Publié par Jean-Patrick Grumberg le 14 mars 2022
Le père Ioann Burdin, du diocèse de Kostroma du Patriarcat de Moscou

Comme à l’époque soviétique, la Russie de Poutine a désormais cessé d’être une nation pour devenir une idée, une idée de défense des « valeurs chrétiennes ».

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Le poutinisme chrétien – très représenté parmi les vieilles droites européennes – et 34% des Républicains américains (contre 16% des Démocrates) – ne compare jamais la Russie aux autres pays. Il ne regarde pas son système économique réel, ni son système religieux en face. Il ne veut absolument pas regarder.

  • Le 11 septembre 2020, Nikita Glazunov, un catholique, a été condamné à une amende par un tribunal de Kazan, République russe du Tatarstan, pour avoir organisé une messe catholique en latin dans la salle de conférence d’un hôtel. Il a été inculpé en partie pour avoir invité ce que le tribunal a appelé un « prédicateur étranger » à célébrer la messe sans autorisation écrite d’exercer une activité missionnaire.
  • Glazunov est l’une des 42 personnes au moins qui ont été poursuivies pour activité missionnaire en Russie au cours du seul premier semestre de 2020.
  • En 2019, un tribunal russe a reconnu six Témoins de Jéhovah coupables d’extrémisme, les condamnant jusqu’à trois ans et demi de prison.

Mais le poutinisme chrétien européen ne veut pas regarder.

Il répand l’idée que Poutine défend les valeurs chrétiennes contre l’avancée du « matérialisme » occidental – c’est-à-dire l’économie de marché, autrement dit l’Amérique – et l’avancée de la gauche idéologique – c’est-à-dire le « mondialisme » et son immigration musulmane et africaine illimitée. (Aux Etats-Unis, les poutinistes voient en Poutine le bouclier contre les progressistes).

Entre la réussite des Etats-Unis que le monde envie tout en le critiquant, et le socialisme dont tout le monde connaît la faillite tout en rêvant de ses mannes, ses aides et avantages acquis étatiques, les poutinistes sont à la recherche d’une troisième voie.

Poutine serait cette troisième voix. Entre le socialisme et le libéralisme faussement dit « sauvage ». Entre le progressisme et le matérialisme. C’est ce qui motive l’enthousiasme du poutinisme chrétien par exemple, et plus généralement du poutinisme de la droite européenne.

Après le brillant et historique président Donald Trump, dont le mandant ne peut de toute façon pas excéder 8 ans, Poutine est devenu le nouvel espoir pour tous ceux qui sont encore à la recherche d’un système économique et social hybride.

Le résultat est que toutes les fautes de Poutine – sa corruption personnelle, sa violence politique, l’élimination physique des journalistes dissidents et des opposants, et son aventurisme militaire – sont niées. Ou pire : elles sont parfois admises, mais pour les minimiser, les expliquer et les pardonner – ou les comparer au grand Satan américain, en reprenant presque sans y prendre garde, le narratif des mollahs. Parfois, elles sont même justifiées au nom de ce nouvel espoir.

Le conflit actuel a montré que les poutinistes sont présents sur Dreuz, bien que Dreuz soit un site américain, qui défend des valeurs conservatrices, c’est-à-dire le libre marché, le capitalisme, le libéralisme (dans le sens français du terme), et les libertés fondamentales, dont la liberté religieuse. Rien de tout cela n’existe en Russie ni chez Poutine, mais les poutinistes sont disposés à accepter cette contradiction, parce qu’ils ne voient pas la Russie comme un pays, mais comme une idée, Poutine comme un président mais comme un défenseur de la civilisation chrétienne.

Cependant, mon rôle, comme l’écrivait Albert Londres, « n’est pas de plonger la main dans une corbeille de pétales de rose, mais de porter la plume dans la plaie. » Mon rôle n’est pas de faire plaisir aux poutinistes chrétiens, mais de leur présenter les vérités et les faits qu’ils se refusent à regarder. En dernier ressort, c’est à eux de former leur propre jugement, que je respecte, mais mon rôle est de leur donner tous les éléments pour y parvenir.

Les voici, ces vérités. Ames sensible s’abstenir, je recommande BFM comme alternative plus douce

Il est difficile de trouver beaucoup de bonnes choses dans les performances économiques de la Russie. La politique de Poutine est étatiste, et c’est un échec.

