Publié par Jean-Patrick Grumberg le 12 février 2022
Une nouvelle étude indique que l’ivermectine soigne le COVID – mais en éprouvette, pas sur l’homme

Je ne sais pas si ce médicament soigne ou pas : je ne suis pas médecin, je suis journaliste. En revanche, je sais que le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, n’a pas retenu cette solution pour soigner les gens de son Etat, et il a démontré qu’il n’est soumis à aucune pression politique, puisqu’il a poursuivi la Maison-Blanche en justice quand elle a voulu bloquer la solution médicale qu’il a retenue.



Une nouvelle étude solide (1) sur l’ivermectine en traitement précoce, publiée récemment, montre qu’il n’a aucun effet pour soigner les gens. L’étude, publiée par le Journal international des agents antimicrobiens (2) établit les faits suivants :

De fortes concentrations d’ivermectine ont démontré une activité antivirale contre le SRAS-CoV-2 in vitro.

L’objectif de cette étude était d’évaluer l’innocuité et l’efficacité de l’ivermectine à forte dose pour réduire la charge virale chez les personnes présentant une infection précoce par le SRAS-CoV-2. Il s’agissait d’un essai clinique randomisé, en double aveugle, multicentrique, de phase II, de détermination de la dose et de preuve de concept. Les participants étaient des adultes chez qui on avait récemment diagnostiqué une infection asymptomatique/oligosymptomatique par le SRAS-CoV-2.

Les critères d’exclusion étaient les suivants :

• femmes enceintes ou allaitantes ; maladie du SNC ; dialyse ; affection médicale grave avec pronostic <6 mois ; traitement à la warfarine ; et traitement antiviral/phosphate de chloroquine/hydroxychloroquine.

Les participants ont été assignés (ratio 1:1:1) selon une procédure de blocs permutés randomisés à l’un des bras suivants :

– placebo (bras A) ;
– ivermectine à dose unique de 600 μg/kg plus placebo pendant 5 jours (bras B) ; et
– ivermectine à dose unique de 1200 μg/kg pendant 5 jours (bras C).

Les résultats primaires étaient les réactions indésirables graves aux médicaments (RASM) et la modification de la charge virale au jour 7.

Du 31 juillet 2020 au 26 mai 2021, 32 participants ont été randomisés dans le bras A, 29 dans le bras B et 32 dans le bras C. Le recrutement a été arrêté le 10 juin en raison d’une chute spectaculaire des cas.

L’analyse de sécurité a inclus 89 participants et la modification de la charge virale a été calculée chez 87 participants.

Aucune RASD n’a été enregistrée. La réduction moyenne (S.D.) de la charge virale log10 était de 2,9 (1,6) dans le bras C, de 2,5 (2,2) dans le bras B et de 2,0 (2,1) dans le bras A, sans différence significative (P = 0,099 et 0,122 pour C vs A et B vs A, respectivement).

L’ivermectine à forte dose s’est donc avérée sûre, mais n’a pas montré d’efficacité pour réduire la charge virale.

L’étude a reçu l’approbation du comité d’éthique de l’INMI-Spallanzani à Rome, qui est compétent pour tous les essais COVID-19 en Italie.

Conclusion

Mon travail consiste à vous apporter des informations fiables, sans parti pris (je n’en ai aucun, même si je n’aime pas les vaccins), sans opinion personnelle (je n’ai pas compétence pour avoir d’opinion), ni préférence sur ce sujet qui n’en finit pas de rebondir (j’ai des difficultés à comprendre pourquoi des médicaments qui sont loin de faire l’unanimité font la une de l’actualité).

