Publié par Gaia - Dreuz le 16 mai 2022

Source : Leparisien

En cause dans cette affaire, les propos négationnistes sur les chambres à gaz que Dieudonné a fait tenir par l’un de ses personnages dans son spectacle.



« Dieudonné a agi pour des mobiles égoïstes pour diffuser un message négationniste à un large public et tourner en dérision les victimes d’un génocide. » C’est par ces mots que la Chambre pénale d’appel et de révision (CPAR) de Suisse a condamné en appel l’humoriste Dieudonné pour des propos tenus lors de spectacles en 2019 en Suisse, a indiqué dimanche la Tribune de Genève sur son site. Aux yeux de la Cour, dans le cadre de ses spectacles donnés à Genève et dans le canton de Vaud, l’artiste a fait part « de son mépris des victimes de la Shoah et de sa volonté de créer la polémique » et a porté atteinte « à la dignité humaine et à la paix publique », précise le journal helvète.

Déjà condamné en France à de nombreuses reprises pour injures raciales ou incitation à la haine, Dieudonné M’Bala M’Bala avait été condamné en juillet 2021 en première instance à Genève pour « discrimination raciale, diffamation et injure ». Il s’agissait de sa première condamnation en Suisse. Selon les renseignements obtenus par la Tribune de Genève, la Chambre pénale d’appel et de révision genevoise a confirmé cette condamnation, à savoir le paiement de 180 jours-amendes à 170 francs le jour, soit 30 600 francs (28 200 euros).

En cause dans cette affaire, les propos négationnistes sur les chambres à gaz que Dieudonné a fait tenir par l’un de ses personnages dans son spectacle entre le 4 et le 6 janvier 2019, au Théâtre de Marens à Nyon, et le 28 et 29 juin 2019, au Centre d’animation cinématographique CAC Voltaire à Genève.

Ce n’était pas une parodie, justifie le tribunal

Lors de son procès, Dieudonné avait affirmé que ce n’était pas lui qui avait dit la phrase pendant le spectacle, mais son « personnage ». L’argument avait été balayé par la présidente du tribunal de police de Genève, et la cour d’appel vient d’en faire de même.

« Il ne peut être retenu qu’il parodiait un négationniste, à la manière de Charlie Chaplin parodiant Hitler (…) en l’absence de tout élément verbal ou vestimentaire allant dans ce sens », écrit le juge de la cour Vincent Fournier, toujours cité par le journal. Le tribunal de première instance l’avait également reconnu coupable d’« injure » à l’égard de la Coordination intercommunautaire suisse contre l’antisémitisme et la diffamation (Cicad), pour des propos tenus à l’égard de cette association à but non lucratif lors de la représentation du 28 juin 2019.

Le polémiste avait aussi été condamné pour « diffamation » pour des propos tenus le 22 novembre 2019 concernant le secrétaire général de la Cicad, Johanne Gurfinkiel, lors d’une interview donnée sur une chaîne YouTube à Genève. Selon le journal, le polémiste devra également payer les frais d’appel (2195 francs). Mais aussi les frais de défense (2638 francs) de la Cicad et ceux de Johanne Gurfinkiel.

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