Publié par Guy Millière le 4 mai 2022

L’élection présidentielle française ayant eu lieu depuis bientôt deux semaines, il est possible de porter sur elle un regard un peu plus distant.



Emmanuel Macron a donc été réélu. Je l’ai dit, c’était prévisible et prévu. Le scénario était écrit d’avance. Les deux tiers des Français, selon des sondages récents, souhaitaient un autre Président. Leurs vœux n’ont pas été exaucés, par leur propre faute, mais aussi parce qu’ils se sont montrés malléables.  

Les grands médias ont joué leur rôle, qui n’a pas été du tout un rôle d’information.

Eric Zemmour ayant suscité une grande vague d’enthousiasme, il a été beaucoup invité à la radio et à la télévision, mais c’est devenu rapidement visible, c’était pour le diaboliser, et l’opération a réussi. Il a été décrit comme un pétainiste, un fasciste, un raciste, un ennemi des femmes, et j’en passe. Rien n’a été retenu de ses propositions. Son discours expliquant que la France va mourir a eu un impact au début, puis a été enseveli.

S’il avait évité de prêter le flanc à certaines accusations et n’avait pas écrit ou prononcé certaines phrases qui ont été interprétées de manière très malveillante, s’il n’avait pas dit que la France aurait besoin d’un Vladimir Poutine juste avant que celui-ci devienne un criminel génocidaire, cela aurait été infiniment mieux, mais cela n’aurait rien changé. Les diaboliseurs avaient une mission, l’abattre : ils ont accompli leur mission.

Marine Le Pen a été très épargnée pendant toute la campagne, car le but était qu’elle soit au deuxième tour, et le but a été atteint d’autant plus facilement qu’elle s’est employée à tenir un discours insipide, sans saveur, et sans aspérité. Le discours qu’il fallait.

Pendant l’entre deux tours il restait à parachever l’opération, et, Eric Zemmour étant éliminé, la diabolisation a pu se reporter sur Marine Le Pen, et bien qu’elle ait continué à tenir le même discours qu’avant le premier tour, rien n’y a fait : l’expression “extrême droite” s’est abattue sur elle. Emmanuel Macron l’a employée dans chacun de ses discours.

Par peur de paraître agressive dans le débat d’entre deux tours, Marine Le Pen s’est rendue elle-même inexistante et n’a utilisé aucun des angles d’attaque, pourtant nombreux, qu’elle aurait pu utiliser contre son adversaire. Elle a montré qu’elle voulait rester dans l’opposition et ne pas gouverner. Elle est, de toute façon, médiocre et pas du tout à même d’occuper le poste de Président.

Macron est médiocre lui aussi et tient des discours vides, mais il le fait avec la prestance du comédien qui connaît bien son rôle, et il fait davantage illusion ; et puis, les grands médias sont de son côté. Clairement. Nettement.

Il n’a pas eu à rendre compte de son bilan, pourtant catastrophique. Il n’a eu à s’expliquer ni sur le mépris du peuple français et particulièrement sur le mépris des plus pauvres qu’il n’a cessé de montrer, ni sur le recours a la violence mutilatrice face aux gilets jaunes, ni sur les mesures extrêmes prises pendant la pandémie. Il n’a pas eu de contradicteur (ou de contradictrice). Il n’a pas eu à exposer un programme et n’a énoncé que de vagues intentions qui auraient pu paraître inquiétantes si elles avaient été relevées, mais elles ne l’ont pas été.

Ses intentions sont claires : il sera, à l’évidence, couché devant l’islamisation de la France, à plat ventre devant l’écologisme le plus liberticide et le plus coûteux, pas du tout ouvert à la consultation de la population par référendum, autoritaire, prêt à renouer avec le grand enfermement de la population si telle est sa volonté.

Il n’a, je l’ai dit et je le répète, aucune légitimité, car il a été une fois de plus élu par défaut, faute d’adversaire digne de ce nom. Il a pu utiliser le même épouvantail qu’il y a cinq ans, et le fait que l’épouvantail se soit changé en ectoplasme n’a eu aucun effet.

Il a réussi à anéantir les deux grands partis de gouvernement qui existaient avant lui, le parti socialiste et les Républicains.

Il va rester un grand centre gauche qui fonctionnera comme un parti unique ne disant pas son nom, et ce parti sera un fourre-tout informe et sans colonne vertébrale.

Il restera une gauche extrême inéligible occupant le rôle de parti protestataire, et les léninistes, les islamistes et les écologistes les plus radicaux y exprimeront leurs frustrations. Ce qui restait de l’ancien parti socialiste va se fondre dans le parti protestataire sans laisser de trace.

Reconquête aura du mal à continuer à exister. Ce qui restait des Républicains va graduellement disparaître

Il restera aussi ce qui sera défini comme une droite extrême qui ne sera pas une droite extrême, quand bien même on continuera à la définir comme “extrême droite”, et celle-ci sera avant tout le Rassemblement National, qui n’est plus un mouvement de droite, mais un mouvement socialiste vaguement nationaliste. Reconquête aura du mal à continuer à exister. Ce qui restait des Républicains va graduellement disparaître.

L’avenir de la France est facile à définir. Le déclin économique va se poursuivre, la paupérisation aussi.

L’immigration continuera à conduire au changement de peuple. Les zones de non-droit vont grandit et l’islamisation du pays s’accentuer.

La France va se diluer davantage dans l’Union Européenne, donc dans une structure technocratique non démocratique.

Il y aura dans les années à venir une nomenklatura qui avancera vers le monde tel qu’il se trouve défini à Davos.

Il y aura les serviteurs de cette nomenklatura, et ils seront relativistes et multiculturels.

Et il y aura le reste de la population. Une plèbe que la nomenklatura regardera de haut et méprisera. La plèbe travaillera, gagnera difficilement sa vie, se verra demander de se taire.

Si ses membres les plus désespérés se révoltent, ils seront traités comme les gilets jaunes.

Je n’imagine même plus la possibilité d’un sursaut. Je n’ai pas à imaginer des émeutes venues des banlieues : il y en a eu le 1er mai. Il y en aura encore. Souvent. Avec saccages de magasins, de cafés et d’agences bancaires.

Les deux tiers des Français, selon des sondages, souhaitent une cohabitation, donc l’immobilité gouvernementale et une victoire de l’opposition lors des élections législatives. Quelle opposition ? Ce n’est pas dit, et peu importe. Je pense que le parti fourre-tout, informe et sans colonne vertébrale obtiendra une majorité absolue. 

La France est dans une situation extrêmement triste qu’il faut regarder en face.

J’avais écrit un livre sur la France avant la pandémie. Le déclenchement de la pandémie et les conséquences de celle-ci m’ont contraint à le réécrire en prenant en compte la situation nouvelle qui prenait forme.

Ensuite, l’élection présidentielle était trop proche pour que je le publie, car son contenu aurait été nuisible au moral de ceux qui espéraient un changement.

Je savais que l’espoir était vain. Je vais le réécrire une deuxième fois parce qu’il est établi maintenant que tout espoir est vain. Je vais changer son titre sans doute.

Je l’avais appelé Y a-t-il quelqu’un pour sauver la France ?, et je répondais : non, il n’y a personne, et quand bien même il y aurait quelqu’un, il ne parviendrait pas à ses fins. 

Mon analyse est confirmée. Le livre réécrit sera destiné à ceux qui veulent comprendre.

© Guy Millière pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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