC ou le Washington Post qui n’ont pas hésité à déployer de nombreux épithètes à son encontre : Rittenhouse pourrait choisir, à bon droit, de se retourner contre celles-ci et probablement obtenir gain de cause comme ce fut le cas pour Nicolas Sandmann, évoqué dans un précédent billet qui montrait, là encore, l’incroyable biais éhonté des médias…

Pour rappel, les litiges qui suivirent contre ces médias permirent à Nicolas Sandmann de trouver un accord financier dont le montant n’est pas connu mais qui ont clairement laissé une trace dans leurs finances. Il serait bon que cette nouvelle affaire soit, là encore, l’occasion de leur rappeler, financièrement s’il le faut, que leur métier est celui d’informer, pas de déformer.

Quant au cas Rittenhouse, il illustre fort bien qu’il n’y a pas d’autre moyen, pour défendre sa propriété puis sa vie, que l’usage raisonné de la violence : non seulement l’État ne peut pas tout, tout le temps, mais lui remettre ce droit comme seul privilège revient, in fine, à perdre tous les autres.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © H16. Publié avec l’aimable autorisation de l’auteur (son site)

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