Publié par Magali Marc le 8 février 2022

Tandis que les médias s’acharnent à décrire les camionneurs contestataires comme étant influencés, voire dirigés, par des militants d’«extrême droite», le maire d’Ottawa demande des renforts pour épauler ses 1200 membres réguliers afin de contenir les «irréductibles manifestants». Pendant ce temps, malgré ses réflexions insultantes à leur égard, le premier ministre Trudeau refuse de les rencontrer ou de faire intervenir l’armée. À Québec, la coordination entre le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) et la SQ a mieux fonctionné qu’à Ottawa et les débordements ont été évités. Les médias de masse évitent de dire que des milliers de manifestants appuient les camionneurs qui demandent la levée des restrictions sanitaires.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit la chronique de Licia Corbella, paru dans le Calgary Sun, le 7 février.

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Trudeau a oublié la leçon de tolérance qu’il a apprise de son père

Le 3 octobre 2000, nombreux étaient les Canadiens qui ont écouté la cérémonie des funérailles nationales de l’ex-premier ministre Pierre Elliott Trudeau. C’est ce jour-là que la plupart des Canadiens ont entendu son fils aîné, Justin Trudeau, parler en public pour la première fois et ont été impressionnés. L’éloge funèbre qu’il a prononcé pour son père était sincère et magnifiquement rédigée.



La partie la plus mémorable de l’éloge a été le moment où Justin Trudeau a dit que son père lui avait appris à ne pas se moquer de ses rivaux politiques. Il est clair qu’il a oublié les leçons qu’il a apprises sur les genoux de son père.

Voici ce qu’il a dit lors des funérailles tenues à la basilique Notre-Dame de Montréal :

« Comme je suppose que c’est le cas pour la plupart des enfants, en troisième année, c’était toujours un véritable plaisir de rendre visite à mon père au travail. Comme lors des visites précédentes, cette occasion particulière comprenait un déjeuner au restaurant du Parlement, qui semblait toujours terriblement important et rempli de gens sérieux que je ne reconnaissais pas. Mais à huit ans, je commençais à avoir une conscience politique. Et j’en ai reconnu un que je savais être l’un des principaux rivaux de mon père. Pensant lui faire plaisir, j’ai raconté une blague sur lui. Une petite blague d’école primaire ordinaire et stupide. Mon père m’a regardé sévèrement, avec ce regard que j’allais apprendre à connaître, et il a dit : « Justin, nous n’attaquons jamais l’individu. Nous pouvons être en total désaccord avec quelqu’un, sans pour autant le dénigrer » et, en disant cela, il s’est levé, m’a pris par la main et m’a amené pour me présenter à cet homme. C’était un homme sympathique, qui mangeait là avec sa fille, une jolie fille blonde, un peu plus jeune que moi. Il m’a parlé amicalement pendant un moment, et c’est à ce moment-là que j’ai compris qu’avoir des opinions différentes d’un autre n’empêche pas de mériter le respect en tant qu’individu. Parce que la simple tolérance ne suffit pas. Nous avons besoin d’un respect authentique et profond pour chaque être humain, quelles que soient ses pensées, ses valeurs, ses croyances, ses origines. C’est ce que mon père a exigé de ses fils, et c’est ce qu’il a exigé de son pays. »

Mon Dieu, comme Trudeau le jeune s’est éloigné de cet idéal.

Voici ce qu’il a publié sur Twitter le 1er février au sujet des manifestants sur la colline du Parlement :

« Aujourd’hui, à la Chambre des Communes, les députés ont unanimement dénoncé l’antisémitisme, l’islamophobie, le racisme anti-Noir, l’homophobie et la transphobie dont nous avons été témoins à Ottawa au cours des derniers jours. Ensemble, continuons à travailler pour rendre le Canada plus inclusif. »

Lors d’une interview télévisée en français pendant l’élection surprise inutile de l’automne dernier, M. Trudeau a déclaré ce qui suit :

« Ceux qui ne croient pas en la science sont des extrémistes, ce sont souvent des misogynes, souvent aussi des racistes. C’est un petit groupe qui tente de s’imposer, et comme dirigeants, nous devons faire un choix pour notre pays. Devons-nous tolérer ces personnes ? »

Un sondage Angus Reid, réalisé les 27 et 28 janvier 2022, a révélé que 54 % des Canadiens souhaitent la levée des restrictions sanitaires. Cela représente 20 pour cent de Canadiens de plus que ceux qui ont voté pour le gouvernement de M. Trudeau lors des élections de l’automne dernier. Quelle ironie !

