Publié par Daniel Pipes le 9 mars 2022

La campagne présentant les musulmans comme victimes s’est transformée en une importante industrie artisanale qui comprend des centres et organisations universitaires ainsi qu’une vaste, bien que répétitive, masse d’écrits destinés à montrer que les musulmans, sans avoir commis aucune faute, souffrent d’une série de maux et de préjugés injustifiés de la part des méchants occidentaux.

Illustration banale et typique du genre, l’ouvrage d’Aswad, Countering Islamophobia in North America [Contrer l’islamophobie en Amérique du Nord] ignore consciencieusement les nombreux actes posés par les musulmans qui suscitent des sentiments anti-musulmans. Cet anthropologue d’origine égyptienne qui a enseigné à la Wayne State University mentionne l’EI à trois reprises alors que les Frères musulmans, al-Qaïda, Oussama ben Laden et la crise des otages iraniens de 1979-1981 ne sont chacun cités qu’une seule fois. Le plus notable, ce sont les individus, les groupes et les concepts qui n’apparaissent pas une seule fois comme les dirigeants iraniens Khomeiny et Khamenei, al-Shabaab et la charia. Les talibans d’Afghanistan ne sont jamais évoqués et n’apparaissent qu’une seule fois dans les propos d’un enseignant de Floride qui aurait qualifié un élève musulman de 14 ans de « taliban entêté ». Les mauvais traitements qu’on continue d’infliger aux juifs et aux chrétiens dans les pays à majorité musulmane sont totalement ignorés.



De même, les tueurs djihadistes sur le sol américain sont allègrement passées sous silence, notamment Nidal Hasan, qui a tué 13 personnes en 2009 à Fort Hood, Syed Rizwan Farook et Tashfeen Malik, le couple marié qui a tué 14 personnes en 2015 à San Bernardino, et Omar Mateen, qui a tué 49 personnes en 2016 dans le Pulse nightclub à Orlando. D’autres incidents majeurs, comme le djihad du marathon de Boston en 2013, ne trouvent également aucune place dans cette étude. Élément révélateur, le premier attentat contre le World Trade Center en 1993, qui a tué 6 personnes et blessé plus de 1000 personnes, n’a pas été évoqué comme la cause de dommages infligés aux Américains mais seulement comme ce qui a « accru les préjugés et la violence contre les musulmans américains ».

Les agressions de moindre ampleur n’ont pas non plus leur place dans l’analyse d’Aswad. Quand il s’agit de parler du traitement des femmes, par exemple, il ne mentionne jamais la polygamie ou la polygynie, les mutilations génitales féminines, les crimes d’honneur, le taharrush (agression sexuelle de masse) ou ce qu’on appelle par euphémisme les gangs de grooming [ou pédopiégeage] (en fait, les gangs de violeurs). La réglementation Rushdie (qui interdit de discuter librement de l’islam) est bien entendu absente.

Aswad et ses semblables ne contextualisent absolument pas les craintes des non-musulmans à propos de l’islamisme, de l’islam et des musulmans, comme s’il s’agissait de préjugés spontanés et sans fondement. Aswad se garde également de mentionner pourquoi il n’existe aucune peur comparable des hindous ou des bouddhistes ou pourquoi, si leur traitement est si horrible, les musulmans continuent de demander à entrer en Occident (plus récemment, les Afghans et ceux qui se sont fait duper en se rendant en Biélorussie).

Au final, ce livre médiocre mérite d’être jeté aux oubliettes où il se retrouvera sans aucun doute. Néanmoins, il pourrait faire de réels dégâts lorsqu’il sera enseigné dans les classes, avec d’autres ouvrages du même type, par des gens comme el-Sayed el-Aswad.

Daniel Pipes

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