Publié par Manuel Gomez le 3 décembre 2021

Il est souvent nécessaire de rafraîchir les mémoires et de remettre les pendules à l’heure.

Après l’inauguration, en 2002, d’un monument au quai Branly pour rendre hommage aux «Morts pour la France» au cours de la «Guerre d’Algérie», la date du 5 décembre a été choisie par le chef de l’Etat, en 2003, pour commémorer chaque année une journée nationale d’hommage. 

Toutes les associations d’anciens combattants ont accepté cette décision, à l’exception d’une seule fédération, dont je tairais le nom, et qui devrait avoir honte de sa décision.

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  • Lorsque l’État Français a reconnu comme «Morts pour la France» tous les militaires tués après le 19 mars 1962 et jusqu’au retrait définitif de l’armée française, le 1er juillet 1964,
  • Lorsque le président François Hollande a reconnu, le 25 septembre 2016, le massacre des «Harkis», après le 19 mars 1962,

Il a été admis implicitement que cette date du 19 mars 1962 n’était nullement la fin d’une guerre, mais uniquement un «cessez le feu» unilatéral de l’armée française.

Il est utile de rappeler quelques chiffres.

Avant le 19 mars 1962 il y eut :

  • 12.954 soldats tués au combat, plus 3200 supplétifs,
  • 1071 disparus (538 appelés et 462 militaires de l’actif)
  • 1247 soldats tués au Maroc (au 03 mars 1956),
  • 665 soldats tués en Tunisie (au 20 mai 1956)

Après le 19 mars 1962 :

  • Environ 75.000 supplétifs massacrés (Harkis, Moghaznis, etc.), engagés aux côtés de l’armée française.
  • 751 soldats, dont 693 morts pour la France (162 : 122 tués et 36 disparus – 1963 : 48 tués de l’actif et 74 appelés – 1964 : 31 engagés et 15 appelés)
  • Les pertes civiles s’élèvent officiellement à 3093 Français et Européens de souche.
  • 969 ont été retrouvés vivants, 306 ont été assassinés et 1818 disparus à tout jamais.

Et tout cela sous la présence d’une armée française totalement désengagée et aux ordres d’un chef d’État et d’un gouvernement qui auraient dû comparaître devant un tribunal pour crimes contre l’humanité (Voir mon livre «J’accuse De Gaulle*».

Alors qu’un «cessez le feu» implique l’interruption des combats entre deux belligérants et nécessite la reprise des combats si l’un des deux ne le respecte pas. Ce qui fut le cas !

Total des pertes, environ 100.000 morts, dont plus de 75.000 après le 19 mars 1962 (Accords d’Évian), et après une soi-disant «Fin de guerre».

Le 5 décembre 2021, il est un devoir pour tous les Français de rendre un hommage solennel à tous ces «Morts pour la France», qu’ils soient militaires ou civils, au pied de l’Arc de Triomphe sur cette place qu’en cette occasion il faut oublier qu’elle a été baptisée «général de Gaulle».

Comme les années précédentes, nous avons pu le constater, sur ordre des autorités, cette manifestation patriotique a été ignorée par la majorité des médias nationaux et la télévision.

Parmi ces mille drapeaux, regroupés par la très grande majorité des associations patriotiques, on ne pouvait que regretter l’absence des drapeaux de cette Fédération d’Anciens Combattants qui, sous prétexte d’une idéologie partisane, refuse obstinément de rendre hommage à ces milliers de soldats et de civils tombés sur le champ de bataille, après le 19 mars 1962, comme s’il y avait des morts de droite et des morts de gauche ! Ne sont-ils pas tous morts de France !

Un drapeau, c’est l’emblème qui représente la Patrie et sous lequel on tombe pour la défendre, pour le défendre.

Pour ceux qui en doutent, voici l’exemple du drapeau des anciens combattants de Mostaganem (Algérie) qui honore les campagnes d’Italie, de libération de la France métropolitaine et de l’Indochine.

  • Tcham Kouider portait ce drapeau aux cérémonies patriotiques et aux obsèques de ses camarades, qui tombaient dans cette guerre qui n’avait, alors, ni nom ni loi.
  • Pour tout l’or du monde, il n’aurait pas renoncé à cette charge glorieuse et cela malgré les menaces de mort.
  • Kouider fut abattu par un terroriste FLN le 14 février 1957.
  • Lors de ses funérailles, c’est son compagnon, Caid Mechta, qui portait ce même drapeau. Il sera assassiné le 21 juin 1957.
  • À son tour, Benserade Yahia inclina ce drapeau sur la tombe de Caïd Mechta. Il refusa de le céder à un autre lors des cérémonies du 14 juillet et fut exécuté le 8 août 1957.
  • Hennouni Besseghit devint le quatrième porte-drapeau de cette même année. Il sera assassiné le 5 octobre 1957.
  • Lui succéda Hadj Gachegache, exécuté à son tour le 27 août 1958.
  • Puis Bey Bagdad, tué le 14 juillet 1959, à l’issue des cérémonies.
  • Ensuite Addad Ali, assassiné le 11 septembre 1959,
  • et le suivant, Rahmouni Lakdar, exécuté le 7 novembre 1960.
  • Le dernier porte-drapeau, de l’époque française, sera Belarbi Larbi. Il reçut une balle dans la tête le 16 janvier 1961. Miraculeusement resté en vie, il sera rapatrié vers la métropole, en emportant son drapeau, puisque la terre où il était né n’était plus française.

Belarbi Larbi est mort à Mantes-la-Jolie en mai 1996.

Il était le dixième porte-drapeau à avoir donné sa vie pour l’honneur de le dresser.

Ce drapeau sera présent ce 5 décembre 2021, sous l’Arc de Triomphe, pour leur rendre un vibrant hommage.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Manuel Gomez pour Dreuz.info.

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