Publié par Christian Larnet le 17 mai 2022
Aucune gêne : Les migrant musulmans d’Athènes ne veulent pas être mélangés avec les chrétiens : ils veulent leur propre cimetière !

Debout près de la minuscule tombe de son fils de cinq ans dans le cimetière chrétien orthodoxe de Schisto, dans la banlieue d’Athènes, Esfandiyar Fagkiri dit ressentir une « double douleur ».



Non seulement il a perdu l’un de ses cinq enfants, mais la famille afghane ne peut pas le pleurer selon les rituels musulmans car le cimetière est chrétien. Hasibollah Fagkiri a été renversé et mortellement blessé par un camion en janvier 2021 alors qu’il jouait avec d’autres enfants près de l’entrée du camp de migrants de Malakassa, au nord d’Athènes, où il vivait avec sa famille depuis septembre 2020.

Après avoir enterré leur fils, les Fagkiris ont été choqués d’apprendre que son corps devait être exhumé trois ans plus tard, en 2024.

Il s’agit d’une procédure normale dans les cimetières grecs en raison d’un manque chronique d’espace, en particulier dans l’agglomération d’Athènes où vit plus d’un tiers de la population du pays, qui compte plus de 10 millions d’habitants.

Mais pour la famille endeuillée d’Hasibollah, c’était impensable.

L’islam ne permet pas l’exhumation ou la crémation et le corps reste enterré à jamais, a souligné M. Fagkiri.

Mais pour les personnes qui n’ont pas de sépulture familiale payante, « l’exhumation après trois ans est obligatoire », a insisté Dimosthenis Stamatatos, chef d’une association de municipalités proches du cimetière de Schisto.

La Grèce est un pays majoritairement chrétien orthodoxe, et les cimetières musulmans ne se trouvent qu’en Thrace, une région du nord-est du pays près de la frontière gréco-turque, à 750 kilomètres d’Athènes. Cette région abrite une minorité musulmane séculaire, héritage de la présence de l’Empire ottoman dans la région.

À Athènes, le nombre de musulmans était autrefois négligeable, mais la situation a changé à la suite de la crise des réfugiés illégaux de 2015.

Il y a maintenant environ un demi-million de musulmans dans la capitale grecque après des vagues migratoires successives et l’arrivée de milliers de clandestins du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord et du sous-continent indien fuyant la guerre et la pauvreté.

La Thrace est trop éloignée pour que la plupart des familles puissent y enterrer leurs morts, et le coût du transfert des corps est prohibitif.

« Étant donné le coût élevé du transfert des morts en Thrace, le nombre d’enterrements de musulmans dans les cimetières orthodoxes d’Athènes a augmenté ces dernières années », a déclaré Rezai Mohtar, président de la communauté afghane, lors d’une conférence de presse la semaine dernière.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Christian Larnet pour Dreuz.info.

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