Publié par Abbé Alain René Arbez le 8 juin 2022

Galileo Galilei, un savant persécuté par une Eglise obscurantiste, jeté dans un sombre cachot par l’Inquisition…

C’est comme « tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens » : fake-news historiques, fabriquées au service de l’idéologie anticatholique. C’est ainsi que sera créée la fameuse phrase (apocryphe !) : « e pur si muove, Et pourtant elle tourne »…

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L’histoire commence au XVI ème siècle. Epoque où se développe la Réforme, mais où l’Eglise catholique est très active dans les démarches philosophiques, artistiques, scientifiques, en particulier. Le mythe de Galilée est donc une parabole anticléricale servant de repoussoir contre l’Eglise catholique. Des historiens ont récemment travaillé sur ces événements, et il ressort de leur enquête approfondie que ce qui s’est réellement passé autour de Galileo ne correspond pas à l’image d’Epinal vulgarisée.

Malgré les premières recherches bibliques et l’intuition qu’il faudra contextualiser les Ecrits sacrés, (comme le recommandait déjà St Jérôme) la clé de lecture dominante dans ces périodes est aristotélicienne. C’est-à-dire que la Terre est immobile et que c’est le soleil qui parcourt son orbite autour d’elle. La pensée indépendante n’existe pas à cette époque et c’est l’Eglise qui est dans son rôle de garde-fou philosophico-théologique. La position officielle géocentrique s’oppose de facto aux théories héliocentriques affirmant que le soleil est au centre de l’univers et que c’est la terre qui tourne autour de lui. Le chanoine polonais Copernic a élaboré toute une réflexion héliocentrique à partir de ses propres observations relayant d’autres investigations antérieures. Comme la lecture de la Bible se faisait de manière littéraliste, il semblait sacrilège d’imaginer une alternative à l’interprétation officielle disant que Dieu a créé la terre au centre de l’univers, de même qu’il a mis l’homme au centre de sa création…

Copernic prend en compte les mouvements des astres et pose les bonnes questions. Curieusement, Luther et Calvin, par fidélité à la lettre du texte sacré, sont totalement opposés à cette vision. Dans l’Eglise catholique, en revanche, les papes Clément VII et Paul III ne sont pas sur cette ligne de refus, du fait que Copernic n’impose pas ses conclusions comme la révélation du siècle mais propose une théorie de chercheur qui se passionne pour la science de l’univers. Après la Réforme, le Concile de Trente insiste sur le fait que l’Eglise doit garder son rôle de guide dans l’interprétation des Ecritures, afin d’éviter les déviances subjectives.

C’est alors que Galilée surfe sur les théories de Copernic pour mettre en avant ses propres convictions comme étant des certitudes indiscutables qui balaient les approches habituelles. Persuadé de détenir la vérité scientifique, enthousiasmé par les appuis de cardinaux et notables religieux érudits, il impose son point de vue comme irréfutable, malgré la difficulté d’avancer des preuves incontestables. Mais à la différence de Copernic, Galilée empiète de plus en plus sur le terrain du Magistère, puisqu’il veut absorber la lecture traditionnelle de l’Ecriture dans son approche scientifique, ce qui – nolens volens – le fait entrer dans une opposition frontale avec l’Eglise. Le fond du débat est que l’enseignement de l’Eglise se concentre sur le pourquoi de la création et non sur le comment, même si ce sujet passionne les esprits curieux.

Galilée n’est pas seul dans la discussion, il n’est pas acculé le dos au mur loin de tous puisqu’il est ami proche du pape Urbain VIII. Plutôt que d’affiner ses recherches et apporter des éléments convaincants à la disputatio, Galilée publie des livres exprimant théologiquement ses assertions scientifiques. Urbain VIII l’avertit du risque de poursuivre dans cette voie, mais Galilée s’entête et passe à l’attaque en situant clairement sa théorie sur le plan théologique. En 1632, il publie un pamphlet contre le pape en ridiculisant les suppositions de celui-ci, sur la lune influençant les marées (pourtant avérées). En 1633, Galilée passe devant une juridiction et se fait sanctionner pour n’avoir pas respecté l’engagement qu’il avait pris de ne pas publier au niveau théologique sans avoir acquis de nouvelles preuves de la posture héliocentriste.

Suite à cette condamnation, Galilée ne va cependant pas croupir dans une geôle. Il est en résidence surveillée à la Villa Médicis. Ensuite il est accueilli par l’archevêque de Sienne pour aller terminer sa vie dans une villa près de Florence.

Certes, la suite des découvertes scientifiques a démontré que Galilée avait raison dans ses analyses des mouvements célestes. Mais son histoire mouvementée a été montée en épingle beaucoup plus tard, par des idéologues du 19ème et 20ème siècles, dans un but de propagande laïciste. Il n’a pas été tenu compte du contexte de l’époque afin de fabriquer un « martyr du progrès » à partir d’un homme certes doué, mais au tempérament entier et orgueilleux. Cela permettait d’asseoir une contre-vérité majeure en ce qui concerne les XVIème et XVII siècles : l’Eglise serait obscurantiste car opposée à la réflexion et à la science. Ce que démentent formellement les constatations des historiens sérieux.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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