Publié par Guy Millière le 26 février 2022

J’avais dit que Vladimir Poutine n’envahirait sans doute pas l’Ukraine, et Vladimir Poutine n’a pas envahi l’Ukraine. Il a lancé une attaque massive contre l’Ukraine, ce qui est différent.

Et je pense que ce n’était pas nécessairement son but initial, qui était d’exercer une pression intense aux fins d’obtenir des concessions. Les déclarations incendiaires récentes de Volodymyr Zelensky, et, en particulier, ses propos disant que l’Ukraine entendait se doter d’armes atomiques (ce n’étaient vraiment pas des propos à tenir dans les circonstances présentes, face à un ennemi bien plus puissant que l’Ukraine) se sont ajoutés à l’attitude inepte de l’administration Biden, qui s’est montrée intransigeante tout en disant qu’elle n’agirait pas si la Russie attaquait, et le tout a mis le feu aux poudres.  

Vladimir Poutine use de bombardements ciblés pour détruire les bases, les sites de missiles et les stocks d’armement de l’armée ukrainienne. Il veut apparemment renverser le gouvernement ukrainien (et se rendre pour cela à Kiev), et il veut faire des deux républiques autoproclamées, Donetsk et Louhansk, créées avec l’appui de l’armée russe en 2014, et qu’il veut élargir au Donbass entier, une zone sous tutelle russe.

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Il ne veut pas, je pense, procéder à une invasion proprement dite : ce serait, pour la Russie, coûteux financièrement et en vies humaines. Vladimir Poutine est à la tête d’un pays qui a une armée puissante, mais qui a aussi des moyens financiers limités, quand bien même, grâce à l’administration Biden qui a fait monter considérablement le prix du gaz et du pétrole par ses décisions, beaucoup d’argent rentre dans ses caisses. Vladimir Poutine ne veut pas non plus envoyer des milliers de soldats russes vers la mort.  

Les opérations russes prendront fin, sans doute, assez rapidement, et ressembleront à celles menées en Georgie en 2008, en plus poussé (en 2008, Poutine n’a pas voulu renverser le Président géorgien Mikheïl Saakachvili, et l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie ont été détachées de la Georgie et sont devenus protectorats russes). Il n’y aura, vraisemblablement, que peu de soldats russes hors du Donbass sur le reste du territoire ukrainien, sauf pour prendre Kiev. Poutine procède de manière brutale, cynique, mais pas du tout insensée.

Il voudra sans doute aller plus loin dans une étape ultérieure : mettre l’Ukraine sous “souveraineté limitée”, voire faire davantage encore. Il a dit qu’à ses yeux, l’Ukraine ne devait pas exister et devait faire partie intégrante de la Russie, et il a nié ainsi ce qui sépare l’Ukraine Russophone à l’Est de l’Ukraine qui parle ukrainien à l’Ouest, qui a une culture différente et se sent européenne et occidentale bien davantage que russe. Il veut un retour à une grande Russie qui inclurait au moins une large part de l’Ukraine actuelle, et le Belarus. Il n’admet pas que le gouvernement de Kiev veuille imposer aux russophones de parler ukrainien et de cesser de parler russe, ce qui le conduit à parler de génocide, ce qui est très excessif.

C’est un stratège machiavélien et un joueur d’échecs. Il place ses pièces sur l’échiquier, et il avance par étapes, quand il perçoit qu’il peut avancer. Il a perçu qu’il pouvait avancer en février 2022, il l’a fait.

Un journaliste américain a demandé à la télévision à Antony Blinken pourquoi Poutine n’a pas agi pendant la présidence Trump, et Blinken a répondu, ne sachant quoi dire, que le journaliste devait poser la question à Trump lui -même.

Trump a publié par un communiqué très clair, disant que sous sa présidence ce qui se passe ne se serait jamais passé, et c’est absolument exact.

En stratège machiavélien, Poutine raisonne en rapports de force et anticipe les réactions de ses ennemis. Trump était un Président fort, et Poutine le respectait. Biden est un Président faible et sénile, et Poutine savait que les réactions des Etats-Unis (et de l’Europe) seraient indigentes, et il en a tiré ses conclusions.

