Publié par Jean-Patrick Grumberg le 28 mai 2022
Enquêteur spécial John Durham

Le premier procès (il y en aura d’autres), de l’enquêteur spécial John Durham, sur les origines du récit désormais débunké de la collusion de Trump avec la Russie, vient de commencer. Les médias n’en font pas leurs gros titres, ils ne veulent pas que le monde suive ce procès historique : des Démocrates sont sur le banc des accusés. Dreuz vous devait de couvrir l’affaire : c’est pour ce genre d’informations que nous existons.



L’ancien procureur Joe diGenova sur l’enquête Durham : « C’est une très grosse affaire. Il est en train d’enquêter sur le plus grand crime de l’histoire américaine »

En septembre 2021, après de longs mois qui m’ont fait penser que Durham, pourtant nommé durant la présidence Trump, faisait un travail de pacotille et qu’il était une créature du marécage, Durham a inculpé l’avocat Michael Sussmannn, un proche de Clinton, pour avoir menti au FBI dans le dossier russe.

En 2016, avant l’élection, Sussmannn a déclaré à James Baker, alors conseiller juridique général du FBI, qu’il lui apportait les preuves de la collusion en tant que « simple citoyen », un simple lanceur d’alerte, un bon samaritain – alors qu’en réalité, il travaillait et était rémunéré par la campagne Clinton, et que c’est lui qui a fait fabriquer le hoax sur une collusion entre le candidat Trump, et une banque russe agissant comme écran.

Comble du comble de l’hypocrisie, non seulement Sussmann n’était pas le « citoyen anonyme et concerné » qu’il prétendait être, mais il avait même facturé la campagne Clinton pour ce rendez-vous avec le FBI, où il a déclaré à l’agence n’avoir aucun lien avec Clinton ! Et comme rien n’arrête un homme de gauche qui considère que la fin justifie les moyens, durant le second jour du procès, ses avocats ont affirmé que la campagne Clinton ne voulait pas qu’il aille voir le FBI !

C’est son procès qui commence. C’est une pelote de laine, elle commence par Sussmannn. Durham tire le fil et remonte jusqu’à la source, jusqu’aux donneurs d’ordres. C’est sa mission officielle.

Avertissement

Je vais tenter, durant les quelques semaines que va durer le procès, d’être le plus clair possible, le plus didactique possible. Mais il y a beaucoup de pièces mobiles, d’acteurs multiples, de conspirations et de manipulations, et vous devrez vous poser pour lire et comprendre ce rapport et ses implications. Les médias ne pourront pas éviter de parler des scandales de corruption au plus haut niveau qui vont être révélés. Vous serez informés, contrairement au grand public.

  • Robert Mueller a enquêté, sur mandat du Deep State qui a piégé Trump, pour découvrir une collusion russe, il n’a rien trouvé.
  • John Durham enquête, sur mandat du ministre de la Justice du président Trump, Bill Barr, à la demande de Trump, pour découvrir qui a donné l’ordre de fabriquer la fausse affaire, qui a conduit à espionner Trump et sa campagne.

Qui sont les vrais coupables ? La Maison-Blanche de Barack Obama ? Obama lui-même ? Hillary Clinton ? Le parti démocrate ? Tous ? Qui a inventé, mis en place, impliqué le FBI et la CIA pendant trois ans sur l’accusation de collusion entre Donald Trump et la Russie ?

Durham a pris son temps, il ne lâche pas l’affaire. Il avance, et trouvera. J’espère qu’il ne finira pas nismanisé*.

Sussmannn plaide non coupable. S’il est reconnu coupable, il risque jusqu’à cinq ans de prison. C’est un petit poisson. Durham vise les gros bonnets. Ils vont tomber comme des mouches.


Vendredi 27, dernier jour du procès

Le jury a commencé ses délibérations vendredi après les plaidoiries. Le juge a quitté le tribunal pour le week-end, de sorte qu’un verdict ne devrait pas être rendu avant mardi au plus tôt, après le long weekend de Mémorial Day.

Avant de lever la séance jeudi, le juge Christopher Cooper a donné des instructions au jury. Les jurés s’en serviront pour décider de la condamnation ou de l’acquittement de Sussmann pendant les délibérations, qui ont commencé vendredi.

Lors des plaidoiries finales, la défense et l’accusation se sont accusées mutuellement de s’engager dans une affaire de « poudre aux yeux ».

1L’avocat de la défense, Sean Berkowitz, a commencé sa plaidoirie par une analogie avec le tour de magie réalisé par le magicien David Copperfield en 1983, consistant à faire disparaître la statue de la Liberté. Il a comparé le tour de passe-passe utilisé par Copperfield pour faire croire à son public que la Statue de la Liberté avait disparu au « tour de magie » de l’accusation consistant à transformer une rencontre entre Sussmann et Baker en de graves accusations mettant en jeu la liberté de son client.

2 Le procureur Andrew DeFilippis, de l’équipe du procureur spécial John Durham, a commencé par dire qu’il était normal pour la défense de commencer sa plaidoirie en parlant de tour de magie, car c’est ce qu’ils ont fait en « essayant de légitimer un mensonge ». Sussmann a plaidé non coupable de l’accusation de mensonge. S’il est reconnu coupable, il risque jusqu’à cinq ans de prison.

3 Les deux parties ont discuté des éléments qui doivent être satisfaits pour qu’il y ait condamnation, à savoir que le jury doit considérer, au-delà d’un doute raisonnable, que Sussmann, l’ancien procureur fédéral et membre de la campagne Clinton, a fait une fausse déclaration au FBI.

Pour déterminer que Sussmann a fait une fausse déclaration, il faut :

  1. Qu’il ait fait une déclaration ;
  2. Qu’il ait fait une déclaration fausse, fictive ou frauduleuse ;
  3. Que la déclaration soit importante ;
  4. Qu’il s’agissait d’une conduite consciente et délibérée ; et
  5. Que l’affaire relevait de la compétence du gouvernement américain.

