Publié par Jean-Patrick Grumberg le 22 mai 2022
La Russie sécurise le dernier bastion de Mariupol, des milliers de personnes se sont rendues

Le ministère russe de la Défense a annoncé vendredi la reddition de la garnison ukrainienne qui défendait l’usine sidérurgique Azovstal, dernier rempart à l’occupation russe de cette ville portuaire critique.



La capture de l’installation s’est accompagnée de la reddition de 2 439 combattants, dont des militants et des militaires ukrainiens, a affirmé Moscou. « Les structures souterraines d’Azovstal où se cachaient les militants sont passées sous le contrôle total des forces armées russes », a annoncé le ministère.

« Le soi-disant ‘commandant’ d »Azov’ a été emmené dans une voiture blindée spéciale en raison de la haine des habitants de Marioupol et du désir de représailles à son encontre », a poursuivi le représentant du ministère de la Défense le général de division Igor Konashenkov.

Le « bataillon Azov », un groupe de militants qui a pris de l’importance dans le conflit du Donbas qui a précédé l’invasion russe, a fait l’objet d’une enquête du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme pour des crimes de guerre. Un rapport de 2016 du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a révélé que les soldats d’Azov avaient violé et torturé des civils lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2014 (1). Le rapport mentionne également des crimes de guerre russes contre les membres du régiment Azov : par exemple, le rapport documente comment un membre du régiment Azov, capturé à Shyrokyne en février 2015, a subi des chocs électriques et on lui a arraché les dents.

Les soldats capturés risquent d’être « durement » traités par les forces russes, car les actions présumées des militants d’Azov ont servi de prétexte à la Russie pour envahir l’Ukraine et à ses efforts pour « dénazifier » le pays. Selon le Guardian, les responsables russes ont précédemment affirmé que les membres d’Azov ne devraient pas pouvoir bénéficier d’un échange de prisonniers.

L’aciérie est restée isolée pendant près d’un mois après la prise par les Russes du reste de la ville, au cours d’une campagne brutale qui a fait de nombreuses victimes civiles, et des présomptions de crimes de guerre ont été évoquées, et des enquêtes sont en cours. Poutine a déclaré le « succès » de Mariupol fin avril, bien que la garnison ait tenu bon pendant des semaines supplémentaires.

La chute de Mariupol libère les troupes russes engagées dans le long siège pour des opérations dans d’autres régions. L’état-major ukrainien a annoncé vendredi que les troupes russes avaient lancé une série d’offensives dans la région contestée de Donbas.

Dans le même temps, Vladimir Poutine a suspendu deux généraux pour l’échec de la prise de Kharkiv et le naufrage du navire de guerre Moskva.

  • Le lieutenant-général Serhiy Kisel, qui commandait la 1ère armée de chars de la Garde, a été suspendu,
  • tout comme le vice-amiral Igor Osipov, qui commandait la flotte russe de la mer Noire.
  • Le chef d’état-major général russe Valeriy Gerasimov, quant à lui, reste probablement en poste, mais il n’est pas certain qu’il « conserve la confiance du président Poutine », selon les services de renseignement.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

  1. https://www.ohchr.org/sites/default/files/Documents/Countries/UA/Ukraine_13th_HRMMU_Report_3March2016.pdf

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