Publié par Guy Millière le 9 avril 2022

Le premier tour de l’élection présidentielle française aura lieu demain dimanche, et sauf si les sondages s’avèrent faux, il s’annonce désespérant, et, j’espère me tromper, ce qui m’arrive rarement, mais je pense en cet instant qu’il conduira sans doute à un second tour qui ressemblera à celui de 2017. Emmanuel Macron fera face à Marine Le Pen, et l’emportera vraisemblablement, bien que les deux tiers des Français disent souhaiter changer de Président.

Il semble évident que dans ce cas de figure, Marine Le Pen, malgré sa tentative de se dédiaboliser, ne pourra pas l’emporter: la diabolisation et la peur du fascisme et de “l’extrême droite” continuent à fonctionner en France, bien qu’elles soient des stratagèmes très usages, et les positions russophiles du Rassemblement Nationale pendant des années n’arrangeront rien et seront, dans le contexte de la guerre d’agression contre l’Ukraine, utilisées contre la candidate du Rassemblement National (à juste titre à mes yeux). Le programme économique du Rassemblement National est, par ailleurs, inepte et socialiste et sera lui aussi utilisé comme un repoussoir (à juste titre à mes yeux là encore).



Emmanuel Macron, lui, n’aura pas eu à faire campagne, aura réussi à éviter tout examen de son bilan, pourtant catastrophique, et à éviter de trop parler de ses projets, de son programme, et de la situation réelle du pays.

Si Macron est réélu comme je pense (même si c’est de justesse), il aura les mains libres pour faire ce qu’il entend faire.

L’abstention lors de l’élection sera sans doute très élevée dimanche, car de nombreux Français se détournent de la politique et se résignent à être gouvernés par des gens qu’ils n’ont pas choisis, et qui ne les représentent plus.

Il y aura vraisemblablement, si Macron est réélu, assez vite des remous dans le pays car, comme je l’ai déjà noté, Macron sera, s’il est réélu, une fois encore élu par défaut, et une fraction de ceux qui se détournent de la politique et se résignent restent encore capables de révolte et se révolteront sans doute, malgré tout, face à la situation catastrophique du pays et à la gestion inepte de Macron, qui en ce cas se prolongera, mais Macron traitera les remous comme il a traité la crise des gilets jaunes: par le mépris et la répression extrême.

Il n’y aura, je le crains, si Macron est réélu, pas de recomposition de la politique française, mais plutôt une continuation de la décomposition.

A gauche, le parti socialiste est mort et sa mort sera constatée à coup dès dimanche soir, le gauchisme écologiste apparaitra restera bien implanté, et pourra continuer à diffuser sur un mode radical des inquiétudes dont Macron pourra continuer à s’emparer pour dire, sur un mode “raisonnable”, qu’il faut lutter contre le “changement climatique”: le principal mouvement de gauche restera la France Insoumise, un mouvement lui-même gauchiste qui mêle marxisme, tiers-mondisme, multiculturalisme et ouverture complice à l’islam, et qui n’a aucune chance d’arriver au pouvoir. La France Insoumise est désormais le grand mouvement protestataire de gauche et le restera sans doute

A droite, le mouvement Les Républicains est à l’agonie, et cela se verra dimanche soir. Certains de ses dirigeants tenteront peut-être de le faire survivre. Ses principaux dirigeants rallieront sans doute Macron. Quelques-uns d’entre eux rejoindront peut-être Reconquête le parti d’Éric Zemmour.

Mais Éric Zemmour, qui pensait pouvoir recomposer la droite, risque fort de ne pas y parvenir, et je le regrette pour ceux qui avaient espoir en lui et que je comprends.

Il aurait fallu, pour qu’il parvienne à ses fins, qu’il devance nettement Marine Le Pen, et soit au deuxième tour.  Et je pense, hélas, que ce ne sera pas le cas. Je pense qu’il ne devancera pas Marine Le Pen, qui est parvenue à garder ses électeurs de milieu modeste (venus largement du parti communiste), et si Macron est réélu, Reconquête pèsera suffisamment pour continuer à exister, mais son poids sera insuffisant pour qu’Éric Zemmour en fasse le grand parti de la droite conservatrice.

Si le mouvement Les Républicains est à l’agonie, le Rassemblement national, lui, sera tout à fait à même de survivre.

Si Macron est réélu, il y aura, en somme, sur la gauche essentiellement un mouvement gauchiste protestataire qui ne peut arriver au pouvoir, et sur la droite deux mouvements qui ne peuvent arriver au pouvoir eux non plus, et peut-être, sur leur flanc, un résidu de ce qui fut le parti gaulliste.

Cela signifiera, si Macron est réélu, que la démocratie en France se trouvera réduite à l’état de simulacre, ce qui est quasiment d’ores et déjà le cas.

Le pays  sera dominé par un vague conglomérat centriste, plutôt à gauche, qui se donne pour but de dissoudre la France dans l’Europe de l’Union Européenne: une structure technocratique fonctionnant comme une nomenklatura et se chargeant de réduire les populations à l’état de plèbe travaillant, consommant, doté de libertés de plus en plus réduites, surveillée, punie si elle s’écarte du chemin tracé par la nomenklatura, dépossédée de ses repères identitaires et culturels, plongée pour cela dans la peur de l‘insécurité, de la pollution et de la maladie et dans le multiculturalisme que l’islamisation fait avancer.

Les débats qui subsisteront en France seront des simulacres, tout comme la démocratie. Les débats en France sont déjà des simulacres.

L’information restera largement aseptisée, ce qui sera logique en ce contexte. L’information est déjà largement aseptisée.

L’économie continuera à décliner, et la France restera le pays où les prélèvements obligatoires et les dépenses gouvernementales sont les plus élevés du monde développé, ce qui signifiera une asphyxie lente et sûre du pays.

Dans l’Index of Economic Freedom publié chaque année par la Herirtage Foundation et le Wall Street Journal, la France est tombée au 51ème rang Mondial derrière des pays tels que l’Albanie. Cela me semble terriblement logique, et cela m’attise pour mon pays de naissance. J’ai quitté la France il y a six ans. Je n’y suis revenu qu’une fois il y aura bientôt trois ans, et j’avais constaté une nette détérioration en trois années seulement. Si j’y reviens pour quelques jours dans les mois qui viennent, je crains de découvrir une détérioration plus nette.

C’est désespérant, oui. J’aimerais que les sondages soient faux. Je crains qu’ils soient exacts. On verra ce qu’il en est dimanche soir.

Je me trompe rarement, mais j’espère très vivement me tromper.

Et j’espère que des millions d’électeurs montreront que je me trompe et que j’ai tort d’être pessimiste.  Tout bien réfléchi, avec réticence (pour les raisons énoncées dans un précédent article), j’irai ce samedi au consulat de Las Vegas voter Éric Zemmour. Si le deuxième tour est celui que je prévois, je n’irai, par contre, pas voter, et j’attendrai 2024 pour voter Donald Trump, sans réticence cette fois.

© Guy Millière pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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