« Le gouvernement doit prouver au-delà de tout doute raisonnable » cinq faits, a expliqué la vieille le juge Cooper, à savoir que

  1. « le 19 septembre 2016, le défendeur a fait une déclaration ou une représentation » ;
  2. « la déclaration ou la représentation était fausse, fictive ou frauduleuse » ;
  3. « cette déclaration ou représentation était importante » ;
  4. « la déclaration fausse, fictive ou frauduleuse a été faite sciemment et volontairement » ; et
  5. « la déclaration ou la représentation a été faite dans une affaire relevant de la compétence de la branche exécutive du gouvernement des États-Unis. »

La condamnation, à Washington, d’un membre du marécage de Washington est peut-être irréaliste…

  • Le procès se déroule devant le tribunal fédéral du district de Columbia, ce qui signifie que le jury est composé de résidents de la ville très progressiste de Washington, D.C.
  • En 2016, les électeurs de D.C. ont préféré Clinton à Trump à 90,9 % contre 4,1 %.
  • L’équipe du conseiller spécial John Durham s’est opposée à la présence d’un donateur de Clinton dans le jury après que l’homme a déclaré qu’il « s’efforcerait d’être impartial du mieux que je peux. » Toutefois, les procureurs ont été renversés par M. Cooper, qui a déclaré que le partisan de Clinton avait « exprimé un haut degré de confiance » qu’il ne serait pas partial.
  • Environ un tiers des jurés potentiels interrogés par les procureurs et les avocats de la défense ont déclaré qu’ils avaient soit fait des dons à la campagne de Clinton, soit travaillé dans les banques téléphoniques pour elle, soit fait d’autres choses pour soutenir sa candidature, a rapporté le Washington Times.
  • D’autres ont dit qu’ils pensaient avoir fait des dons à la campagne de Clinton mais qu’ils n’en étaient pas sûrs.
  • Au moins trois donateurs de la campagne Clinton ont fait partie du groupe de jurés,
    • Des membres du jury sont de partisans d’Alexandria Ocasio-Cortez,
    • L’un est un partisan du définancement de la police.
    • La fille d’un juré fait partie de la même équipe du lycée que la fille de Sussmann.
  • Le juge qui supervise le procès, le juge Christopher Cooper, a été nommé par l’ancien président Barack Obama.
  • Sa femme représente l’ex-avocate du FBI Lisa Page, une figure clé de l’enquête sur la collusion entre Trump et la Russie, aujourd’hui discréditée, et c’est le FBI qui se retrouve très impliqué dans ce procès.
  • Les jurys de D.C. sont généralement beaucoup plus sévères pour les accusés républicains.

Enfin, le juge Cooper a déclaré que lui et Sussmann étaient des « connaissances professionnelles » lorsqu’ils étaient au ministère de la Justice dans les années 1990.


Jeudi 26, avant dernier jour du procès

Les délibérations du jury commenceront soit vendredi après-midi après-midi, soit mardi. Le jury pourrait décider de commencer ses délibérations vendredi après-midi. Cependant, le juge partant pour le week-end à 14h30, le verdict ne devrait pas être rendu avant mardi au plus tôt.

Quel que soit le verdict du procès de Michael Sussmann, les faits qui s’imposent à nous sont que l’enquête du FBI sur la collusion Trump-Russie que Sussmann a déclenchée était truffée de secrets et de mensonges, et Durham se servira de toutes les révélations de ce procès pour la suite de ses poursuites pénales.


Mercredi 25 mai

1 Lors d’un témoignage explosif mardi, un agent du FBI, Curtis Heide, a déclaré que les hauts responsables du FBI étaient « gonflés à bloc », et qu’ils ont insisté pour poursuivre l’enquête sur les allégations d’un lien secret entre Trump et Poutine via l’Alfa bank, bien qu’ils aient appris que cette histoire n’était pas fondée.

Heide était le co-agent chargé de l’enquête sur l’allégation selon laquelle il existait un canal de communication secret entre la Trump Organization et l’Alfa Bank, liée au Kremlin. Il a témoigné mardi que ses patrons du bureau l’ont poussé à continuer l’enquête, alors que l’accusation s’était avérée fausse.

2 La révélation de mercredi concerne des clés USB. Elle a été présentée par Kori Arsenault, auxiliaire juridique de l’équipe d’accusation, qui a examiné les factures et les relevés téléphoniques dans cette affaire.

Affirmant avoir contacté le FBI en tant que « citoyen concerné », Sussmann a acheté et facturé à la campagne deux clés USB sur lesquelles il a stocké les données qu’il a présentées au bureau, et qui prétendaient prouver que Trump avait un canal secret avec Poutine, a déclaré mercredi un témoin de l’accusation.

Son témoignage a eu lieu le dernier jour de la présentation des arguments de l’accusation. Le procès a commencé le 17 mai et doit se terminer vendredi.

Dans le rapport de dépenses de Perkins Coie qu’Arsenault a présenté au tribunal, Sussmann a facturé la campagne Clinton pour deux clés USB qu’il a achetées dans un magasin Staples le 13 septembre 2016, soit six jours avant sa rencontre avec Baker.

Un formulaire de décaissement à la campagne Clinton de Perkins Coie, chez qui Sussman était associé, indique que les clés USB étaient destinées au « stockage sécurisé de fichiers ».

3 L’équipe de défense a également appelé des témoins mercredi, dont l’ancien agent du FBI Tom Grasso, qui a travaillé avec Joffe et a déclaré qu’il considérait Joffe comme un ami. Rodney Joffe était à l’époque le dirigeant de la société technologique Neustar qui a piraté les serveurs de la campagne Trump.

Grasso a déclaré que Joffe lui avait donné des informations sur le complot Trump-Russie, aujourd’hui démenti, en plus de celles qui avaient été transmises au bureau par Sussmann.

Joffe a donné à Grasso deux adresses IP qu’il a finalement transmises au bureau du FBI de Chicago. Grasso a déclaré qu’il savait que Joffe était une source humaine confidentielle du FBI à l’époque et qu’il avait un responsable au sein du FBI, mais qu’il l’avait contourné et n’était pas passé par lui, pour la transmission de ces douteuses informations.

Selon Grasso, Joffe ne voulait pas que son nom soit révélé au FBI parce qu’il craignait pour sa sécurité personnelle concernant les allégations. Grasso a également déclaré que s’il avait déjà travaillé avec Joffe à plusieurs reprises, c’était généralement dans le domaine de la cybercriminalité et qu’il était inhabituel de travailler avec lui dans le domaine du contre-espionnage.