Et ce doit être dit : la responsabilité essentielle de ce qui se passe vient du fait que Joe Biden a été installé à la Maison Blanche, et que s’est ajouté à sa faiblesse et à sa sénilité le fait qu’il est entouré de crétins d’extrême gauche.

Tout analyste un tant soit peu lucide savait que l’installation de Joe Biden à la Maison Blanche, et l’arrivée avec lui d’une cohorte de crétins d’extrême gauche, allaient conduire à un désastre Biden, d’une intensité plus forte que le désastre Obama, et c’est ce qui est en train de se passer, mais les analystes les plus pessimistes (j’en faisais partie) n’imaginaient pas que le désastre Biden serait aussi ample et aussi grave.

Les ravages infligés aux Etats-Unis par l’administration Biden étaient prévisibles : Biden et les crétins d’extrême gauche détestent leur pays, et veulent qu’il devienne un champ de ruines aux fins de reconstruire autre chose qui ressemblerait au Venezuela. Les ravages ont lieu en ce moment.

Biden et les crétins d’extrême gauche sont très liés à de très grandes entreprises américaines transnationales elles-mêmes liées à la Chine, et il était prévisible qu’ils avantagent les très grandes entreprises américaines transnationales et la Chine. C’est ce qu’ils font. C’est logique : ils sont tout à la fois achetés par les très grandes entreprises en question, et par la Chine et ils acceptent la perspective d’une hégémonie planétaire de la Chine.

Biden et les crétins d’extrême gauche veulent un Proche-Orient dominé par l’Iran des mollahs, et ils agissent en faveur de cette domination (un accord de capitulation va bientôt être signé par l’administration Biden avec l’Iran des mollahs). C’est logique encore. Leurs écrits, depuis des années, montrent qu’ils voient en une hégémonie iranienne sur le Proche-Orient (imbriquée dans la perspective d’une hégémonie planétaire de la Chine) un facteur de stabilité régionale, et le fait que l’Iran des mollahs représente un danger majeur pour la survie d’Israël et pour les monarchies arabes sunnites ne leur pose aucun problème.

On pouvait imaginer, au vu des discours antirusses qu’ils ont tenu pendant toute la présidence Trump (aux fins d’alimenter la vile opération de propagande destinée à faire croire que Trump pratiquait la “collusion avec la Russie”) les inciterait à rester sur des positions antirusses. Il est devenu assez vite évident que ce ne serait pas le cas, et c’est, tout bien pesé, assez logique encore : une alliance Pékin-Téhéran-Moscou prenait forme sous Obama. Elle a été freinée sous Trump. Elle prend désormais nettement consistance. Mais ce qu’ils ont fait a été d’une profonde perversité (et je ne peux imaginer que seul le crétinisme peut être mis en accusation).

De multiples décisions ont été prises par Biden et les crétins d’extrême gauche pour tout à la fois provoquer la Russie, et pour lui accorder d’immenses avantages.

La provocation a consisté en des insultes vis-à-vis de Poutine (Biden l’a décrit comme un “tueur”, ce qui est peut-être exact, mais est aussi une provocation peu diplomatique quand on s’adresse à un ennemi dangereux). Elle a consisté aussi à pousser l’Ukraine à proférer des propos délétères.

Trump avait demandé à l’Ukraine de ne plus souligner sa volonté d’intégrer l’OTAN, de ne plus insister sur sa volonté de réintégrer pleinement à l’Ukraine les deux républiques autoproclamées susdites, de respecter les accords de Minsk de 2015, qui prévoyaient une autonomie interne à l’Ukraine pour les deux républiques autoproclamées (ce qui les aurait maintenues dans l’Ukraine tout en respectant leurs différences), et de mettre en suspens la revendication d’un retour de la Crimée à l’Ukraine. Trump avait dit à Volodymyr Zelensky qu’il valait mieux qu’il n’agite pas un chiffon rouge devant Poutine, qu’il n’envoie pas l’armée ukrainienne harceler les deux républiques autoproclamées, et l’avait averti que si les provocations ukrainiennes montaient en intensité, les Etats-Unis ne pourraient intervenir militairement pour défendre l’Ukraine. Il tenait en parallèle à Poutine un discours montrant du respect pour la Russie, mais posant à l’action de Poutine des limites strictes. Poutine a respecté les limites. Trump avait dit à Zelensky qu’il réglerait la situation au mieux des intérêts de l’Ukraine, par rapport de force et voie diplomatique. Il a agi en homme d’Etat.