On a fait couler beaucoup d’encre au sujet des personnes impliquées dans le convoi de camionneurs – qui a vu des milliers de Canadiens de la Colombie-Britannique, de la Saskatchewan, du Manitoba, de l’Ontario ( NdT: et du Québec), alignés le long des autoroutes, encourageant ces camionneurs qui protestaient – initialement, du moins – contre un mandat interdisant aux camionneurs qui ne sont pas entièrement vaccinés contre le COVID-19 de franchir la frontière canado-américaine.

Des personnes raisonnables peuvent ne pas être d’accord sur l’un ou l’autre aspect de ce débat. Il n’est pas du tout surprenant que les grands routiers non vaccinés – qui passent la plupart de leur temps seuls au volant de leur camion – soient inquiets et en colère à cause de ce récent mandat. De nombreux détaillants étaient également inquiets et en colère.

Traiter toutes ces personnes d' » extrémistes « , de  » personnes qui ne croient pas en la science « , de  » misogynes  » et de  » racistes  » relève d’un sectarisme extrême.

En mars 2021, Statistique Canada a indiqué que les groupes les plus susceptibles d’être  » résistants  » aux vaccins étaient les Noirs, les Métis, les Arabes et les Latinos – des personnes qui ont des raisons historiques valables de se méfier des initiatives et des mandats gouvernementaux.

Selon la firme Abacus Data, dans un sondage réalisé auprès de 30 000 personnes pendant plusieurs mois, le Canadien typique qui résiste aux vaccins est une Ontarienne de 42 ans qui vote pour les Libéraux.

Comme l’a écrit Bruce Anderson, président d’Abacus, dans un article paru le 11 août dans le magazine Maclean’s :

« … près de la moitié (des hésitants à la vaccination, 46 %) vivent en Ontario et bien plus de la moitié d’entre eux (59 %) sont des femmes. Un quart d’entre eux sont nés à l’extérieur du Canada. Leur âge moyen est de 42 ans… S’ils votaient dans une élection fédérale aujourd’hui, 35 pour cent voteraient libéral, 25 pour cent conservateur, 17 pour cent NPD, neuf pour cent pour le Parti Vert. »

Ces femmes sont-elles misogynes ? Ces personnes issues de la diversité sont-elles racistes ?

Certes, il était dégoûtant de voir un drapeau nazi et un drapeau confédéré lors des manifestations sur la colline parlementaire.

Cela ne signifie pas pour autant que la plupart des personnes présentes sur la Colline lors de cette manifestation – devenue une occupation gênante – sont en quelque sorte associées à ces symboles de haine. Il est absurde et illogique de lier chacun de ces manifestants à ces deux symboles de haine, tout comme il est absurde de dire que toute personne non vaccinée est raciste et déteste les femmes.

Linda Frum, ancienne sénatrice conservatrice et aujourd’hui présidente du conseil d’administration de l’organisme United Jewish Appeal of Greater Toronto, a souligné qu’il y a « une indignation sélective à propos de l’utilisation des symboles nazis alors qu’il ne devrait y avoir que des dénonciations ».

Elle a retweeté des photos de manifestants dans d’autres manifestations – dont un manifestant pro-palestinien – défilant avec une croix gammée.

Il y a des exemples de ministres libéraux qui ont participé à des manifestations aux côtés de manifestants portant des drapeaux du Hezbollah, lequel est officiellement reconnu comme étant une organisation terroriste au Canada.
Des députés néo-démocrates et libéraux ont défilé dans des parades qui glorifient le cerveau de l’attentat à la bombe contre Air India. Sont-ils des terroristes par association ?

Pour citer à nouveau Pierre Trudeau, le père de Justin : « On peut être en total désaccord avec quelqu’un, sans pour autant le dénigrer ».

Justin Trudeau doit se souvenir de cette leçon apprise lorsqu’il était enfant et essayer d’unir notre pays au lieu de contribuer à le diviser.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

Source : Calgarysun

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