  • Poutine est pro-natalité – une prime d’État est offerte pour avoir des enfants – Et le pays a l’un des taux de natalité les plus bas du monde. C’est un échec.
  • La Russie de Poutine n’est pas plus une réussite économique. Avec une population trois fois plus importante que l’Italie et un territoire regorgeant de ressources naturelles, la Russie a un PIB plus faible que l’Italie, et a connu une croissance économique négative en 2015 et 2016.
  • Plus inquiétant encore, la Russie est l’un des pays les plus corrompus au monde et, à ce titre, elle ne devrait pas servir de modèle à des chrétiens, et n’est pas une troisième voie entre capitalisme et socialisme. Et ce n’est pas une coïncidence si la corruption est corrélée à une économie étatiste.

Mais le vrai sujet ici, est le mythe de la défense de la civilisation chrétienne par Poutine. Qui est un conte, une contre-vérité.

La guerre de Poutine contre la chrétienté

J’espère que ce sous-titre va en faire sauter plus d’un sur sa chaise – je ne crois pas que Dreuz soit le bon média pour se faire plaisir, mais pour s’informer en sachant que l’information que je publie est solidement enracinée dans les faits*.

Commençons par l’essentiel.

1 Si vous êtes un citoyen russe en 2018, il est actuellement illégal pour vous de partager l’Évangile avec un ami dans votre maison. Il est illégal pour vous d’inviter d’autres personnes dans votre église. VKontakte – l’équivalent russe de Facebook – ne peut pas être utilisé pour diffuser quoi que ce soit qui puisse être considéré comme de l' »évangélisation. » En fait, tout dialogue religieux est interdit en dehors des églises et autres sites religieux.

Dans la rue. En ligne. Même dans votre propre maison : interdiction.

Vous doutez ? Vous avez raison. Il faut douter.

* Voici la source :

Au début de l’été 2016, la Russie a adopté deux lois peu remarquées.

Ces lois sont devenues connues sous le nom de loi Yarovaya, du nom d’Irina Yarovaya, la chef du Comité parlementaire pour la Sécurité et la lutte contre la corruption. Ces lois ont élargi le champ d’action des organismes russes chargés de l’application de la loi, déjà très vastes, en développant leurs capacités de surveillance légale et leurs opérations d’extraction de données.

Ces mesures étaient assez inquiétantes et ont provoqué un certain malaise, même au sein du parlement favorable à Poutine.

La loi Yarovaya a été complétée par une disposition interdisant l’évangélisation ou le « travail missionnaire » en dehors d’espaces spécifiques et désignés. La loi définit l’activité missionnaire comme suit : « L’activité d’une association religieuse, visant à diffuser des informations sur ses croyances auprès de personnes qui ne sont pas des participants (membres, adeptes) de cette association religieuse. »

Cette loi n’est pas la dernière des tentatives récentes de la Russie pour restreindre la liberté de religion à l’intérieur de ses frontières, et elle illustre la nouvelle attitude du Kremlin à l’égard de la religion, à savoir que l’Église orthodoxe russe est profondément imbriquée dans l’identité russe, laquelle est étroitement liée à la politique nationale, et Poutine a vu en elle une arme de propagande.

2 Le 5 avril 2021, le président russe a signé un amendement à la loi sur la religion du pays, initiant des changements importants pour les ministères à travers la Russie. L’amendement, qui est entré en vigueur en octobre 2021, couvre un large éventail de questions religieuses sous le couvert de la « protection de la souveraineté spirituelle de la Russie ».

Les changements les plus importants :

  • Tous les missionnaires, le clergé et les enseignants religieux formés à l’étranger doivent recevoir « une formation professionnelle supplémentaire dans le domaine des bases des relations entre l’État et la confession dans la Fédération de Russie. »
  • Si un missionnaire ou un pasteur a reçu sa formation religieuse en dehors de la Russie, il sera tenu de recevoir une éducation supplémentaire dispensée par l’État.
  • La nouvelle loi s’appliquera à tout nouveau pasteur ou missionnaire, qu’il soit citoyen étranger ou russe.
  • Le contenu ou les exigences des cours sont laissés intentionnellement très vagues, laissant la place à toute forme d’abus.
  • Les groupes ou les ONG n’ont pas le droit d’utiliser des identifiants religieux dans leur nom, sauf autorisation de l’organisation religieuse centralisée locale approuvée par le gouvernement.
  • Un autre amendement remplace le terme « membre [d’un groupe religieux] » par « participant ». Cet amendement est problématique pour de nombreux groupes chrétiens dont la théologie est basée sur le concept de « membre de l’église ». Ils pourraient désormais être tenus de modifier leurs chartes et d’en exclure le terme « membre de l’église ».
  • La liste des personnes désormais interdites de diriger ou même de participer à des groupes religieux a également été considérablement allongée.

L’amendement pèse lourdement sur les communautés bouddhistes et catholiques, car ces groupes ne disposent pas d’écoles religieuses en Russie.

