Publié par Eduardo Mackenzie le 10 juin 2022

Les déclarations explosives de l’avocat Sergio Alzate, directeur de l’Ong Colombia Transparente (CT), sur l’énorme potentiel de fraude électorale qui existe s’il n’y a pas, avant le 19 juin prochain, un examen rigoureux et indépendant du code source ou du logiciel du software de vote électronique vendu par l’entreprise espagnole Indra au Registre National de l’Etat Civil de Colombie (1), n’ont pas été rapportées par la presse.

Pourtant, ce qu’explique le directeur de Colombia Transparente, dans l’excellente interview réalisée par l’ancien ministre Fernando Londoño Hoyos, directeur de l’émission de radio La Hora de la Verdad (2), est d’une importance primordiale. Alzate décrit, point par point, les anomalies qui existent au sein du Registre National et, en plus, les vulnérabilités objectives du système informatique censé faire le dépouillement du second tour de l’élection présidentielle.

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Sergio Alzate accuse le directeur du Registre National, Alexander Vega Rocha, d’avoir menti aux colombiens à plusieurs reprises. Il dévoile, chiffres et autres détails à l’appui, les mécanismes qui peuvent être utilisés contre l’intégrité  du vote du 19 juin prochain.

1.- Le Registre National n’a, à ce jour, engagé aucune entreprise pour effectuer le soi-disant « audit » indépendant du code source du système de dépouillement définitif des votes.

2. Le Registre National n’a pas recompté les votes pour l’élection au Congrès demandés par les partis.

3. Le Registre National  n’a donné aucune précision sur les 600 000 votes venus ultérieurement s’ajouter au profit du Pacte Historique, dirigée par le candidat marxiste Gustavo Petro.

4. Le gouvernement a fait preuve de diligence dans la création du poste budgétaire pour payer l’audit du code source du Registre National.

Le leader de Colombia Transparente a évoqué d’autres faits qui suscitent une immense inquiétude en Colombie :

a.- On dénombre près de 1 100 litiges contre le scrutin du 13 mars 2022, posés par les partis politiques.

b.- Il y a des plaintes sur ce qui s’est passé le 13 mars dernier dans 70 000 bureaux de vote (63% des bureaux de vote du pays), notamment « en raison d’incohérences entre les documents électoraux et les informations fournies par le système informatique », a résumé Alzate.

Sur ce qu’il appelle les « vulnérabilités quantitatives » du système électoral, il note :

1.- Il y a un million sept cent mille actes de décès qui n’ont pas été rayés des listes électorales. Il y a 460 000 cartes de citoyenneté qui n’ont pas été réclamées. Il y a 300 000 Colombiens dont le bureau de vote a été arbitrairement changé. En dehors de cela, nous avons vu que 640 000 jurés électoraux ont été habilités à voter deux fois. Les noms de ces jurés n’ont pas été retirés du système.

2.- Ces quatre facteurs, qui totalisent près de trois millions de voix, constituent, selon Sergio Alzate, « un vivier de voix très important pour d’éventuelles fraudes électorales, qui pourraient définir le second tour présidentiel » du 19 juin prochain.

Tous les sondages indiquent qu’au second tour, Gustavo Petro pourrait avoir 9 millions 100 000 voix et que son rival Rodolfo Hernández pourrait avoir 9 millions 800 000 voix. La modification ou l’inversion de ce ratio de vote peut provenir de ce « vivier de voix »  de près de trois millions, par le truchement d’un système de comptage de voix qui n’a pas été examiné ou audité.

Le risque de fraude électorale est donc extrêmement élevé.

3.- « Nous avons identifié 18 000 bureaux de vote qui ont eu une sur-participation atypique, extraordinaire. Il y avait des tables où théoriquement 600 personnes ont voté », a déclaré le directeur du CT. Dans un pays comme la Colombie qui a une journée électorale de seulement huit heures – de 8 heures du matin à 4 heures de l’après-midi -, et où chaque électeur prend entre cinq et six minutes pour voter, il est impossible de traiter le vote de 600 personnes en 480 minutes par bureau de vote.