Mardi 24 mai – le FBI a poursuivi l’enquête sachant que les allégations étaient non fondées

Le procès doit se terminer vendredi, après deux semaines. C’est la première fois qu’il est admis que des agents du FBI risquent une responsabilité pénale.

L’agent du FBI Curtis Heide a témoigné mardi.

  • Début octobre 2016, moins de deux semaines après l’ouverture de l’enquête, les allégations selon lesquelles il existait un canal de communication secret avec le Kremlin entre la banque et la Trump Organization semblaient déjà ne plus être fondées au vu des preuves, a témoigné Heide.
  • Le 19 septembre 2016, deux jours après que Baker a reçu les allégations d’un lien secret entre Trump et Le Kremlin, Heide a été informé dans un message par l’agent du FBI Joe Pientka, qui était le superviseur dirigeant l’enquête Crossfire Hurricane sur la collusion entre Trump et la Russie, que la haute direction était « déchaînée » au sujet des serveurs d’email d’Alfa Bank et de la Trump Organization et que ne pas ouvrir une enquête n’était pas une option.
  • Heide, qui fait également l’objet d’une enquête par Durham, a donc aidé participé à l’ouverture de l’enquête sur l’Alfa Bank le 23 septembre 2016, environ une semaine après que Sussmannn ait apporté des « preuves » à Baker, dans le cadre du plus grand complot de collusion Trump-Russie qui a depuis été démenti.
  • Heide a témoigné devant le tribunal qu’il fait l’objet d’une enquête pour ne pas avoir remis des preuves disculpatoires liées au complot de collusion, dont Durham tente de démêler les origines.
  • Selon un email du 3 octobre 2016 de Heide, qui faisait partie de la branche du FBI de Chicago à l’époque, il voulait interroger la source anonyme qui avait fourni les informations sur la collusion présumée parce que « l’enquête arrivait à la conclusion logique que les allégations semblaient ne pas être fondées ».
  • Néanmoins, L’agent du FBI Curtis Heide a déclaré mardi que sa seule option concernant les allégations sur l’Alfa Bank de Russie était d’ouvrir une enquête, car le siège du bureau lui avait donné l’ordre de le faire. Le siège du FBI savait que le dossier était faux, et a tout de même ordonné la poursuite de l’enquête.

2e semaine – La tête du FBI impliquée dans un double mensonge

Lundi, les procureurs ont appelé deux témoins du FBI qui ont déclaré que s’ils avaient su que la source des allégations d’une ligne directe secrète entre Trump et la Russie faisait partie intégrante de la campagne Clinton, cela aurait influencé l’approche de l’enquête du bureau sur les accusations de collusion, désormais démenties. Sauf que le FBI leur a caché qui était la source de l’information.

Durham, je l’ai expliqué, voit plus large que cette prise. Ses efforts pour prouver le mensonge de Sussmannn au FBI est destiné à faire tomber tout le château de cartes. L’accusation a donc fait témoigner lundi l’agent du FBI Ryan Gaynor et l’ancien agent du FBI Allison Sands. Tous deux ont été impliqués dans l’enquête sur l’allégation d’Alfa Bank.

1 Gaynor a déclaré que s’il avait su que Sussmannn représentait le DNC et Hillary Clinton, il ne se serait pas porté volontaire pour participer à l’enquête. De plus, s’il avait sur que Sussmannn était payé par le DNC ou la campagne Clinton, cela aurait eu selon lui un impact sur la façon dont l’enquête a été ouverte. Malheureusement, la rétention de l’identité de Sussmannn par ses supérieurs hiérarchiques l’a empêché d’en discuter avec la branche de Chicago qui enquêtait sur Alfa Bank.

2 Sands a témoigné qu’elle avait été informée que l’enquête avait commencé par un renvoi d’informations du ministère de la Justice. C’était un mensonge : cela est parti du FBI par James Baker, qui l’a déclaré lors des auditions précédentes, et a eu l’information d’un membre de la campagne Clinton qu’il n’a pas soupçonné d’agir pour le compte de la campagne (un peu tiré par les cheveux). Ce n’est que plus tard qu’elle a appris que l’information provenait en fait de l’avocat général du FBI de l’époque, James Baker. Cependant, elle n’a pas non plus été mise au courant qu’un tiers anonyme avait donné l’information à Baker, et encore moins que le tiers en question travaillait pour Clinton et la campagne Démocrate.

Sands a déclaré que le fait de connaître la source de l’information l’aurait aidée à évaluer sa crédibilité. Sands a expliqué que le fait qu’on lui ait dit que l’information provenait du DOJ lui a donné plus de poids que si quelqu’un s’était simplement présenté au FBI avec les informations. Elle a ajouté que si l’information n’était pas passée par le ministère de la Justice, elle n’était pas certaine qu’elle aurait déclenché une enquête complète.

3 La direction du FBI a agi comme un agent double. Sands a déclaré au cours du contre-interrogatoire que le siège du FBI lui avait dit qu’il travaillait pour permettre au bureau de Chicago d’interroger la source de l’information (le canal secret entre Trump et Le Kremlin). Et le bureau de Chicago n’a jamais été informé qu’il pouvait interroger cette source. En fait, le nom de la source – Sussmann – a été caché au bureau de Chicago.

Elle a ajouté que le fait de pouvoir interroger la source [Sussmann] lui aurait facilité la tâche au lieu de devoir reconstruire les données à partir de zéro pour vérifier l’allégation.

Gaynor a lui aussi déclaré que le bureau local du FBI à Chicago, qui enquêtait sur l’allégation de l’Alfa Bank, voulait interroger la source de l’allégation mais ne pouvait pas le faire en raison d’une « interdiction » de la part de la direction du FBI, ce qui a empêché Gaynor de dire à ces agents que Sussmannn était la source.

4 La raison qui a déclenché 3 ans d’enquête sur un lien entre Trump et la Russie, était en réalité un email de spam ! Gaynor a déclaré que le FBI a examiné les logs de données entre les serveurs d’email de la Trump Organization et de l’Alfa Bank et a finalement conclu que les communications présumées provenaient en fait de Central Dynamics, une société de marketing qui envoie du spam.

