Publié par Gilles William Goldnadel le 21 juin 2022

Pour l’avocat, l’indulgence médiatique dont bénéficie l’extrême gauche et la faiblesse des droites désunies ont permis à la Nupes de devenir la première force d’opposition parlementaire.

Comment en est-on arrivé là ? Jean-Luc Mélenchon ne sera pas premier ministre mais le Président se retrouve devant une assemblée ingouvernable. La droite, majoritaire dans le pays, est victime de sa désunion quand bien même le résultat du Rassemblement national est historique.

Il n’en demeure pas moins qu’une coalition dominée par l’extrême gauche arrive en tête de l’opposition parlementaire pour la première fois, faute d’un barrage sanitaire et démocratique.



Il paraît donc nécessaire d’en examiner les diverses et déplorables raisons.

On peut dessiner cinq piliers hétéroclites qui soutiennent l’édifiant édifice d’une extrême gauche solidement campée au centre du spectre politique.

Le premier pilier est incontestablement l’empathie, la bienveillante compréhension, la crainte révérencieuse d’une grande partie de la classe médiatique à son endroit. La sociologie du personnel journalistique, issue d’une longue décérébration émotionnelle et intellectuelle générale et d’une formation universitaire et professionnelle particulière, l’explique en grande partie.

Cette semaine, sur France Inter, un éditorialiste expliquait doctement en quoi le lider maximo des Insoumis était républicain, et en quoi la patronne du RN ne l’était point. Maduro, Corbyn et les militants des quartiers islamisés ont dû apprécier.

Pour information, tous les sondages en milieu journalistique ont montré sa faiblesse pour l’extrême gauche. L’Événement du jeudi avait publié en son temps cette information indiquant qu’une consultation officieuse au sein du personnel du Monde avait révélé que l’élu de son cœur n’était pas Jospin mais… Olivier Besancenot.

Cette dilection extrême a des conséquences incalculables.

Les comportements erratiques de l’extrême gauche sont toujours acceptés avec une immense indulgence.

Gilles-William Goldanel

On se contentera de constater que les comportements erratiques de l’extrême gauche sont toujours acceptés avec une immense indulgence: des postures ou des propos mélenchoniens contre la police, jusqu’aux exactions des Antifas dans la rue, en passant par l’antisémitisme exogène, le terrorisme des Brigades Rouges, et la compréhension pour l’islamisme ou la violence de nombre de migrants irréguliers, y compris envers les femmes.

Le second pilier aura été le tropisme de gauche de la macronie.

Élisabeth Borne aura été victime d’une étrange maladie. Le soir du premier tour des élections législatives, elle se sera endormie en parfaite santé. Le lundi matin, elle s’est réveillée hémiplégique. Le dimanche soir, elle donnait pour consigne de ne voter ni pour le RN ni pour la Nupes et voilà que le lundi matin elle appelait à ne faire barrage qu’à «l’extrême droite». Elle décernait même des brevets de républicanisme à certains mélenchonistes.

Quant au président de la République, il l’avait précédée dans le gauchisme élégant en remplaçant un ministre de l’éducation laïc par un racialiste distingué qui plaisait à l’extrême gauchisme. Il aurait voulu donner raison à Jean-Luc Mélenchon, qu’il n’aurait procédé autrement. Déjà, et avant que ce dernier ne décrète que la police tue, le premier expliquait qu’elle pratiquait des contrôles au faciès.

Dès lors, pourquoi voter pour un candidat présidentiel gauchisant trop poli pour être honnête plutôt que pour un opposant de gauche moins policé ? Christophe Castaner et Richard Ferrand ont payé pour l’apprendre.

Même la bataille sémantique n’a pas été menée par une droite qui a accepté d’être disqualifiée en étant relayée dans l’extrémité sans rendre par le vocable au camp adverse la même politesse et la monnaie de sa pièce.

Gilles-William Goldnadel

Le troisième pilier est la paresse intellectuelle des droites toutes confondues qui n’ont même pas livré une guerre culturelle pour disqualifier la gauche extrême. Même la bataille sémantique n’a pas été menée par une droite qui a accepté d’être disqualifiée en étant relayée dans l’extrémité sans rendre par le vocable au camp adverse la même politesse et la monnaie de sa pièce.

Un exemple entre mille: Les Républicains, à la veille du premier tour des législatives, ont fait passer sur Twitter le message suivant, «Face au danger d’extrême droite dimanche, je vote LR». Je mets au défi quiconque me montrera un message symétrique mettant en garde contre une gauche extrême autrement plus réelle. La déconfiture de ce parti s’explique en partie pour cela.

Erreur fatale des droites à la fois tactique et stratégique. Avoir été extrémisées, elles seules, et être donc l’objet d’un barrage unilatéral. Ne pas avoir dénoncé la mère de tous les maux d’une société devenue psychotique pour cause de racialisme anti-blanc et anti-mâle hétérosexuel.

Le quatrième pilier est sans doute plus difficile à édifier, mais on ne peut que le constater empiriquement. Sans idéaliser la gauche, il semble bien que l’individualisme et l’égotisme soient encore plus prégnants à droite. Le militantisme de gauche est plus actif, y compris dans ses excès violents. L’incapacité de la droite à s’unir s’explique également par l’égoïsme de ses partis comme de ses partisans. Sans parler d’une habileté manœuvrière de la main gauche qui n’a d’égale que la maladresse de la dextre, causes également du sinistre.

La gauche extrême est privée de tout surmoi paralysant. Elle a toutes les audaces et les outrances.

Gilles-William Goldnadel

J’ajouterai un cinquième pilier d’ordre psychologique, cette fois sans non plus idéaliser la droite moralement: la gauche extrême est privée de tout surmoi paralysant. Elle a toutes les audaces et les outrances. Elle peut bien dire que la police tue. Elle peut bien inviter un antisémite à Paris. Au-delà de son absence de tout scrupule handicapant, de toute façon, la classe médiatique ne la jugera pas sévèrement. Elle peut manier la démagogie économique sans économie, tant la détestation du riche lui vaudra alibi. Peu importe dès lors l’addition pharaonique attendue, car l’on sait bien que la gauche aime tellement les pauvres qu’elle les multiplie.

Enfin, un atout de plus à son crédit: sa chronique amnésie. Elle a beau avoir eu tort tout le temps, du communisme génocidaire jusqu’à l’immigration mortelle en passant par la sous-estimation du péril islamiste, cela n’a aucune conséquence, puisque sa faculté d’oubli est illimitée et que son amnésie vaut amnistie. D’autant que le tribunal médiatique ne lui fera aucun méchant procès.

C’est chose commode d’avoir toutes les audaces payantes lorsque l’on sait qu’on ne va pas les payer.

Ces cinq piliers plantés fermement dans le sol des déconvenues d’une droite pourtant majoritaire au sein du peuple français, celui-ci ne saurait être déresponsabilisé entièrement. Ceux qui en son sein se sont abstenus dimanche ne trouveront pas chez l’auteur de la présente chronique une grande compassion quand redoublera la rigueur des temps.

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