L’administration Biden a fait le contraire et, tout en insultant Poutine, a laissé Volodymyr Zelensky dire qu’il voulait que l’Ukraine intègre l’OTAN au plus tôt, affirmer que les deux républiques autoproclamées reviendraient pleinement à l’Ukraine, fut-ce par des moyens militaires, ignorer les accords de Minsk, et revendiquer un retour immédiat de la Crimée à l’Ukraine. Agiter un chiffon rouge devant un ennemi puissant et sans scrupule en imaginant avoir l’appui militaire de Biden et des crétins d’extrême gauche était insensé : hélas, Zelensky l’a fait. L’administration Biden a dit obstinément que la porte de l’OTAN restait ouverte pour l’Ukraine et que si la Russie attaquait, l’armée ukrainienne serait seule. Si Biden et les crétins d’extrême gauche avaient voulu la destruction de l’Ukraine, ils ne s’y seraient pas pris autrement. Et en semant la panique ces dernières semaines tout en soulignant que pas un seul soldat américain ne défendrait l’Ukraine, ils ont tout à la fois dit à Poutine qu’une intervention militaire en Ukraine serait sans risque pour la Russie, et ruiné l’Ukraine (qui a perdu 16 milliards de dollars au cours des trois semaines qui ont précédé l’action militaire russe).

Les avantages accordés à la Russie ont été les décisions qui ont fait passer les Etats-Unis en quelques semaines de pays autosuffisant énergétiquement, et exportateur de gaz et de pétrole, au statut de pays dépendant énergétiquement de pays ennemis. Avoir fermé le Keystone pipeline, avoir interdit l’exploitation gazière et pétrolière sur les terres fédérales américaines, a placé les Etats-Unis en position de vulnérabilité, et l’un des fournisseurs des Etats-Unis est désormais la Russie. Ces décisions ont, en outre, fait monter considérablement les prix du gaz et du pétrole et fait rentrer beaucoup d’argent dans les caisses de la Russie, tout en coûtant très cher aux Etats-Unis, et à l’Europe. Autre avantage accordé à la Russie : la levée par Biden et les crétins d’extrême gauche des sanctions posées contre le gazoduc Nord Stream 2 par Donald Trump, décision qui a permis à la Russie d’accroitre son emprise sur l’Allemagne et l’Europe occidentale, de gagner beaucoup plus d’argent encore, et d’espérer en gagner davantage, et décision très nuisible pour l’Ukraine puisque la mise en service de Nord Stream 2 signifiait l’obsolescence de Nord Stream 1 qui passe par le territoire ukrainien, et qui permet à l’Ukraine de toucher un droit de passage rémunérateur.

Poutine n’en espérait pas tant. Il a pris les cadeaux que Biden et les crétins gauchistes lui faisaient. Il a reçu avec satisfaction la vulnérabilité que les Etats-Unis s’infligeaient à eux-mêmes, et l’emprise accrue de la Russie sur l’Allemagne et l’Europe occidentale.

Il a testé la réactivité des Etats-Unis par des cyberattaques au cours de l’année 2021, et a vu que Biden et les crétins d’extrême gauche ne réagissaient pas. Il a massé des troupes autour de l’Ukraine pour faire pression. Il a constaté que les Etats-Unis se montraient inflexibles, laissaient Volodymyr Zelinsky tenir des propos dangereux pour lui et pour l’Ukraine, tout en disant qu’ils n’interviendraient pas pour défendre l’Ukraine. Il a vu que les pays européens membres de l’OTAN faisaient des déclarations de principes semblables aux déclarations américaines, tout en n’ayant ni forces armées crédibles ni volonté de se battre. Il s’est assuré l’appui de la Chine le 4 février dernier en se rendant à Pékin.