5 La conclusion en ce début de seconde semaine est assez remarquable. Durham a énormément avancé en une semaine, et a montré que son équipe maîtrise le dossier sur le bout des doigts, et frappe exactement là où il faut, et ça fait très mal.

  1. Nous savons que l’accusation selon laquelle Donald Trump avait un canal secret avec la Russie pour voler les élections de 2016 est fausse.
  2. Nous savons que cette accusation a été remise au FBI par un membre de la campagne Clinton, qui lui a caché qu’il travaillait pour Clinton.
  3. Nous savons qu’Hillary Clinton elle-même, alors que son équipe doutait de la réalité de cette complicité, l’a tout de même transmise aux médias, et qu’un an plus tard, elle continuait à parler de ces liens entre Trump et la Russie.
  4. Nous savons que le journaliste qui a publié l’affaire n’a pas voulu faire son travail, et enquêter pour savoir si elle était vraie.
  5. Nous savons maintenant que le FBI a doublement menti à ses agents en leur empêchant d’apprendre que l’information venait d’un membre de la campagne Clinton, en leur faisant croire que l’information venait du DOJ pour lui donner plus de crédibilité, en leur disant que l’agence de Chicago, qui enquêtait sur Alfa Bank, enquêtait sur la source de l’information, alors que la direction du FBI a caché à cette agence le nom de la source.

Ce que nous ne savons pas (pas encore) :

  • Qui au FBI a bloqué le nom de Sussmann pour que les agents ne puissent pas faire leur travail d’enquête ? Pourquoi ?
  • Qui au FBI a menti en affirmant que la source était le DOJ et non le FBI lui-même, et qu’il tenait l’information d’un membre de la campagne Clinton.
  • Le FBI a-t-il vraiment cru que Sussmann venait en tant que « simple citoyen concerné » apporter les « preuves » d’un lien secret entre Trump et Poutine par l’intermédiaire de l’Alfa Bank, ou savait-il dès le début qu’il s’agissait d’un membre de l’équipe de la candidate démocrate ?

5e jour – un coup de tonnerre s’est produit

Le procès est tellement important, tellement fondamental et dangereux pour exposer la corruption démocrate, que Twitter a supprimé les tweets concernant le procès pendant toute la semaine, ce qui fait que même les Américains n’en savent pas autant que vous, lecteurs de Dreuz.

  • Récapitulatif : ce qu’on l’on a appris jusqu’à présent :

1 Hillary Clinton a personnellement approuvé la diffusion d’informations, aujourd’hui démenties, établissant un lien entre Donald Trump et une banque soutenue par le Kremlin à l’approche de l’élection de 2016, a témoigné vendredi devant la justice l’ancien directeur de campagne de Clinton, Robby Mook.

À une époque où la chasse à la désinformation est devenue l’obsession politique des médias, il est intéressant de constater qu’ils ont totalement épargné Hillary Clinton de répondre du rôle qu’elle a joué dans la diffusion du faux récit de collusion avec la Russie qui a saisi l’Amérique pendant près de trois ans.

Vendredi, cette esquive aurait pris fin si les médias avaient rapporté ce que vous vous apprêtez à lire.

2 Un témoin d’autant plus improbable qu’il est le témoin de la défense. L’ancien directeur de campagne Robby Mook, qui est supposé, en tant que témoin de la défense, aider l’ancien avocat de la campagne Clinton Michael Sussmannn, a fait une révélation explosive. Lors du contre-interrogatoire par l’équipe de l’avocat spécial John Durham, Mook a été forcé de concéder deux faits extraordinaires.

  • Premièrement, la campagne Clinton n’était pas « totalement confiante » quant à l’exactitude des données informatiques suggérant que Donald Trump disposait d’un canal de communication secret avec le Kremlin via l’Alfa Bank de Russie.
  • Et deuxièmement, Hillary Clinton a personnellement approuvé la diffusion de l’histoire aux médias, malgré les doutes quant à son exactitude.

« J’ai discuté avec Hillary », a témoigné Mook. « Je ne me souviens pas de la substance de la conversation, mais en pratique, la discussion était, ‘hé, nous avons ça et nous voulons le donner à un journaliste », a déclaré Mook.

Les procureurs ont demandé à Mook si Clinton avait approuvé la divulgation de l’histoire aux médias.

« Elle était d’accord », a déclaré Mook.

3 Ce témoignage confirme ce que le directeur de la CIA John Brennan a dit secrètement au président Barack Obama en juillet 2016 et ce que la CIA a ensuite dit au FBI deux mois plus tard : Il y avait des renseignements selon lesquels Clinton avait approuvé un plan pour salir Trump avec des allégations fausses sur la Russie afin de détourner l’attention de son propre scandale de serveur email. Obama n’a pas mis fin à cette opération qui impliquait son administration.

4 Kevin Brock, l’ancien directeur adjoint du FBI chargé du renseignement, a qualifié la révélation de Mook de « témoignage étonnant, d’autant plus qu’il était un témoin de la défense. »

« En apparence, cela ressemble à une victoire majeure pour John Durham », a déclaré Brock. « N’oubliez pas qu’il essaie de peindre une image globale ici. Sussmannn est juste un pixel sur cette photo.

« Le procès est le véhicule que Durham utilise pour faire ressortir la vérité, pour raconter l’histoire d’une campagne politique qui, dans deux cas, a poursuivi des informations totalement fabriquées ou du moins mal interprétées avec le lien entre Alfa Bank et Trump et a utilisé cette désinformation pour tromper l’électeur américain », a-t-il ajouté.

Lentement, pendant six ans, l’histoire de la collusion avec la Russie a été exposée pour ce qu’elle était : une gigantesque corruption politique dans lequel des personnalités très crédibles ayant des liens étroits avec les forces de l’ordre, les services de renseignement et les médias ont été payées par la campagne Clinton pour mentir et inonder le FBI, la CIA et le public d’allégations non prouvées selon lesquelles Trump était secrètement de connivence avec la Russie pour voler l’élection à Clinton.