C’est-à-dire que dans ces bureaux de vote, selon Alzate, « il aurait pu y avoir une surfacturation de la participation citoyenne » et cela pourrait être « une fraude permis par le système informatique, car il est physiquement impossible pour un jury de bureau de vote de servir 600 électeurs pendant un jour d’élection ».

Ce phénomène a été observé par Colombia Transparente, notamment dans les  bureaux où les personnes âgées doivent se rendre pour voter. « Cela nous amène à croire que c’est là qu’ils font voter les morts. »

Un autre groupe d’anomalies examinées par CT est qualifié par Alzate de « vulnérabilités qualitatives » du système actuel du Registre National.

Il fait référence au vote blanc, que le Registre National évalue à 1 800 000 voix, qui peut également être mobilisé ou dirigé, comme ce fut le cas lors des élections législatives passées, pour favoriser la coalition Pacte Historique de Gustavo Petro, comme cela a été dénoncé par le parlementaire John Jairo Berrío, d’Antioquia. « Cette fois, il peut arriver quelque chose de semblable », craint Sergio Alzate.

A la fin de l’entretien, l’avocat Sergio Alzate attire l’attention sur une autre série de détails techniques, peu compréhensibles pour les non-initiés, qui contribuent, selon lui, à réduire la fiabilité du système de comptage électoral du Registre National :

a.- « Les normes de sécurité du système ont été abaissées: ce système a un SIR de 3 alors qu’il devrait être de 4 ou 5 ». Le SIR est le programme qui empêche la pénétration illégale du système ou le piratage de l’extérieur.

b.- « Nous avons un TLS qui transporte les informations [données] en toute sécurité dans le système, qui n’est que de 1.0 alors qu’il devrait être de 1.3 ».  

c.- « Le système de comptage a été découpé en plusieurs étapes et à chaque étape il peut y avoir des vulnérabilités lors de la migration des informations d’une étape à une autre. Le logiciel peut avoir un code d’alerte qui pourrait se déclencher le jour de l’élection. Quand les tests du système sont effectués avant les élections, le système fonctionne toujours bien. Et il a demandé : « Pourquoi les anomalies et les données aberrantes apparaissent-elles toujours après les élections ? Sa réponse est : parce que le système est vulnérable.

« Le système non examiné peut avoir des commandes [algorithmes] spéciales qui activent certaines instructions,  par exemple, que pour chaque million de votes d’un candidat, 200 000 sont transférés à un autre candidat », ou que « 500 000 votes supplémentaires quittent le vivier de voix et un 10% et qu’un dixième soit appliqué transversalement à un autre candidat. C’est comme ça que ça s’est passé au Venezuela, à plusieurs reprises.

« Au Venezuela, ils ont eu un déclencheur de 10 % des données qu’ils redirigeaient en faveur des candidats du régime. Tout cela peut arriver en programmation, en manipulant le code source. C’est comme cela que la fraude moderne peut être commise, la fraude qu’ils peuvent nous faire lors de ces élections. Dès lors, nous ne pourrons que nous asseoir et pleurer »

Pourquoi le Registre National ne tient-il pas compte de ce que ce système de vote électronique a fait au Venezuela pendant plusieurs années ?

La conclusion de Colombia Transparente et de son directeur est la suivante : « Le directeur du Registre National a trompé le pays de manière systématique et continue et, en conséquence, aujourd’hui nous ne savons pas quels sont les vulnérabilités du système de comptage des voix, ses codes, la programmation,  car il n’y a eu aucune investigation sur le code source. Il y a un grand risque de fraudeʺ.

Les partis politiques devraient étudier de très près ce dossier décisif et exiger une vérification indépendante du logiciel d’Indra avant le 19 juin, malgré les efforts d’Alexander Vega pour que cette opération ne se réalise pas. Le sort des partis, des électeurs et de la Colombie dépend de la probité des scrutins  du 19 juin prochain.

Qu’un grand merci soit adressé au groupe d’enquêteurs dirigé par l’avocat Sergio Alzate pour leur volonté inébranlable d’exposer cette grave situation à la lumière des événements électoraux les plus récents.

© Eduardo Mackenzie (@eduardomackenz1) pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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