Publié par Dreuz Info le 23 mai 2022

Tiré d’un fait réel que la presse mainstream a scandaleusement qualifié de faits divers.

Nous sommes vendredi, le 29 avril 2022, nous partons tous les trois pour la gare de Bergerac. La tête en bas, coincé dans le ventre de ma mère, je regrette l’époque où je pouvais encore faire des cabrioles dans ma poche de liquide amniotique comme Thomas Pesquet en impesanteur dans sa capsule. La nostalgie, camarade. Même si les quatorze premières semaines, j’avais les jetons. Le Pape a beau condamner ceux qui font appel à un « tueur à gage » pour exécuter l’enfant à naître qui représenterait un problème. Qui l’écoute ?



Je sais que j’en ai plus pour longtemps avant de naitre. La délivrance. Parce que maintenant je commence à me sentir à l’étroit. J’adore voyager mais maman prend un risque, parce que me concernant j’ai l’impression que c’est imminent. Déjà qu’elle continue d’étudier la semaine dans un CFA de Dordogne. Maman est du Périgord. J’ai hâte de connaître ces coins choisis par les hommes dès les temps préhistoriques parce qu’il y faisait déjà bon vivre.

Maman a dix-neuf ans, papa quarante. On dit qu’il pourrait être son père, j’espère que ce n’est pas vrai, j’ai pas envie d’être fêlé. Il n’y a pas de fêlé chez Lustucru. Ce matin, maman est fraîche et sent bon le savon, dit mon père. Elle porte une robe printanière en coton qu’une légère brise fait battre contre la peau tendue de son ventre. Maman n’a jamais fait de visite médicale, elle ne sait pas que je suis un garçon.

Maman se met à courir vers la gare. Je me sens dégringoler tête la première ; les eaux perdues m’ont précédé.… Je respire, je vois son beau visage… [Et plus rien.]

Mais où est maman ? Je ne l’ai pas quitté depuis neuf mois et la voilà disparue. Mais où est papa ? Une femme de ménage crie. Tout ce sang dans les toilettes. Corps sans vie d’un nouveau-né dans la cuvette : recouvert de papier toilette, sang, placenta. Une autopsie prévue mardi à Bordeaux devra déterminer « si l’enfant, de sexe masculin, est né vivant ou mort in utero », ce qui orientera la qualification des faits, a précisé le vice-procureur.

Mardi, mon père et ma mère ont été placées en garde à vue. Depuis les limbes je me vois nu sur la table d’autopsie de l’Unité de Médecine Légale Thanatologique du CHU de Bordeaux. L’autopsie révèle que j’étais « né vivant » et que j’avais « respiré ». Le parquet indique que je serais mort d’une défaillance cardiorespiratoire aiguë d’origine inconnue, dans « un contexte de submersion », mais plus de détails sont attendus sur les circonstances exactes de ma mort. Ne cherchez pas plus loin. Noyé dans la cuvette des chiottes. Pouah !

Cette semaine encore, ma mère aurait pu prétexter la nécessité d’une Interruption Médicale de Grossesse en raison d’une « détresse psychique ou sociale ». Elle m’a laissé connaitre une vie éphémère de quelques minutes. Elle m’a laissé respirer. Et puis plouf. C’est moche quand même.

Ma mère a été mise en examen pour meurtre sur mineur de moins de 15 ans, elle risque la réclusion criminelle à perpétuité. Mon père pour non-assistance à mineur en danger et pour ne pas avoir empêcher le crime risque 7 ans de prison et 100.000 euros d’amende.

Avorté la veille, j’aurais fait partie des déchets hospitaliers, sans nom, sans sépulture, et mes géniteurs seraient restés impunis. Là, je resterai dans l’histoire des hommes, comme un mineur de moins de 15 ans assassiné. Un acte de naissance et un acte de décès établis par l’officier de l’état civil préciseront les jour et heure de ma naissance et de mon décès.

Et si, vu le peu de cas qu’ils font d’une vie à naître, la banalisation française de l’avortement, banalisait l’infanticide ?

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Thierry Martin pour Dreuz

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