5 De multiples publications de preuves montrent qu’Hillary Clinton elle-même était impliquée dans le faux récit – du début à la fin. Fin juillet 2016, alors que le plan était mis en œuvre, la CIA disposait de suffisamment de preuves provenant d’interceptions russes pour que Brennan aille voir Obama et l’avertisse que Clinton elle-même avait approuvé la diffusion de la fausse collusion avec la Russie.

Selon les notes de Brennan de ce briefing, Obama a été informé des renseignements selon lesquels Clinton a personnellement approuvé un plan « de l’un de ses conseillers en politique étrangère pour vilipender Donald Trump en provoquant un scandale prétendant l’ingérence des services de sécurité russes » dans l’élection.

Quand, début septembre 2016, la CIA envoie au directeur du FBI James Comey et à d’autres personnes le même avertissement qu’elle a donné à Obama, à savoir que Clinton a approuvé un plan visant à lier Trump à la Russie pour détourner l’attention de son scandale des emails, ni Obama, ni les directeurs du FBI, de la CIA et du département de la Justice ne bronchent.

6 Clinton et son principal conseiller en politique étrangère, aujourd’hui conseiller à la Sécurité nationale de Biden, Jake Sullivan, ont lancé cette histoire sur les médias et les médias sociaux quelques jours avant l’élection de Trump.

« Des informaticiens ont apparemment découvert un serveur secret reliant la Trump Organization à une banque basée en Russie », a tweeté Mme Clinton après la parution du premier article sur ces allégations dans la presse, partageant une déclaration de M. Sullivan, qui faisait semblant de découvrir une information de la presse que Clinton avait elle-même distribuée.

« Cela pourrait être le lien le plus direct à ce jour entre Donald Trump et Moscou », a déclaré Sullivan en référence à l’article. « Cette ligne directe secrète pourrait être la clé pour percer le mystère des liens de Trump avec la Russie. … Nous ne pouvons que supposer que les autorités fédérales vont maintenant explorer ce lien direct entre Trump et la Russie dans le cadre de leur enquête existante sur l’ingérence de la Russie dans nos élections. »

7 Dans les mois qui ont suivi, le FBI a démoli à plusieurs reprises l’histoire de l’Alfa Bank, quand il a réalisé qu’elle était fausse. Et pourtant, un an plus tard, après que Clinton elle-même ait mis en branle cette fausse histoire, elle est revenue à la charge dans une interview avec Susan Page de USA Today.

« Il y avait certainement une communication, et il y avait certainement une sorte d’entente », a déclaré l’ancienne première dame.

Lorsque Mme Page, qui savait que l’information était fausse et avait été débunké, a insisté pour savoir si l’histoire de collusion était réelle, Mme Clinton s’est enfoncée dans le mensonge, et a déclaré qu’elle en était convaincue. Au passage, si elle a perdu les élections de 2016, c’est parce que les Américains ne la considèrent pas comme une personne honnête, mais corrompue.

« Je pense que les preuves sont très convaincantes que quelqu’un a dû aider à diriger et à coordonner les actions des Russes », a-t-elle ajouté. « Et c’est ce que les membres du Congrès et l’avocat spécial essaient de faire pour aller au fond des choses. J’en suis convaincue. »

Les preuves sont désormais complètes qu’Hillary Clinton était du début à la fin le maître d’œuvre de la fausse histoire de collusion avec la Russie. Mais Durham n’a pas dit son dernier mot…


Quatrième jour – jeudi 19 mai

1 Demande d’annulation du procès pour vice de procédure. Le procès a repris jeudi, le juge Christopher Cooper ayant rejeté la demande d’annulation du procès formulée par la défense pour vice de procédure. Mercredi en effet, l’équipe juridique de Sussmannn a déposé une demande d’annulation du procès après que le principal avocat de la campagne Clinton, Marc Elias, a déclaré qu’il faudrait demander à Sussmannn lui-même s’il s’est adressé au FBI au nom de la campagne Clinton.

Au cours du contre-interrogatoire d’Elias par la défense, ce dernier a déclaré qu’il faudrait demander à Sussmannn lui-même s’il a transmis l’accusation des liens entre Trump et Alfa Bank au FBI au nom de la campagne Clinton. Cependant, Elias a dit que, « de mon propre point de vue, non, Sussmannn n’a pas agi au nom de la campagne ».

Puisque Sussmannn ne témoignera pas pendant le procès, on ne peut pas lui demander s’il est allé ou non voir le FBI au nom de la campagne Clinton, et la défense ne veut pas qu’il apparaisse comme coupable pour ne pas avoir témoigné.

La défense a donc affirmé que Elias a répondu à une question que l’accusation n’était pas autorisée à poser, et a demandé l’annulation du procès pour vice de procédure.

Le juge Christopher Cooper a déclaré qu’il n’était pas enclin à accorder un vice de procédure et a demandé à la défense de se préparer à interroger les témoins jeudi.

2 Mercredi, au troisième jour du procès, Baker a déclaré qu’il avait compris que Sussmannn représentait le DNC et la campagne Clinton dans des affaires cybernétiques, mais pas dans des affaires politiques. C’était, au mieux, ténu.

Baker a déclaré qu’il n’était « pas après Michael », qu’il a décrit comme un ami et un collègue. Baker a souligné que l’enquête Durham est l’enquête de l’accusation, pas la sienne, et qu’il a témoigné sur le texte que Sussmannn lui a envoyé pour organiser leur réunion.

Le texte de Sussmannn à Baker du 18 septembre 2016 se lit comme suit :

« Jim – c’est Michael Sussmannn. J’ai quelque chose de sensible en termes de temps (et de sensibilité) dont je dois discuter. Avez-vous de la disponibilité pour une courte réunion demain ? Je viens de mon propre chef – pas au nom d’un client ou d’une entreprise – je veux aider le Bureau. Merci. »

Baker a confirmé jeudi que Sussmannn lui a dit qu’il ne représentait aucun client lorsqu’il lui a fait part des allégations d’un canal de communication secret entre la Trump Organization et le Kremlin par l’intermédiaire de la banque russe Alfa Bank.

Baker a dit jeudi qu’il se souvenait à « 100% » que Sussmannn lui a dit qu’il n’agissait pas au nom d’un client. Baker pensait que Sussmannn apportait ces informations en tant que « bon citoyen ».

