Publié par Gertrude Lamy le 7 mai 2022

Source : Blick

Ceux qui ont besoin de parler à quelqu’un peuvent s’adresser à un aumônier dans l’armée. Jusqu’à présent, il s’agissait uniquement de chrétiens. Bientôt, il y aura le premier aumônier musulman de l’armée.

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L’armée compte 171 aumôniers, qui s’occupent de l’âme des soldats suisses. Muris Begovic en fera bientôt partie. Cet imam de formation sera le premier aumônier de l’armée suisse d’origine musulmane.

Il suit actuellement une formation continue de trois semaines au centre d’instruction de l’armée à Lucerne et effectuera plus tard un stage pratique. Alors que jusqu’à présent, seuls les catholiques, les réformés et, depuis deux ans, les membres d’églises évangéliques, pouvaient devenir aumôniers militaires, deux hommes de confession juive ont été admis pour la première fois au service, ainsi que Muris Begovic, le seul musulman.

À l’école de recrues à 40 ans

Il faut dire que les recrues de confession musulmane sont de plus en plus nombreux. L’armée a discuté de cette mesure pendant des années. Mais le sujet n’a été abordé qu’en 2017 par le commandant de corps de l’époque, Philippe Rebord. Il avait au passage fait peur à l’UDC en se montrant ouvert à la présence d’aumôniers musulmans dans l’armée.

Pour Muris Begovic, ce nouveau poste signifie: entrer à l’école de recrues à 40 ans. L’imam né en Bosnie n’a obtenu le passeport suisse qu’à 28 ans, il a donc dû effectuer l’année dernière une mini-version de l’école de recrues, d’une durée de trois semaines, afin de remplir les conditions militaires pour le service d’aumônerie.

Durant ces semaines à la caserne, il a remarqué que son écoute était d’emblée très demandée au sein de la troupe. «Déjà à ce moment-là, certains se sont approchés de moi et ont demandé un entretien personnel», raconte-t-il.

Pas seulement pour les musulmans

Muris Begovic est directeur de l’association de l’aumônerie musulmane de Zurich et de l’association des organisations islamiques de Zurich. Jusqu’à présent, il assistait les détenus en tant qu’aumônier ou rendait visite aux malades à l’hôpital sur demande. En tant qu’aumônier militaire, il dit vouloir rendre quelque chose à la Suisse. «Je veux servir ces personnes qui servent notre pays».

Contrairement à ce qui a cours dans d’autres armées, il ne sera pas le seul responsable des militaires musulmans. L’armée souligne que chaque aumônier est là pour tous, indépendamment de la religion. Un aumônier est affecté à chaque troupe. «Mais s’il y a des questions spécifiques à l’islam, je suis bien sûr à disposition», dit Muris Begovic.

Les aumôniers très demandés pendant le Covid

Selon l’armée, la demande de soutien spirituel au sein de ses propres rangs a tendance à augmenter ces dernières années. Selon l’aumônier en chef de l’armée Samuel Schmid, ses hommes auraient effectué plus de 10’000 interventions rien que pour les troupes en service d’appui durant le Covid.

Il peut s’agir par exemple d’entretiens avec des recrues qui ont un chagrin d’amour ou qui ne supportent pas la cohabitation dans la caserne. Mais les aumôniers de l’armée sont également présents dans les bons moments, conseillent les cadres ou organisent des moments de réflexion. Il ne s’agit de thèmes religieux ou spirituels que dans une minorité de cas, dit Samuel Schmid.

L’ouverture de l’aumônerie militaire aux musulmans et aux juifs n’est qu’un début, souligne son directeur. Des discussions sont déjà en cours avec d’autres communautés religieuses. Il est donc bien possible qu’il y ait bientôt des aumôniers bouddhistes ou hindous dans l’armée.

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