Sans surprise, la loi a été accueillie négativement par la plupart des organisations religieuses du pays, à l’exception notable de l’Église orthodoxe russe, qui l’a soutenue, selon Olga Sibireva, responsable du projet Religion in Secular Society, basée à Moscou.

« Les représentants d’autres organisations religieuses, a déclaré Sibireva, considèrent le projet de loi comme une menace pour la liberté de religion et ses normes, comme une tentative de l’État de renforcer sa capacité à interférer avec les activités internes des organisations religieuses. »

Mais le plus gros problème de la loi n’est peut-être pas ce qu’elle dit, mais ce qu’elle ne dit pas.

Sibireva a ajouté :

« Le principal problème est que la formulation des amendements est très imprécise et laisse place à l’interprétation. Par conséquent, beaucoup de choses dépendront de la manière dont les nouvelles règles seront interprétées au cours de la pratique de l’application de la loi. »

En accordant des libertés restreintes ou carrément refusées aux autres religions, on soupçonne fortement Poutine d’avoir embrassé l’Eglise d’État, l’Église orthodoxe russe, uniquement parce qu’il est capable de la remodeler à sa propre image.

Alors que l’Union soviétique est connue pour avoir tenté d’éradiquer complètement la religion, Vladimir Poutine a embrassé l’Église orthodoxe russe et, selon les critiques, l’a transformée en un autre bras de sa machine de propagande.

Utilisation des Eglises

Les organisations religieuses, le plus souvent protestantes, rencontrent souvent des difficultés pour utiliser les bâtiments existants. Dans certains cas, les autorités exigent même la démolition de bâtiments déjà utilisés par des organisations religieuses. Par exemple, le tribunal du district de Kaluga a interdit à la Word of Life Church of Evangelical Christians d’utiliser le bâtiment de la cathédrale du Christ-Sauveur pour ses services. La communauté a fait appel de la décision auprès de l’instance supérieure, mais n’a pas obtenu gain de cause.

Pourquoi les chrétiens de Russie sont-ils persécutés ?

Une grande partie de la pression exercée sur les chrétiens en Russie provient du fait que le gouvernement impose une législation restrictive. Depuis la mise en œuvre des lois antiterroristes Yarovaya, le niveau de surveillance de toutes les églises chrétiennes non orthodoxes a augmenté. Par conséquent, les activités des chrétiens sont souvent surveillées par l’État et les services religieux sont parfois perquisitionnés par les forces de sécurité.

La récente tension dans les relations entre la Russie et l’Occident a par exemple entraîné une plus grande suspicion à l’égard des protestants qui reçoivent le soutien d’organisations étrangères.

Pourquoi les églises occidentales n’ont-elles pas protesté ?

Le Comité américain pour la liberté religieuse internationale (USCIRF) a recommandé que la Russie soit placée sur la liste des « pays particulièrement préoccupants » du Département d’État. »

La réponse est entremêlée dans une toile complexe de politique, de nationalisme, du talent de Poutine pour la propagande et d’une bonne dose de Fake News. Les experts les plus avertis estiment cependant qu’il est impératif que les chrétiens – et les partisans de la liberté religieuse en général – commencent à prêter attention à ce qui se passe en Russie.

M. Kinahan est un de ces experts. Rédacteur en chef de Forum 18, une organisation qui surveille la liberté de religion dans des pays comme la Russie, le Belarus et certains pays d’Asie centrale, selon lui, la loi Yarovaya est une étape importante dans une tendance lente et régulière vers la restriction complète de la liberté religieuse en Russie.

« Il est clair que Poutine n’est pas quelqu’un de très à l’aise avec les gens qui utilisent leur liberté », déclare M. Kinahan. « Et compte tenu des mesures législatives qu’il a prises, des actions des représentants de l’État, non seulement en matière de liberté raciale et de croyance religieuse, mais aussi en matière d’autres droits de l’homme, il est très difficile d’arriver à une autre conclusion. »

Les organisations jugées en violation de la loi peuvent se voir infliger une amende allant jusqu’à un million de roubles, soit environ 17 000 dollars.

Luhansk et Donestk

Le soutien de la Russie aux régions séparatistes est également inquiétant pour les chrétiens d’Ukraine. Deux des parties de l’Ukraine qui se sont déclarée indépendante, la République populaire de Louhansk et la République populaire de Donestk, ont imposé des règles exigeant l’enregistrement des organisations religieuses.

Se conformer à cette règle a été extrêmement difficile pour de nombreuses églises protestantes. Par exemple, une liste de décembre 2019 des 195 organisations religieuses enregistrées par les autorités de Louhansk a montré qu’aucune permission n’avait été accordée à une communauté protestante.