Baker a déclaré que l’agence enquêtait déjà sur des liens potentiels de la campagne Trump avec la Russie, et que ces informations étaient donc préoccupantes.

Il a également indiqué que Sussmannn a déclaré avoir obtenu ces informations auprès d’experts sérieux en cybersécurité.

Baker dit qu’il a informé Bill Priestap, alors directeur adjoint de la division du contre-espionnage du FBI, de la réunion avec Sussmannn.

Priestap a écrit dans ses notes que Sussmannn était un avocat du Comité national Démocrate mais qu’il ne donnait pas d’informations au nom d’un client. Priestap a également noté qu’un article serait publié dans les jours suivants sur l’allégation et qu’un autre serait publié dans trois à quatre semaines.

L’avocate générale adjointe principale du FBI de l’époque, Trisha Anderson, a également indiqué dans ses notes de la réunion de Baker avec ses adjoints que Sussmannn avait donné l’information non pas au nom d’un client, mais en son nom personnel, en tant que « bon samaritain ».

3 Un des jurés a déclaré à la cour que sa fille et la fille de Sussmannn font partie de la même équipe à l’école, composée d’environ 30 filles. Les filles sont dans des années différentes, et le juré n’a pas rencontré les Sussmannn. L’accusation a demandé l’expulsion du juré, ce que le juge a refusé.

Le juge Cooper a dit que le lien n’était pas si étroit qu’il affecte la partialité du juré. Il a ajouté que le juré n’était pas au courant du lien lorsqu’il a rempli son questionnaire, qu’il en a informé la cour lorsqu’il a appris l’information, et qu’il a assuré la cour que le lien ne lui porterait pas préjudice. Autrement dit, s’il vote pour envoyer en prison le père de la copine de sa fille, ladite copine ne se retournera pas contre la fille du juré, et sa fille ne lui en voudra pas ? On est dans un film, et pourtant, c’est la réalité.

4 Jonathan Turley, professeur de droit à l’université George Washington, a dénoncé la sincérité du témoignage d’Elias de mercredi, selon lequel il (donc la campagne Clinton qu’il représentait) n’avait pas suffisamment confiance dans le FBI pour aller les voir avec l’allégation d’Alfa Bank, ceci dans le but de laisser la faute sur Sussmann et d’innocenter Clinton d’avoir transmis un hoax fabriqué de toutes pièces.

« Elias a déclaré qu’il n’aurait jamais approuvé l’envoi de ce matériel au FBI parce qu’il ne faisait pas confiance au FBI ou à Comey. Pourtant, c’est précisément ce que la campagne a fait avec le dossier Steele. »

Dans un fil Twitter mercredi, le professeur de droit a relevé le parallèle entre les deux aspects du dossier :

  • le dossier Steele et l’affaire Alfa Bank sont des faux,
  • Ils ont tous les deux été fabriqués sur demande de la campagne Clinton,
  • Ils ont tous les deux été envoyés à la fois au FBI et aux médias,
  • Dans les deux cas, la campagne Clinton a nié avoir le moindre lien et le moindre rapport avec ces faux.

« Le dossier Steele et les affirmations de la banque Alfa montrent les deux mêmes schémas : de fausses affirmations envoyées à la fois au FBI et aux médias, tandis que la campagne Clinton a nié toute connexion. »

Turley a également rappelé dans un autre tweet que :

« Tout de même, la FEC a infligé une amende à la campagne [Clinton] pour avoir dissimulé le financement du dossier Steele par son avocat Perkins Coie. C’était le compte supervisé par Elias au sein du cabinet [d’avocats). »

5 James Baker a rejeté les efforts de la défense visant à dépeindre le conseiller spécial John Durham comme une « brute menaçante ».

Lors du contre-interrogatoire de la défense, Baker a nié que Durham l’ait menacé de l’accuser de parjure.

L’avocat de Sussmannn, Sean Berkowitz, a demandé à Baker, si Durham l’avait menacé de l’accuser de parjure pour avoir fait une déclaration inexacte sous serment au bureau de l’inspecteur général du ministère de la Justice. Baker a répondu qu’il n’avait pas été menacé par Durham. La défense a accusé le coup : les Démocrates, ici, espéraient faire les gros titres des médias, qui sont en embuscade, dépeignant Durham comme celui qui obtient des aveux par les menaces, sous-entendu, toutes les accusations sont fausses car les aveux ne sont obtenus que par extorsion.

Berkowitz faisait référence aux commentaires de Baker après son témoignage devant le Bureau de l’Inspecteur général du Ministère de la Justice. Il avait dit que ses déclarations étaient « inexactes », « imprécises » et une « erreur », mais pas un mensonge, car il ne faisait que résumer ce qu’il avait déjà dit au Congrès en octobre 2018.


Troisième jour du procès – mercredi 18 mai

1 Marc Elias, l’un des principaux avocats de la campagne 2016 d’Hillary Clinton, a témoigné mercredi que son collègue et ancien avocat de la campagne et partenaire du cabinet d’avocats Michael Sussmannn ne représentait pas la campagne Clinton lors de la réunion du FBI de 2016 pour laquelle il est maintenant en procès.

À l’époque, Elias était conseiller juridique principal de la campagne Clinton et partenaire de Sussmannn au sein du cabinet d’avocats Perkins Coie.

  • L’accusation a tout de même établi aujourd’hui, et c’est important, qu’Elias a engagé la société de recherche Fusion GPS pour la campagne Clinton au printemps 2016, lequel Fusion GPS a engagé l’ancien espion anglais Christopher Steele pour fabriquer le faux dossier russe impliquant Donald Trump, qui viendrait s’ajouter à la fausse accusation de collusion russe au travers de l’Alfa Bank. Le dossier était construit avec des attaques de plusieurs directions.
  • L’accusation a demandé à Elias qui était au courant de la relation entre Fusion GPS et la campagne Clinton.

