Publié par Guy Millière le 15 janvier 2022

Au temps où François Mitterrand était Président, je me disais à moi-même que l’élection d’un tel personnage à la présidence de la république était une erreur de l’histoire, et montrait que les Français étaient prêts à placer n’importe qui à la tête de leur pays. Mitterrand ! Un ancien pétainiste décoré de la francisque ! Un ami de René Bousquet ! Quand j’ai vu les décisions destructrices prises par François Mitterrand, je me suis dit qu’il ne pourrait pas être réélu.

J’ai travaillé à offrir une alternative, et j’ai contribué à ce qui s’est appelé les Etats Généraux de l’opposition. J’y ai côtoyé des hommes de valeur et des hommes ambitieux. Parmi les hommes de valeur, deux m’ont particulièrement marqué, Philippe de Villiers et Alain Madelin, qui est devenu un ami, et quelqu’un avec qui j’ai continué à travailler, pendant vingt ans. Parmi les hommes ambitieux, il y avait Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac. Le premier avait des traits autoritaires, le second était visiblement un démagogue. L’un et l’autre me semblaient ne pas avoir beaucoup d’idées et guère de convictions.

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François Mitterrand a été réélu, sans programme, en mentant de manière éhontée, et en pratiquant un cynisme répugnant. Il était de notoriété publique qu’il avait une deuxième famille entretenue aux frais des contribuables, mais aucun journaliste n’en parlait. Jean-Edern Hallier, que je connaissais bien, et qui était un peu fou, a voulu en parler. Il en est mort.

Jacques Chirac, le démagogue sans idées, a succédé à Mitterrand et a pratiqué une passivité sans principes qui a aggravé les dégâts laissés par son prédécesseur. Il s’est révélé très corrompu. Il a été réélu face à Jean-Marie Le Pen, et a fêté sa victoire devant une forêt de drapeaux de pays musulmans, place de la République.

 Je me suis dit que la présidence Mitterrand, qui a duré douze ans, n’avait pas été une erreur de l’histoire, mais le signe d’une déchéance et que oui, les Français étaient vraiment prêts à placer n’importe qui à la tête de la France.

Jacques Chirac avait vendu à Saddam Hussein un réacteur nucléaire, fort heureusement vite détruit par Israël, et des avions de chasse qui ont servi à gazer des villages kurdes, et Chirac a voulu sauver son ami Saddam en 2003. Et les Français continuent à penser que ce fut un geste glorieux ! Il a mis fin aux émeutes de l’automne 2005 en demandant aux imams de ramener le calme, et en entérinant l’existence de banlieues islamiques.

La France pouvait-elle tomber plus bas encore ? A l’évidence, oui.

Nicolas Sarkozy, l’homme qui avait des traits autoritaires et pas beaucoup d’idées est parvenu à se faire élire en faisant semblant d’être un conservateur. Il a gesticulé, suivi le grand géo politologue Bernard-Henri Levy et agi pour livrer la Libye aux islamistes. Il n’a rien fait, comme je le prévoyais. Il était trop nerveux pour les Français, et ils l’ont remplacé par un homme dont il était évident qu’il ne ferait rien, et mènerait la politique du chien crevé glissant au fil de l’eau, François Hollande.

Mitterrand avait deux familles. Hollande faisait du scooter rue du Cirque, et il n’y a rien d’autre à retenir de lui. C’était un personnage de vaudeville, et l’amant dans le placard, c’était lui.

La France pouvait-elle tomber plus bas encore ? Oui, bien sûr !

Emmanuel Macron est arrivé. Il a montré qu’il méprisait les pauvres et n’aimait pas la France. Il a même accusé la France de crime contre l’humanité en parlant au côté de dirigeants du FLN algérien, un mouvement terroriste au passé chargé de crimes contre l’humanité et contre les Français.  Il vit avec une ancienne enseignante coupable de détournement de mineur : et le mineur, c’était lui.

Il a provoqué par son arrogance la révolte des gilets jaunes, et l’a matée par la brutalité et les mutilations, d’une manière absolument répugnante et indigne d’une démocratie. Il a pratiqué une politique autoritaire, ravageuse et meurtrière pendant la pandémie, et il continue ! Il n’a rien fait, comme Hollande, et comme Sarkozy. Il a montré que le diagnostic posé à distance par le psychiatre italien Adriano Segatori en 2017 était pertinent.

Si l’on regarde quarante ans de vie politique française, il est, hélas, n’en déplaise à ceux qui me critiquent lorsque je le dis, très imaginable qu’il puisse être réélu.

Si Valérie Pécresse devait le remplacer, elle serait un Chirac au féminin, ou un Macron bis. Si Marine Le Pen est au second tour, elle perdra. Une fois de plus. Porter le nom Le Pen, entaché d’antisémitisme, est incompatible avec la possibilité d’être élu.

Ni Philippe de Villiers ni Alain Madelin n’ont accédé à de très hautes fonctions (Philippe de Villiers a été Secrétaire d’Etat à la culture, Alain Madelin a obtenu quelques ministères mineurs, et a été Ministre de l’économie pendant trois mois, avant de démissionner tant il ne pouvait rien décider) pendant seize mois et ils ont quitté la politique (je conserve à leur égard une vive estime, et Alain Madelin est toujours un ami).

Les idées énoncées lors des Etats Généraux de l’opposition en 1984-85 sont restées lettre morte. Elles ont été et restent inutiles et inutilisées. Tout comme celles énoncées dans la revue Liberalia, que j’ai dirigée (ce fut la seule véritable revue d’idées libérale en France, et j’y ai publié entre autres Ronald Reagan, Richard Pipes, Alexandre Soljenitsyne, Binyamin Netanyahou, Vladimir Boukovsky, Natan Sharansky, Mario Vargas Llosa!), et celles énoncées dans le Programme pour un Président élaboré sous la direction de mon ami Jacques Garello, avec qui j’ai longtemps travaillé, ou celles élaborées par l’Institut Turgot quand j’en étais le président.

Éric Zemmour a du courage et des convictions. Il est intellectuellement mille coudées au-dessus de tous ses adversaires et, à la différence de Macron, il est réellement cultivé. Je le soutiens, malgré mes désaccords avec lui (j’ai exposé ceux-ci, je n’y reviens pas). Je serai heureux, mais surpris (agréablement) s’il est élu. Je crains qu’il ne soit pas même au deuxième tour de l’élection présidentielle.

Je crains qu’une majorité de Français préfèrent que la déchéance se poursuive, et se résignent à un crépuscule médiocre et misérable.

Je crains que la France tombe bien plus bas encore.

J’espère me tromper, cela va de soi. Je sais que de nombreux Français veulent que la France soit sauvée, et je le voudrais moi aussi.

 Mais je crains de ne pas me tromper, non, hélas. Je l’écris avec tristesse et colère.  Je connais la politique française de l’intérieur.

On saura ce qu’il en est dans moins de trois mois.

© Guy Millière pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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