Publié par Jean-Patrick Grumberg le 3 avril 2022
L’ivermectine inefficace contre le COVID-19, dit une nouvelle étude

Certaines personnes ne veulent pas savoir. Lorsqu’elles ont adopté une position, elles refusent toute lecture qui pourrait les inciter à revoir leur jugement. Dois-je pour autant renoncer à vous informer ?



Selon une nouvelle étude publiée mercredi dernier, la plus grande à ce jour en double aveugle et traitement précoce, l’utilisation de l’ivermectine n’a pas entraîné de différence d’hospitalisation par rapport au placebo. La même semaine, le Sénat du Kansas a adopté un projet de loi visant à autoriser les prescriptions d’ivermectine et d’hydroxychloroquine pour le traitement du Covid-19. Tous les pays qui se prétendent libres devraient suivre cet exemple. L’ivermectine ne marche pas. Mais je trouve scandaleux de l’interdire.

Au Brésil, 3 515 personnes ont participé à une étude où un groupe a reçu de l’ivermectine, un groupe a reçu un placebo et un autre groupe a reçu une autre forme de traitement pour le COVID-19.

Dans l’étude randomisée en double aveugle, les chercheurs brésiliens ont comparé des patients — certains recevant de l’ivermectine tandis que d’autres recevaient un placebo — et n’ont constaté aucune différence entre les groupes.

L’étude, publiée dans The New England Journal of Medicine, indique que l’ivermectine ne réduit pas le risque d’hospitalisation lié au COVID-19. Il n’empêche, les croyants n’arrêteront pas de croire. Quelle que soit l’étude, quelles que soient les preuves, ils les refuseront. Aux autres, voici les résultats.

 » Le traitement à l’ivermectine n’a pas réduit l’incidence de l’admission à l’hôpital en raison de la progression du COVID-19 ou de l’observation prolongée aux urgences chez les patients externes ayant reçu un diagnostic précoce du COVID-19 », indique l’étude.

L’étude a révélé que dans la population qui avait besoin d’un traitement, 14,7 % des patients du groupe qui a pris de l’ivermectine ont dû se rendre à l’hôpital, contre 16,3 % dans le groupe placebo, soit inférieur au seuil de variable.

 » Il n’y a vraiment aucun signe d’un quelconque avantage », a déclaré le Dr David Boulware, spécialiste des maladies infectieuses à l’université du Minnesota et l’un des auteurs de l’étude.

« Maintenant que les gens peuvent se plonger dans les détails et les données, on peut espérer que cela détournera la majorité des médecins de l’ivermectine vers d’autres thérapies », a-t-il poursuivi.

En outre, les chercheurs ont examiné des groupes particuliers afin de comprendre si certains patients en ont bénéficié pour une raison ou une autre, comme le fait de prendre l’ivermectine très tôt après avoir été testés positifs au COVID-19. Mais ceux qui ont pris le médicament dans les trois premiers jours suivant un test positif se sont finalement moins bien portés que ceux du groupe placebo. Le médicament n’a pas non plus aidé les patients à se rétablir plus rapidement.

Pourquoi cette étude

Les auteurs cherchent des solutions alternatives au vaccin, qui n’est certes pas très coûteux, mais n’est pas disponible partout, et certains pays du tiers monde ont un besoin vital de médicaments coûtant le tiers du prix du vaccin.

« L’identification de thérapies peu coûteuses, largement disponibles et efficaces contre la Covid-19 revêt une grande importance », expliquent les auteurs de l’étude. « La réadaptation de médicaments existants, largement disponibles, et dont le profil de sécurité est raisonnablement bien compris, est intéressante. »

Que penser des autres essais réalisés ?

Plus de 60 essais randomisés de l’ivermectine pour le traitement du Covid-19 ont été réalisés. Les résultats sont discordants. Divers groupes interprètent les résultats différemment — certains préconisent les avantages de l’ivermectine, d’autres voient qu’il n’y a aucun avantage. Cependant, la plupart des essais étaient de petite taille, et plusieurs ont été retirés de la publication en raison de problèmes de crédibilité : les labos corrompent les chercheurs, mais l’idéologie corrompt tout autant.

Des scientifiques reviennent sur leur décision

Bret Weinstein, ancien professeur de biologie à l’Evergreen State College dans l’État de Washington, a été, avec sa femme Heather Heying, l’une des premières personnes dans le milieu médical à vanter les mérites du médicament en tant que traitement Covid. Il a été l’invité de Tucker Carlson sur Fox News, et de Bill Maher sur HBO.

Cependant, selon le Williamette Week de Portland, Weinstein et Heying ont récemment pris du recul par rapport à l’ivermectine. Le journal rapporte que Weinstein a supprimé toute mention du médicament de son fil Twitter.

Conclusion

Je pense que publier les études sérieuses est très important. Si. cela permet à une personne sur cent qui est assez ouverte d’esprit de changer d’avis, le défi est gagné. Et je pense qu’il est tout aussi important que ce médicament soit totalement autorisé, et accessible sans restriction aux médecins qui désirent le prescrire, et aux malades qui désirent se soigner avec. Des tas de médicaments en vente libre sont dangereux à haute dose, et ça n’a jamais dérangé la société. Ca ne me dérange pas non plus : personne ne peut interdire aux cons de faire des conneries.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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