Comme je n’ai aucune idée arrêtée (comment le pourrais-je, puisque je ne suis pas scientifique, et que je n’ai pas compétence pour savoir si les déclarations des uns et des autres ne sont pas destinées à m’influencer ?), je me suis tout de même posé des questions :

  • Je me suis demandé pourquoi tant de personnes ont témoigné qu’elles ont été soignées par l’ivermectine.
  • Je me suis demandé pourquoi des médecins disent qu’ils soignent leurs malades avec ce médicament.
  • Je me suis demandé pourquoi des pays comme l’Inde, qui doivent acheter le vaccin, recommandent fortement aux gens de se faire vacciner plutôt que d’utiliser ces médicaments.
  • Je me suis demandé pourquoi des Etats comme la Floride, qui ont mis en place des cellules d’urgence pour soigner les personnes atteintes, qui n’oblige pas les gens à se faire vacciner, et interdisent toute mesure restrictive, confinement, passe-sanitaire pour les non-vaccinés, afin qu’ils ne soient en rien pénalisés de leur libre choix, pourquoi ils n’ont pas retenu ce médicament, qui coûte à peu près le prix du vaccin ($93.00 la boîte de 20 en moyenne) (3).
  • Et je me suis demandé si ce médicament n’a pas été mis au ban, déconseillé et quelques fois bloqué, comme l’hydroxychloroquine, dans le but d’inciter les gens à se faire vacciner.

La réponse est probablement que l’efficacité perçue par certains est le résultat d’une combinaison de l’effet placebo du médicament, et du fait que dans tous les cas, 98,8% des gens survivent au covid sans prendre aucun médicament.

Une autre piste de réflexion m’a été apportée par un ami sud-américain, plus proche du sujet :

« les études qui ont montré que l’ivermectine pouvait avoir un effet bénéfique ont été réalisées dans des pays où le taux de vers intestinaux est élevé.

Et les vers affectent le système immunitaire. Si vous attrapez le covid et que votre système immunitaire fonctionne déjà mal à cause des vers, vous avez plus de chances que le covid vous affecte davantage ou vous tue. Ainsi, dans ces pays, lorsqu’ils prennent de l’ivermectine, cela tue les vers et laisse le système immunitaire se concentrer sur le covid seul.

C’est juste une théorie/ explication que j’ai lue. Elle n’est basée sur aucune étude. Juste sur le fait que les quelques études qui ont montré que l’ivermectine fonctionnait étaient dans des pays où les vers dans le corps humain sont plus fréquents. »

Avant de vous laisser partir… des Japonais sont arrivés aux mêmes conclusions

En début de semaine dernière, la société commerciale et pharmaceutique japonaise Kowa Co Ltd a déclaré (4) que l’ivermectine a montré un « effet antiviral » contre l’Omicron et d’autres variantes de coronavirus, mais dans le cadre d’une recherche non-clinique (7). La société collabore avec l’université Kitasato de Tokyo pour tester le médicament en tant que traitement potentiel du COVID-19. Il ne s’agit pas d’un essai clinique de phase III, qui est mené chez l’homme, mais in-vitro, comme l’a précisé Associated Press (6), corrigeant une erreur de Reuters (8).

La société a annoncé qu’un test sur l’homme va commencer prochainement sur un échantillon de 1 000 personnes (5).

Conclusion de ma conclusion

Je suis content qu’une pilule, un médicament, permette de soigner les gens qui ont attrapé le Covid et sont, ou risquent d’être gravement malades. Dans mon cas, étant vacciné sur recommandations de mon médecin, je n’ai eu qu’une petite grippe, un peu longue, mais légère. J’ai un bon médecin. Le même depuis longtemps.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

  1. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0924857921013571
  2. https://www.sciencedirect.com/journal/international-journal-of-antimicrobial-agents
  3. https://www.drugs.com/price-guide/ivermectin
  4. https://www.reuters.com/business/healthcare-pharmaceuticals/japans-kowa-says-ivermectin-effective-against-omicron-phase-iii-trial-2022-01-31/
  5. https://rupreparing.com/news/2022/1/31/kowa-co-ltd-amp-kitasato-university-pre-clinical-lab-work-ivermectin-inhibits-omicron-amp-other-sars-cov-2-variants-of-concern
  6. https://apnews.com/article/fact-checking-439365261885
  7. https://www.kowa.co.jp/news/2022/press220131.pdf
  8. https://news.yahoo.com/error-article-fuels-ivermectin-misinformation-180131773.html

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

Inscrivez-vous gratuitement pour recevoir chaque jour notre newsletter dans votre boîte de réception

Dreuz ne spam pas ! Votre adresse email n'est ni vendue, louée ou confiée à quiconque. L'inscription est gratuite et ouverte à tous

20
0
Merci de nous apporter votre commentairex