Publié par Daniel Pipes le 18 avril 2022

D’après le sous-titre, on s’attendrait à une analyse aride.

Or, Mohammed (née en 1974) se livre plutôt à une autobiographie très personnelle articulée principalement autour de deux thèmes : sa mère islamiste démoniaque et le processus de libération des mains de celle-ci par le rejet à la fois des liens maternels et islamistes. Comme l’explique Mohammed, Canadienne d’origine égyptienne, à propos de cette libération : « Pour commencer, j’étais une musulmane non pratiquante, ensuite je n’ai plus cru à aucune religion organisée, puis je suis devenue spirituelle mais pas religieuse, puis agnostique et finalement, je me suis identifiée comme athée. »



C’est à peine si l’auteur mentionne ses deux formidables liens familiaux : d’une part, elle est l’arrière-petite-nièce de Mohamed Néguib, le premier président (1953-54) de l’histoire de l’Égypte qui a fini par être écarté du pouvoir par Gamal Abdel Nasser ; d’autre part, elle était mariée et avait un enfant d’Essam Marzouk, un djihadiste violent que l’on pense maintenant mort ou en train de croupir dans une prison égyptienne. C’est à juste titre que l’auteur parle peu de ce mariage qui lui a été imposé par une mère éprouvant elle-même du désir pour son futur gendre.

Le portrait bouleversant qui l’auteur dresse de sa mère islamiste laisse peu de place à l’imagination. Ainsi, les mots de cette mère anonyme lorsque les deux se disputent le choix de vêtements de Mohammed : « Je t’ai pissé. Tu m’entends ? Tu es mon urine. Tu n’es rien d’autre qu’un déchet que j’ai expulsé de mon corps ! Je t’ai excrété ! Tu n’es qu’une merde que j’aurais dû évacuer ! Tu n’as pas le droit de me questionner. Tu n’es rien. » Comme le suggère cette citation, le passage d’une enfance islamiste à une vie adulte « dévoilée » peut être éprouvant et ceux qui parviennent à manœuvrer leur barque deviennent les porte-drapeaux fermes et résolus de leur nouveau mode de vie.

Au-delà de l’histoire touchante de la libération de Mohammed, c’est une étude de cas qui s’offre à nous, sur la réalisation lente et angoissante d’une femme qui, tout en vivant dans la modernité du Canada contemporain, habitait dans une bulle de préjugés et d’horreurs dignes du Moyen Âge. Le lecteur éprouvera de l’angoisse face à la lenteur de ce processus qui aura pris en tout et pour tout environ 25 ans. Toutefois c’est la longueur même de l’évolution vécue par Mohammed qui, à la fois, renforce sa crédibilité et livre des informations importantes sur cette entreprise douloureuse partagée par tant d’autres.

Daniel Pipes

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