Publié par Eduardo Mackenzie le 24 juin 2022
Colombie : monumentale fraude électorale

Les résultats de l’élection présidentielle du 19 juin ont été une surprise pour les Colombiens.

Les petristes eux-mêmes voulaient la victoire mais ne la voyaient pas comme quelque chose d’évident. C’est pourquoi ils ont menacé le pays en déployant préventivement leurs milices dans certains points et villes.

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Savoir que Gustavo Petro arrivera à la Casa de Nariño le 7 août prochain a secoué la Colombie du nord au sud. Pour la première fois, un homme avec du sang sur les mains occupera le siège du Libertador Simon Bolívar. Il y a eu comme une sorte d’électrochoc général. Une vague de panique gagne de nombreux secteurs et prend différentes formes. Certaines chapelles politiques non petristes sont divisées. L’une essaie de minimiser ce qui s’est passé, l’autre croit pouvoir s’adapter à la nouvelle situation. Les plus naïfs ignorent les appels à la lutte des classes de Petro et s’illusionnent sur un éventuel « accord»  pour lui arracher Dieu sait quelles concessions.

Une partie de la base libérale-conservatrice adopte une position différente : elle recherche une ligne de décence, de vigilance et d’opposition ferme aux intentions prédatrices de Gustavo Petro.

Le 20 juin, des électeurs étonnés par les chiffres du décompte des voix ont dénoncé la « monumentale » fraude électorale, sur les réseaux sociaux. La grande presse et les autres médias se sont offusqués, pour l’instant, devant ce dossier. Les patriotes ne veulent pas se taire et oublier les scandales et les outrances, jamais clarifiées, de l’organisme public chargé d’organiser les élections (Registraduría)  et de son étrange logiciel de comptage des voix, installé par l’irascible Alexander Vega Rocha, qui est persuadé qu’il a le droit de ne rendre de comptes à personne. Les petristes, quant à eux, s’attendent à ce que nous oublions cela et, surtout, l’espionnage et la guerre sale qu’ils ont déclenché pour discréditer les deux plus grands rivaux démocrates de Petro, Federico Gutierrez et Rodolfo Hernández.

Des centaines de messages circulent sur les réseaux sociaux avec des témoignages de  fraude électorale. L’un d’eux déclare : « Les Colombiens accepteront le résultat de ces élections après qu’un décompte physique des bulletins de vote aura été effectué par rapport à ce qui est enregistré dans le système et après avoir vérifié que les numéros d’identification des personnes en vie coïncident avec les numéros physiques des voix, pour savoir d’où provenaient les plus de trois millions de voix que Petro n’avait pas pu obtenir lors des élections législatives, ni au premier tour [de l’élection présidentielle], et qu’il a pu obtenir en seulement 15 jours ».

Le sentiment que le verdict du 19 juin n’est pas celui des citoyens mais celui de la Registraduría  traverse le pays. Il y a donc un énorme manque de légitimité de cette élection et ce soupçon  suivra Petro et son équipe ainsi que la Registraduría et le Conseil National Electoral (CNE), pour une durée indéterminée.

Bien que minoritaire, la requête d’un audit des deux tours de l’élection présidentielle est fondamentale. C’est une revendication précieuse pour gagner les dures batailles à venir. Les changements « révolutionnaires » que Petro veut apporter ont besoin de la Registraduría dans son état actuel, afin que le processus de destruction des institutions, à commencer par la démolition de la Constitution nationale, soit légitimé par cet organisme. C’est pourquoi ils font de la fraude électorale un véritable tabou.

Il est essentiel de s’interroger sur le rôle que la Registraduría a joué dans le séisme politique actuel. Nous devons enquêter et demander à ce qu’il reste encore de personnel honnête dans cette agence de révéler les détails de ce qui s’est passé le 19 juin. Les libertés et l’unité du territoire colombien en dépendent.

L’extrême gauche petriste, qui n’a pas voulu rejeter le soutien verbal des trafiquants de drogue et des organisations narco-terroristes  FARC et ELN, a besoin de cette machine actuelle de comptage des voix pour légitimer chaque étape qu’elle devra franchir pour démanteler l’État de droit.

Une vidéo de comparaison entre ce que Gustavo Petro a dit après avoir entendu les résultats et ce qu’Hugo Chavez a gesticulé lorsqu’il est devenu président du Venezuela, en décembre 1998, circule actuellement. Cette vidéo montre parfaitement que Petro a peu d’imagination : il copie et recopie son idole jusque dans les moindres gestes et mots. Conclusion : Petro va organiser une série d’élections pour légitimer le changement de régime qu’il a promis à ses patrons.

La méthodologie de Chavez pour détruire le Venezuela était claire : avec 14 referendums et /ou élections en 10 ans pour choisir les autorités exécutives, législatives et constituantes à tous les niveaux (1). La totalité d’entre elles, falsifiées par les machines numériques à voter et le logiciel Smartmatic, ont été remportés par le dictateur.

Trois de ces scrutins devaient ériger une Constitution chaviste. Le premier, pour choisir les membres de l’assemblée constituante, a permis au parti au pouvoir d’avoir 75% des constituants. C’est ainsi que Chavez a lancé son rouleau compresseur contre la Constitution de 1961.

Petro aspire à faire de même. Sa première étape sera de liquider la Constitution de 1991. Il utilisera la même technique pour avoir une majorité écrasante à l’assemblée constituante. L’essentiel pour lui est de maintenir la Registraduría avec sa corruption afin de maintenir un rapport de forces confortable. Dans la suite du cycle électoral à venir, cette machine imposera ses verdicts et l’opposition, constructive ou de rupture, ne pourra même pas protester.

Le monde politique et les citoyens devront sortir de leur léthargie. Ils ne peuvent pas attendre, les bras croisés,  l’effondrement du système actuel. S’unir pour agir dès maintenant est vital pour empêcher la consolidation d’une nouvelle tyrannie dans l’hémisphère. Il ne faut pas attendre de voir le désarmement de la police, l’assujettissement du haut commandement des Forces armées, l’arrivée de conseillers cubains et vénézuéliens dans les ministères, la légalisation de l’ELN, l’effondrement d’Ecopetrol et d’autres sociétés du secteur pétrolier – minière, ni les conséquences des « solutions » anticapitalistes de Petro sur l’économie pour ruiner le taux de croissance actuel de 5,5 % (chiffre OCDE).

On devine déjà en quoi consistera, pour la classe moyenne, la réforme fiscale perverse à la Piketty de 50 milliards de pesos. En France, Piketty a fait d’énormes dégâts avec son système socialiste de pillage légal-fiscal. Un économiste, Frédéric Georges-Tudo, écrivait : « Le mépris de Piketty pour la misère humaine se situe simplement dans la droite ligne de celui des Trotski, Lénine, Mao et autres Castro » (2).

Pour l’instant, « l’opération candeur » que mène Petro semble avoir un véritable boulevard devant elle: certains pensent même  qu’il sera un président raisonnable. L’heure est venue de se réveiller !

© Eduardo Mackenzie (@eduardomackenz1) pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

  • (1).-  Les données électorales sur la période Chavez sont tirées de l’excellent essai de Beatriz Franco Cuervo et Javier Andrés Flórez Henao :  “Entre el sistema electoral y la coyuntura política en Venezuela”, du livre intitulé “Hugo Chávez, una década en el poder”, Ediciones de la Universidad del Rosario, Bogotá, 2010.
  • (2).- Piketty au piquet! , Frédéric Georges-Tudo,  Éditions du Moment, Paris, 2015, page 194.

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