Publié par Gertrude Lamy le 14 décembre 2021

Source : Hommenouveau

Une fois de plus, une fois encore, la France va-t-elle s’enfoncer dans l’ignoble et renier sa vocation profonde ? À l’approche de Noël, on voudrait n’avoir qu’à méditer le mystère de l’Incarnation et la joie qui en découle. Mais comment se taire ? Oui, comment se taire quand la représentation nationale, qui se donne tous les droits, discute l’allongement du délai d’avortement de douze à quatorze semaines ?

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Bien sûr, dès les premiers instants, l’avortement constitue un infanticide. De ce point de vue là, cet allongement ne change rien. Pourtant celui-ci va accroître le nombre des victimes innocentes, d’autant que l’ossification du fœtus rend l’opération plus insoutenable encore. Mais peu importe : il reste l’ennemi à abattre. Au scandale du crime, le possible allongement du délai ajoute la barbarie. « À Rama, s’écrie le prophète Jérémie, on entend une plainte, une amère lamentation : c’est Rachel qui pleure ses fils. » Grand mystère : nous revivons la tragédie des saints Innocents avant même que luise Noël.

Joyeux Noël ou bonnes fêtes ?

Noël ? Parlons-en ! Allez-vous encore employer ce mot ? Dans un monde normal, c’est-à-dire qui ne serait pas soumis à la pression permanente de l’idéologie, la question semblerait incongrue. Malheureusement, elle ne l’est pas. Sous le titre Inclusive Communication Manuel (manuel de la communication inclusive), la Commission européenne a publié (uniquement en anglais) un document constituant une sorte de dictionnaire des mots tabous et des expressions à remplacer, destiné aux étudiants du programme international Erasmus.

Ce glossaire, d’un nouveau genre, préconise notamment de remplacer « joyeux Noël » (Merry Christmas) par « bonnes fêtes » (Happy Holidays). L’information a été révélée par le quotidien italien Il Giornale, le 28 novembre dernier, et le cardinal Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, s’en est ému, au point de publier une vidéo affirmant que ce document s’inscrivait dans le cadre de « l’annulation des racines chrétiennes » de l’Europe. Plus récemment encore, sur la chaîne d’information LCI, Abnousse Shalmani, iranienne d’origine, a vigoureusement mis en cause Helena Dalli, la commissaire européenne à l’Égalité à l’origine de ces consignes, pour sa complicité avec les Frères musulmans… Comme il se doit, la Commission européenne a fait machine arrière, en affirmant que cet étrange dictionnaire n’avait nul caractère obligatoire avant d’annoncer son retrait afin d’en préparer une nouvelle version.

À vrai dire, une telle information n’a pas de quoi surprendre les Français. Depuis plusieurs décennies, les « vacances de Pâques », par exemple, ont pris le chemin de l’école buissonnière. Sous des prétextes divers, le laïcisme d’État n’a jamais cessé de vouloir effacer de notre vie sociale les traces du christianisme. Puisant aux mêmes sources idéologiques, la Commission européenne continue simplement sur cette voie.

Le grand bienfait de l’Incarnation

Paradoxalement, Noël résiste, peut-être parce qu’il habite encore l’imaginaire des enfants et qu’il est devenu aussi une fête commerciale. Ce n’est certainement pas une raison pour abandonner ce terme si important puisqu’il est celui qui résume le mystère de l’Incarnation. Comme l’écrivait le Père Faber dans le livre que les Éditions de L’Homme Nouveau viennent de rééditer : « la présence du Verbe éternel fait homme résidant au sein de sa propre Création, y prenant une part et une place, c’était le plus grand bienfait que Dieu pût conférer au monde » (1). Nous ne sommes donc pas disposés à oublier ou à renoncer à ce bienfait, sens même de notre vie et de nos existences. Nous sommes plutôt portés à crier, comme nos ancêtres exprimant la joie et la victoire : « Noël, Noël, Noël ! »

75 ans au service de l’Église et des lecteurs

Le 8 décembre dernier, L’Homme Nouveau a célébré ses 75 ans d’existence. Toutes ces années furent constamment orientées au service de l’Église et de nos patries charnelles, dans le grand dessein d’unité autour du Christ Roi, cet humble Enfant de la Crèche devant lequel tous les pouvoirs temporels, à l’image des Mages, doivent baisser la tête en signe d’adoration du vrai Dieu. Les générations passent, les combats évoluent, mais l’Enfant de Bethléem reste celui que nous entendons servir, à temps et contretemps. Bon anniversaire donc à tous nos lecteurs. Et, surtout, saint et joyeux Noël.

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