  • En juin 2021, trois églises protestantes ont été interdites par les autorités de la République populaire autoproclamée de Donetsk et d’autres ont vu leurs bâtiments confisqués.
  • En août, les livres de Charles Spurgeon et de Billy Graham ont été placés sur une liste de littérature « extrémiste » interdite par un tribunal de la République populaire de Luhansk.

Conclusion

La Russie reste un pays où la liberté de religion ou de conviction est fortement restreinte.

La Russie fait partie des 14 « pays recommandés pour être désignés comme pays particulièrement préoccupants » par la Commission des Etats-Unis sur la liberté religieuse (USCIRF). Cette liste me semble avoir été honnêtement établie, et elle inclut des pays alliés des Etats-Unis, comme l’Inde et l’Arabie saoudite :

  • Birmanie
  • Chine
  • Erythrée
  • Inde
  • Iran
  • Nigeria
  • Corée du Nord
  • Pakistan
  • Russie
  • Arabie Saoudite
  • Syrie
  • Tadjikistan
  • Turkménistan
  • Vietnam

Les poursuites et la discrimination exercées par l’État à l’encontre des minorités religieuses, les actions qui privent les croyants de leurs droits religieux fondamentaux (tels que le droit de pratiquer librement une religion ou d’utiliser leurs biens à des fins religieuses), ainsi que la stigmatisation des croyants des minorités religieuses dans les médias, y compris les médias contrôlés par l’État, sont largement répandues.

L’USCIRF a relevé que le gouvernement russe favorise certaines religions au détriment d’autres.

  • En avril 2019, dans la ville russe de Verkhnebakansky, près de la côte de la mer Noire, une congrégation baptiste commémorait l’Annonciation lorsque les forces de l’ordre ont fait irruption et ont interrompu le service, rapporte Radio Free Europe cité par Newsweek.
  • Quelques jours plus tard, le 9 avril, le pasteur de l’église – Yury Korniyenko-, âgé de 71 ans, était formellement accusé de mener un travail missionnaire « illégal ».
  • Un citoyen américain, Raymond Curran, a été condamné par un tribunal de Tambov après que la police a découvert qu’il dirigeait des services de l’Église protestante non enregistrée Calvary Chapel dans une maison de la culture, accessible à tous, et sans autorisation écrite d’une organisation religieuse ni preuve de son enregistrement.
  • En 2014, le pasteur Alexey Kolyasnikov a organisé un rassemblement avec sa congrégation pentecôtiste. Comme ils ne disposaient pas de leur propre bâtiment d’église, les membres de la congrégation se sont réunis dans un café de Sotchi, comme d’habitude.

    Ce soir-là, des policiers et des membres de la principale agence de renseignement russe, le Service fédéral de sécurité (FSB), sont soudainement apparus pendant la lecture de la bible. Ils ont accusé Kolyasnikov d’organiser un rassemblement non autorisé, ce qui constitue une violation civile.
  • En 2017, le pasteur a fui les persécutions religieuses contre les minorités russes pour demander l’asile en Allemagne.

Le président du Séminaire théologique baptiste ukrainien, Yarsolav « Slavik » Pyzh, a déclaré à Christianity Today en janvier 2022 :

« Les églises baptistes de l’est de l’Ukraine entreront dans la clandestinité si la Russie décide et parvient à prendre le contrôle de cette partie du pays. »

https://www.christianitytoday.com/news/2022/january/ukraine-baptist-russian-invasion-seminary-prayer.html

Elizabeth Clark, qui était professeur à la chaire de religion John Carlisle Kilgo de l’université de Duke, a décrit l’attitude du gouvernement russe à l’égard des religions de la manière suivante :

« La vision de l’ère soviétique selon laquelle la religion est permise tant qu’elle soutient l’État se perpétue… »

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

Autres sources consultées pour la rédaction de cet article :

  • https://www.opendoorsusa.org/christian-persecution/world-watch-list/russian-federation/
  • https://www.frc.org/updatearticle/20200916/russia-religion
  • https://www.opendoorsusa.org/christian-persecution/stories/5-ways-to-pray-for-christians-in-ukraine-and-russia-today/
  • https://www.persecution.org/2021/06/01/russia-tightens-restrictions-churches-missionary-activity/#:~:text=In%20the%20days%20the%20Soviet%20Union%2C%20Russia%20was,greater%20freedom%20and%20could%20openly%20practice%20their%20faith.
  • https://cruxnow.com/church-in-europe/2022/02/how-is-russia-ukraine-war-linked-to-religion
  • https://forum18.org
  • https://romancatholicworld.wordpress.com
  • https://relevantmagazine.com/current/putins-untold-war-on-christianity/
  • https://www.catholicculture.org/commentary/putin-enigma/
  • https://www.acton.org
  • https://worldpopulationreview.com/country-rankings/most-atheist-countries

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