Publié par Magali Marc le 25 février 2022

Les Sénateurs canadiens avaient décidé de prendre plusieurs jours pour débattre de l’utilité de la Loi des mesures d’urgences ratifiée à la Chambre des Communes lundi soir, et donc il semblait bien que le premier ministre canadien allait se retrouver dans une impasse. Plusieurs provinces, dont le Québec, ne voulaient pas y avoir recours, mais M. Trudeau a insisté, pour la faire entériner par le Parlement sous prétexte que les camionneurs protestataires à Ottawa créaient une situation d’urgence. Pourtant ces derniers avaient été évacués par la police durant le weekend! Les Sénateurs étaient donc parfaitement justifiés de la remettre en question. Plutôt que de se voir embarrassé par eux, M. Trudeau a préféré y renoncer complètement.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit la chronique de Brian Lilley, paru dans le Toronto Sun, le 23 février.

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Trudeau abandonne les pouvoirs d’urgence moins de 24 heures après les avoir défendus

Moins de 24 heures après avoir défendu la nécessité de conserver tous les pouvoirs d’urgence qu’il avait accordés à son propre gouvernement, le Premier ministre Justin Trudeau les a tous abandonnés.

Pas seulement certains d’entre eux, pas seulement l’interdiction d’emmener des mineurs dans les environs de la colline du Parlement, il les a tous abandonnés à 16 heures mercredi.



Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est ahurissant.

Deux jours plus tôt, M. Trudeau a fait tenir un vote rapide à la Chambre des Communes, sous la menace d’une élection, afin de prolonger ses pouvoirs d’urgence jusqu’à la mi-mars. Il a invoqué la possibilité d’un retour des manifestants comme l’une des raisons pour lesquelles il devait maintenir les mesures en place, même après que les rues d’Ottawa et les postes frontaliers aient été dégagés.

Lors de sa conférence de presse de mercredi, M. Trudeau n’a pas été très clair sur ce qui avait changé, malgré les questions des journalistes perplexes. Au lieu d’expliquer ce qui l’a poussé à renoncer soudainement à ces nouveaux pouvoirs, M. Trudeau a recommencé à expliquer pourquoi il avait jugé nécessaire d’évoquer cette loi il y a dix jours.
Il a notamment cité le blocus du pont Ambassador à Windsor, un blocus qui a été levé et rouvert à la circulation une journée entière avant que Trudeau n’invoque la loi.

Peut-être que ce sont les mauvaises données dans les sondages qui ont poussé les Libéraux à battre en retraite. Ou c’est peut-être l’imminence d’un vote au Sénat qui les a inquiétés.

Le Sénat aurait probablement adopté la Loi, mais lors du débat préliminaire, les Sénateurs ont posé des questions gênantes et le vote n’aurait peut-être pas été aussi favorable que le gouvernement l’espérait.

Nous savons que M. Trudeau a fait l’objet de moqueries sur la scène internationale pour sa gestion des manifestations, pour avoir dit qu’il s’opposait à l’autoritarisme tout en s’emparant de pouvoirs de type autoritaire et en les conservant une fois l’urgence passée.

« Bien que l’urgence immédiate soit passée, cette question ne disparaîtra pas », a-t-il déclaré mercredi, tout en appelant à un renforcement des institutions canadiennes contre de futures protestations.

Vers la fin de son discours préparé, il a tenté d’adopter un ton différent et d’en appeler à l’apaisement dans tout le pays :

« Rappelons-nous que nous nous battons contre un virus, pas les uns contre les autres . Après deux années douloureuses et difficiles, nous avons beaucoup à faire pour nous en remettre. »

Apparemment, il ignore complètement le rôle qu’il a lui-même joué, suscitant la colère que tant de personnes ont exprimée à travers ces protestations au cours des dernières semaines. Son dédain envers quiconque n’est pas d’accord avec lui et son habitude de recourir aux injures ont contribué à enflammer une situation déjà explosive.

Traiter ses concitoyens de misogynes, de racistes, de minorité marginale aux opinions inacceptables et se demander si nous devrions tolérer que de telles personnes vivent parmi nous n’est pas le langage d’un leader.

Les leaders rassemblent les gens. Lui a passé les derniers mois à diviser les Canadiens pour favoriser ses objectifs politiques.

Le chef libéral est à la tête d’un gouvernement résolument non-libéral.

Bien que je ne sois pas en faveur de l’invocation de la Loi sur les urgences ou de sa prolongation – les lois existantes étaient suffisantes pour faire face aux manifestations – l’abandon de ces pouvoirs était la bonne chose à faire. Outre le vote du Sénat, M. Trudeau allait devoir faire face à un autre vote aux Communes la semaine prochaine.

La chef conservatrice, Candice Bergen, avait déposé une motion pour forcer un autre vote à la Chambre la semaine prochaine, un vote que M. Trudeau aurait vu comme un autre vote de confiance.

Si expliquer aux Canadiens pourquoi il avait besoin de ces pouvoirs extraordinaires était une tâche difficile cette semaine, cela aurait été encore plus difficile la semaine prochaine.

Le pire dans toute cette épreuve, c’est le précédent que lui et son gouvernement ont créé avec la politisation de la Loi sur les urgences. Déclarer une urgence nationale à cause de préoccupations liées à des camions de remorquage et à des services de police locaux inefficaces, c’est bien peu.

Espérons que l’histoire saura juger Justin Trudeau en conséquence.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

Source : Torontosun

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