    Elias a expliqué qu’il a empêché les personnes de la campagne de contacter Fusion GPS pour empêcher les fuites.
  • Le procureur Andrew DeFilippis a interrogé Elias sur la manière dont les clients de Perkins Coie étaient facturés. Il prépare l’étape suivante, pour coincer Elias : d’un côté, Elias dit que la campagne Clinton ne savait pas, et qu’il n’a pas demandé à Sussmann de remettre au FBI les « preuves » de la collusion (que l’on sait qu’elles étaient bidon selon les témoignages de mardi), de l’autre, Sussmannn a facturé la campagne Clinton pour sa réunion avec le FBI.

2 L’ancien conseiller général du FBI James Baker – c’est lui que Sussmannn a rencontré, et c’est à lui qu’il a donné les informations sur l’allégation Trump-Russie, a également commencé son témoignage mercredi, et devrait le terminer jeudi.

Baker a déclaré qu’il avait compris que Sussmannn représentait le DNC et la campagne Clinton dans les affaires cybernétiques, mais pas dans les questions politiques. Pour moi, la nuance est ténue, et il me semble qu’elle ne tiendra pas face à un procureur persévérant. Je ne serais pas étonné qu’à la fin du procès, on s’aperçoive que Baker est complice. Juste une hypothèse de ma part à ce stade, pour mettre un peu de piquant dans mon récit. En bon journaliste, je ne devrais pas dire cela.

Baker a également déclaré qu’il ne cherchait pas à s’en prendre à « Michael », qu’il a décrit comme un ami et un collègue, et qu’il s’agissait de l’enquête de l’accusation, pas de la sienne. Donald Trump était tellement détesté à Washington, que beaucoup des membres du Deep State étaient ravis qu’on leur apporte des informations accusatoires contre Trump. Baker dit que Sussmann est son ami, et il ne sait pas ce que Sussmann pense, ce qu’il fait, et croit qu’il travaille pour la partie cybersécurité ?

3 Mardi soir, l’accusation avait dressé une liste d’au moins cinq témoins qu’elle avait l’intention d’appeler à la barre mercredi, dont Elias, Debbie Fine, qui est une autre avocate de la campagne Clinton, et Laura Seago, chercheuse en informatique chez Fusion GPS.

  • Seago avait peur. Elle était prête à invoquer son privilège du cinquième amendement contre l’auto-incrimination si le tribunal ne lui accordait pas l’immunité. Cooper lui a accordé une immunité limitée, et lui a ordonné de témoigner à la demande de Durham. C’est très embarrassant, puisqu’elle sait probablement avoir fait des choses répréhensibles pour ses patrons, et qu’elle va maintenant les révéler.

    Elle a témoigné de son travail de recherche sur Trump au sein de Fusion GPS, mais a déclaré qu’elle ne savait pas qui était son client avant l’élection.

    Pourtant, elle, Peter Fritsch (partenaire fondateur de Fusion GPS) et un autre chercheur de Fusion GPS ont rencontré Frank Foer, alors journaliste à Slate, à l’automne 2016 avant l’élection, au sujet des allégations, car Foer enquêtait déjà sur celles-ci, et c’est lui qui a publié le faux dossier.

    Seago a également travaillé sur les allégations d’Alfa Bank directement avec Joffe, qui, selon elle, semblait bien connaître les questions liées aux serveurs et était celui qui avait suggéré le contact potentiel entre les serveurs de la Trump Organization et d’Alfa Bank.

    Elle a mentionné qu’elle n’avait pas connaissance de l’enquête du FBI sur ces allégations.

4 Franklin Foer, rédacteur de l’Atlantic, a écrit l’article pour Slate qui suit le récit de l’acte d’accusation et qui, en tant que tel, soulève des questions quant à son rôle d’intermédiaire dans les efforts de la campagne Clinton pour diffuser cette fausse histoire.

L’acte d’accusation explique que Fusion GPS a poussé à la publication de l’histoire, en disant à Foer qu’il était « temps de se dépêcher » pour publier cette histoire.

L’acte d’accusation parle du « Reporter-2 » qui a publié l’article le ou près du 31 octobre 2016 intitulé « Un serveur de Trump communiquait-il avec la Russie ? » L’histoire a ensuite été poussée par la campagne Clinton, et reprise par tous les médias – sans qu’aucun ne vérifie si elle était vraie ou crédible.

Il s’agit là, de la part du journaliste Foer, d’un cas d’école de militantisme journalistique, aussi éloigné que possible des règles élémentaires de l’éthique de la profession : vérifier, croiser, surtout pour une affaire aussi monumentale. Mais Foer n’a rien vérifié, rien croisé, car il ne voulait surtout pas risquer de s’apercevoir que tout était faux.

  • Le coût, le risque de publier l’affaire était qu’il s’appuyait sur une source biaisée sans faire aucune recherche personnelle. Ce n’était pas du journalisme, c’était du militantisme. Foer a d’ailleurs déclaré, candide, qu’il n’était pas dérangé de ne pas vérifier les faits (cela rappelle exactement Charles Enderlin qui a refusé de vérifier si l’affaire Al Dura était vraie, car il tenait un scoop pour se faire mousser, et se faire bien voir auprès de sa chaîne, France 2, qui n’en ratait pas une pour calomnier Israël)
  • Foer était plus préoccupé par le fait de manquer une chance, un scoop sur cette histoire que par l’élection de Trump.

J’ai souvent mentionné que le journalisme a rejeté toute objectivité et qu’il s’est transformé en activisme de gauche. Je suis d’ailleurs détesté pour ne pas me plier à ces nouvelles règles et faire de mon mieux pour rapporter les faits tels qu’ils sont, sans propagande.

Donc, les membres de Fusion GPS ont commandé le tristement célèbre faux « dossier Steele ». Ils ont rencontré un journaliste, Franklin Foer, pour qu’il diffuse ce faux dossier. Et la fausse théorie liant Donald Trump et la Russie, qui a été concoctée par l’ancien avocat de la campagne d’Hillary Clinton, Michael Sussmannn, a également atterri entre les mais de Foer.

C’est ce que le témoignage de Laura Seago a établi.

Seago a déclaré aux jurés que la rencontre avec Franklin Foer avait eu lieu après qu’elle ait été chargée de « traduire » des données informatiques censées montrer un canal secret entre un serveur de la Trump Organization et l’Alfa Bank de Russie, afin qu’elles puissent être comprises par « un public profane ».

