Publié par Magali Marc le 22 février 2022

Le vote sur la Loi des mesures d’urgence est prévu pour 20 h lundi soir à la Chambre des Communes. Si les 25 députés du NPD votent en faveur de la Loi, ils assureront son adoption. En effet, le Parti Néo-Démocrate a récolté suffisamment de sièges en 2021, pour avoir la balance du pouvoir à Ottawa. Le gouvernement minoritaire de Justin Trudeau, lui, dispose de 158 sièges, tandis que le Parti Conservateur n’en a que 119. Ce sont donc les gauchistes (Libéraux et Néo-Démocrates) qui vont décider si ça vaut la peine de ratifier la Loi des mesures d’urgence, tandis que la police à passé tout le weekend à débarrasser la colline parlementaire des camionneurs contestataires.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit la chronique de Brian Lilley, parue dans le Toronto Sun, le 20 février.

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Les députés néo-démocrates devraient y penser à deux fois avant de voter en faveur de la Loi sur les mesures d’urgence

Lundi (soir), les députés néo-démocrates ont une décision à prendre.

Veulent-ils être ceux qui permettent que la Loi sur les mesures d’urgence du Canada soit politisée et serve à s’en prendre aux ennemis du gouvernement et que le système bancaire soit utilisé comme une arme pour régler des comptes politiques? C’est bien ce que le premier ministre Justin Trudeau et son gouvernement libéral leur demandent de faire.



Sans l’appui du NPD, le vote pour ratifier l’utilisation de la Loi sur les urgences ne passera pas. Les députés néo-démocrates devraient réfléchir longuement et sérieusement à ce que Trudeau, et leur propre chef, Jagmeet Singh, leur demandent d’approuver.

Ils devraient également se demander s’ils veulent créer un précédent en invoquant des mesures qui permettent au gouvernement de geler les actifs financiers de personnes ayant participé à un mouvement de protestation. Le gouvernement finira par changer, mais le précédent aura été créé.

Il y a aussi le fait que toute revendication d’urgence nationale nécessitant ces mesures sonne désormais creux.
Les barrages frontaliers sont levés, les rues d’Ottawa reviennent à la normale, et toute revendication persistante selon laquelle la Loi sur les mesures d’urgence est nécessaire s’effondre rapidement. Si le NPD vote en faveur de ce qui lui est présenté, il appuiera tous les futurs gouvernements qui utiliseront cette loi créée pour parer à des circonstances exceptionnelles.

Depuis l’adoption de cette loi en 1988, nous avons fait face à des mouvements séparatistes qui cherchaient à briser le pays, à des mouvements terroristes qui cherchaient à faire des ravages et à une pandémie qui a paralysé notre société.

Pas une seule fois le gouvernement fédéral n’a eu recours à cette loi ou à ces mesures excessives.

Pourtant, aujourd’hui, face à une manifestation à Ottawa qui a été exacerbée par l’échec des services de police locaux, le gouvernement Trudeau veut promulguer cette Loi.

Pour les personnes qui ne prêtent pas attention aux détails, cela semble génial, le gouvernement agit pour retirer ces «voyous antisociaux» de devant la colline du Parlement.

En réalité, rien de ce qui a été fait vendredi ou samedi lorsque les rues ont été dégagées ne nécessitait l’adoption de la Loi sur les mesures d’urgence.

Les rues ont été vidées à Ottawa, ainsi qu’à Coutts, Emerson et Windsor, sans avoir recours à cette loi fédérale.

Aujourd’hui, bien que les rues aient été dégagées et que les frontières soient accessibles, le gouvernement Trudeau se tourne vers le NPD pour l’aider à faire son sale boulot et lui permettre de geler les comptes bancaires de toutes les personnes impliquées.

Cela peut sembler bon pour les députés néo-démocrates, compte tenu de ce qu’ils pensent du Convoi de la Liberté, mais comment se sentiront-ils la prochaine fois qu’un gouvernement ira dans cette direction ?

L’article 490.8 du Code criminel permet déjà à un procureur général fédéral ou provincial d’agir pour geler le financement de groupes qui enfreignent la loi. C’est cette section de la loi que le gouvernement de l’Ontario a utilisée pour geler le financement du Freedom Convoy cinq jours avant que le gouvernement fédéral n’annonce qu’il adopterait la Loi sur les mesures d’urgence.

Les députés néo-démocrates sont-ils prêts à faire en sorte que toutes les causes politiques soient soumises au même traitement ?

Le NPD est opposé à l’industrie pétrolière et gazière du Canada. Appuieraient-ils l’utilisation de ces mesures contre les manifestants qui s’opposent aux pipelines et ceux qui ont commis des actes violents et incendiaires contre des pipelines à Houston et en Colombie-Britannique, la semaine dernière ?

J’en doute, mais quelle est la différence ?

Le groupe de Houston était organisé, bien financé et a mené une attaque à motivation politique contre un projet d’infrastructure essentiel à l’économie canadienne. Cette attaque a coûté des millions à notre économie.

En utilisant les mêmes arguments que les Libéraux en faveur de la Loi sur mesure d’urgence, ce qui s’est passé à Houston serait admissible.

Cette Loi n’aurait jamais dû être invoquée.

Il est maintenant temps pour le NPD de se joindre aux Conservateurs et aux Bloquistes pour voter contre cet abus de pouvoir du gouvernement.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

Source : Torontosun

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