La suite est en train de se dérouler. Elle est tragique pour l’Ukraine.

L’armée ukrainienne est en train d’être anéantie, et le sera sans doute, même si elle combat avec opiniâtreté. Un changement de régime à Kiev est probable. Le Donbass sera un protectorat russe, et l’Ukraine aura tôt ou tard un statut de “souveraineté limitée”, sous l’ombre de la Russie.  

Les Etats-Unis ne feront rien, non, parce que Biden et les crétins gauchistes ne peuvent rien faire et se sont placés dans une situation telle qu’ils ne pourraient rien faire, même s’ils le voulaient. Les pays européens membres de l’OTAN ne feront rien non plus parce qu’ils ne peuvent rien faire eux non plus. Ils parleront. Ils prendront des sanctions essentiellement inefficaces.

Les sanctions portant sur le gaz et le pétrole russes ne peuvent qu’être plus délétères pour les Etats-Unis et pour l’Europe que pour la Russie. L’Europe achète à la Russie 40 pour cent de son gaz (le chiffre monte à 52 pour cent pour l’Allemagne) et une part de son pétrole, et n’a aucune solution de rechange. Les Etats-Unis pourraient reprendre leur production de gaz et de pétrole pour limiter les dégâts, mais je doute que Biden et les crétins gauchistes prennent une décision en ce sens, et entendent limiter les dégâts (je pense qu’ils veulent les dégâts). Les prix du gaz et du pétrole vont exploser et pourraient plonger Europe et Etats Unis dans la récession. Le baril de pétrole est passé au-dessus de la barre des cent dollars. L’Allemagne a suspendu l’achèvement et la mise en service de Nord Stream 2. C’est une décision qui se trouvera annulée dans quelques mois sans doute, sauf si les Allemands veulent s’éclairer à la bougie, se déplacer à cheval et se chauffer au feu de bois.

Les sanctions financières seront vaines. La Russie et les entreprises russes peuvent utiliser le système élaboré par la Chine pour contourner le système SWIFT si la Russie en est exclue (en ce cas, les livraisons de gaz et de pétrole vers l’Europe et les Etats-Unis seront suspendues). La Russie et les entreprises russes, les banques russes, vont se tourner davantage vers la Chine et vers l’Asie. La Russie et les entreprises russes, les banques russes, ne pourront plus faire de transactions en dollars, et sans doute en euros ? Cela va renforcer le yuan, et si la Chine se voit dire que si elle continue à procéder à des transactions avec la Russie, elle perdra des marchés occidentaux, ses dirigeants pourront sourire et continuer à faire ce qu’ils font : le monde occidental s’est placé en dépendance de la Chine à un tel degré qu’il ne peut se passer de la Chine. Les oligarques russes ont anticipé les sanctions qui les concernent et ne perdront pas d’argent ou assez peu. Ils ne pourront voyager en Occident pendant quelques mois. Il leur restera une large partie du monde.

Les pays d’Europe centrale ont toutes les raisons d’être inquiets. Les menaces chinoises sur Taïwan vont s’accentuer.  

Ce qui se passe pourrait être au cœur d’une sombre mutation du monde.

Si Trump revient en janvier 2025, le travail de redressement qu’il aura à accomplir après le désastre Biden sera immense, et très difficile.

Les dirigeants européens ne diront pas que c’était mieux sous Trump.

Ils étaient heureux quand Biden et les crétins gauchistes sont arrivés au pouvoir, suite à la fraude électorale de novembre 2020. Ils sont face aux conséquences. Les populations européennes sont face aux conséquences aussi. Seront-elles informées de ce que je viens d’écrire. La réponse est non, sans doute, bien sûr.

© Guy Millière pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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