Seago, le cofondateur de Fusion GPS, Peter Fritsch, un ancien journaliste du Wall Street Journal, et l’employé de Fusion, Jake Berkowitz, se sont retrouvés au domicile de Foer à l’automne 2016, a dit Seago.

Au cours de cette rencontre d’une heure, ils ont dit à Foer que les informations avaient été vérifiées par des « informaticiens très crédibles » qui « semblaient penser que ces allégations étaient crédibles », a témoigné Seago.

« Nous espérions qu’il publierait un article », a-t-elle dit.

Et Foers l’a publié, sans la moindre vérification. Certains se demandent s’il savait que tout était faux et qu’il a fait l’aveugle, ou s’il a été manipulé. Ils posent les mauvaises questions : son métier était de vérifier.

5 Debbie Fine, une avocate de la campagne Clinton qui a travaillé pour Elias, a déclaré qu’elle avait travaillé avec Fusion GPS sur des dossiers liés à Trump, mais qu’elle n’était pas au courant des allégations concernant l’Alfa Bank.


Second jour du procès

Le procès se tient devant le tribunal fédéral du District de Columbia. Ce sera difficile : Le juge Christopher Cooper, nommé à la magistrature par l’ancien président Barack Obama, préside le procès.

Dans les déclarations d’ouverture mardi, l’équipe de l’avocat spécial John Durham a allégué que Sussmannn a utilisé le FBI comme « un outil politique » pour créer une « surprise d’octobre » contre Donald Trump, alors candidat, et lui faire perdre l’élection.

L’équipe de l’accusation a déclaré que M. Sussmann, ancien procureur fédéral, a tenté de « manipuler » le FBI quelques semaines avant l’élection présidentielle de 2016, en présentant un récit fabriqué de collusion Trump-Russie. Sussmann est allé voir le FBI après avoir échoué auprès du New-York Times, qui n’a pas trouvé son histoire crédible.

À l’époque, Sussmannn travaillait pour le compte de deux clients, la campagne Clinton et Rodney Joffe, alors dirigeant de la société technologique Neustar qui a piraté les serveurs de la campagne Trump.

1 Un agent du FBI, témoignant mardi, a discrédité les preuves que Sussmann a données au FBI pour tenter de relier la Trump Organisation à l’Alfa Bank de Russie, comme une prétendue ligne directe avec le Kremlin.

Décrivant un livre blanc analysant le trafic internet entre le serveur d’email de Trump et l’Alfa Bank russe comme « non crédible » et « totalement extrapolé », l’agent spécial du FBI Scott Hellman a déclaré que la conclusion qu’un canal de communication secret existait « ne sonnait pas vrai du tout. »

Hellman a examiné les données des clés USB que Sussmannn avait remises à Baker. Il a dit qu’il trouvait que c’était « une drôle de coïncidence » que quelqu’un cherche une activité suspecte entre les serveurs de Trump et la Russie, et la trouve, trois semaines seulement avant de les livrer au FBI.

Hellman a précisé que l’hypothèse de collusion à partir des données « était tellement tirée par les cheveux, qu’elle n’avait tout simplement aucun fondement ».

2 Le troisième témoin de l’accusation était Steve DeJong, employé de Neustar Security Services, pour qui travaillait également Sussmann. C’est DeJong qui a « extrait » – piraté est le mot juste – les données du serveur d’email de Trump et Alfa Bank à la demande de Rodney Joffe, le directeur de la société Neustar.

DeJong a déclaré au procès qu’il s’est demandé pourquoi on lui avait demandé de rechercher des données DNS concernant Trump et Alfa Bank, et que Joffe ne lui a jamais donné de raison.

3 L’agent spécial du FBI David Martin, expert en cybersécurité et en analyse de données DNS, était le premier témoin de l’accusation. Lors du contre-interrogatoire de la défense, Martin a déclaré qu’une consultation DNS ne montre pas quel est le contenu de la connexion, et que pour savoir ce que contenaient les données DNS, il aurait fallu une ordonnance du tribunal, une assignation à comparaître ou un mandat de perquisition.


Premier jour du procès : sélection du jury

Au premier jour du procès, l’équipe du conseiller spécial John Durham s’est opposée à ce qu’un donateur de Clinton fasse partie du jury, après que l’homme ait déclaré : « je m’efforcerais d’être impartial du mieux que je peux ».

Cependant, les procureurs ont été contredits par le juge Cooper, nommé par Obama, qui a déclaré que le partisan de Clinton avait « exprimé un haut degré de confiance » qu’il ne serait pas partial.

  • Environ un tiers des jurés potentiels interrogés par les procureurs et les avocats de la défense dans la salle d’audience de Washington, D.C., lundi, ont déclaré qu’ils avaient soit fait des dons à la campagne de Clinton, soit travaillé dans les banques téléphoniques pour elle, soit fait autre chose pour soutenir sa candidature, a rapporté le Washington Times.
  • D’autres ont dit qu’ils pensaient avoir fait des dons à la campagne de Clinton mais qu’ils n’en étaient pas sûrs,
  • Aucun des partisans avoués de Clinton n’a fait partie du jury final, rapporte le Times.

En revanche, le juge fédéral qui préside l’audience, Christopher Cooper, est non seulement un pur produit du marécage, un Démocrate accompli, mais il a déclaré que l’accusé Sussmannn et lui étaient des « connaissances professionnelles » lorsqu’ils travaillaient au ministère de la Justice dans les années 1990.

Et l’épouse du juge Cooper représente l’ancienne avocate du FBI, Lisa Page. Page a échangé des SMS anti-Trump avec son amant, Peter Strzok, alors agent du FBI qui a enquêté sur la collusion russe.

S’il est si difficile de trouver des jurés et un juge neutre, c’est parce qu’en 2016, les électeurs de D.C. ont voté Clinton à 90,9 %, contre 4,1 % pour Trump !

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

*Alberto Nisman est le procureur qui a enquêté sur l’attentat à la bombe par l’Iran contre le centre juif de Buenos Aires en 1994 qui fait 80 morts et 300 blessés. Il avançait si bien dans son enquête, qu’il a été assassiné, et son successeur a été emprisonné pour avoir dissimulé des preuves.

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