Publié par Jean-Patrick Grumberg le 11 juin 2022
L’ancienne cheffe des droits de l’homme ukrainien admet avoir promu d’horribles Fake News

L’ancienne commissaire parlementaire aux droits de l’homme de l’Ukraine, Lyudmila Denisova, a admis avoir promu des fausses nouvelles pour persuader les pays occidentaux d’envoyer davantage d’armes et d’aide.



« Lorsque j’ai pris la parole au Parlement italien, devant la commission des Affaires internationales, j’ai entendu et vu une telle fatigue au sujet de l’Ukraine, vous comprenez ? J’ai parlé de choses terribles afin de les pousser, d’une certaine manière, à prendre des décisions dont l’Ukraine et le peuple ukrainien avaient besoin », a reconnu Mme Denisova.

La formulation qu’elle a utilisée dans des déclarations publiques sur des agressions sexuelles commises par des Russes, ainsi que la diffusion de ces rapports, par des médias trop contents de les diffuser sans vérification, ont pour une fois suscité l’indignation.

Mme Denisova a donc avoué avoir menti au parlement italien afin de faire changer d’avis les responsables italiens sur l’envoi d’armes à l’Ukraine. Combien ont menti, et mentent quotidiennement, dans ce conflit, qui n’ont pas eu son humilité et son courage de le reconnaître ?

« J’ai raconté des choses terribles afin de les pousser à prendre les décisions dont l’Ukraine et le peuple ukrainien ont besoin », a déclaré Mme Denisova.

« Il y a un parti, Cinq étoiles, qui était contre l’envoi d’armes, mais après mon discours, l’un des chefs du parti a exprimé son soutien à l’Ukraine, a dit qu’il me soutiendrait, y compris l’envoi d’armes », a ajouté Mme Denisova.

Réactions

1 En réponse, l’ancienne commissaire parlementaire ukrainienne aux droits de l’homme a été évincée au début du mois à la suite d’un vote de défiance du Rada. Le parlement ukrainien, la Verkhovna Rada, a démis Lyudmila Denisova de son poste, a rapporté Ukrainska Pravda. Aucune nouvelle nomination n’a encore été faite pour occuper ce poste.

2 La semaine dernière, des médias et des journalistes ukrainiens ont signé une lettre ouverte dans laquelle ils demandaient que les rapports concernant des viols et des agressions sexuelles par la Russie soient « publiés avec prudence », en particulier lorsqu’ils concernent des enfants, selon une traduction anglaise de la lettre.

La lettre ouverte indique :

« il est important de comprendre que les crimes sexuels pendant la guerre sont un instrument de génocide, un instrument de guerre sans règles, mais qu’ils ne doivent pas servir de matériel d’illustration pour enflammer les émotions du public. »

Dans leur lettre ouverte, les journalistes détaillent comment les reportages de Denisova sont allés dans les moindres détails pour décrire les viols d’enfants par des Russes, dont certains n’avaient que 6 mois.

La lettre critique également Denisova pour avoir inclus des détails sur des cas qui, selon les journalistes, ne sont pas vérifiés, et ils demandent aux médias internationaux et commentateurs de « vérifier les faits avant publication » et de « ne divulguer que les informations pour lesquelles il existe des preuves suffisantes. »

La lettre se termine en déplorant que les informations publiées par le bureau de Mme Denisova sont considérées comme factuelles par les médias, et sont ensuite utilisées dans des articles et des discours de personnalités publiques.

Moralité

  1. Première morale de l’histoire : je ne suis pas devin, je me contente de garder mon indépendance d’esprit et de faire fonctionner mon bon sens. Je vous ai dit, et répété, que pour éviter de vous faire piéger par la propagande, il fallait rejeter les informations pro-russes des médias, personnalités et militants russes et pro-russes ; rejeter les informations pro-Ukraine des médias ukrainiens ; se méfier comme de la peste des informations pro-Ukraine de la grande presse et de celles des militants pro-ukrainiens ; prêter attention aux informations négatives sur l’Ukraine et aux informations actuellement favorables à la Russie diffusées par la grande presse.

    Voilà l’exemple typique de la prudence que je vous implore d’avoir, même si vous êtes passionnément engagé pour un camp ou pour l’autre. Les médias n’ont pas appliqué mes recommandations, mes appels à la prudence. Ce sont les journalistes ukrainiens eux-mêmes qui ont rappelé ces règles de base.
  2. L’Ukraine diffuse de la propagande, la Russie aussi, j’espère que vous n’en doutez pas. Cependant, vous noterez que pour l’Ukraine, la propagande a des limites, et que le parlement ukrainien a eu la décence et le courage, au beau milieu de l’invasion catastrophique qu’ils subissent, de dénoncer cette propagande qui pourtant leur profiterait grandement.
  3. Et trois, les journalistes ukrainiens ont plus de liberté que leurs homologues russes – en temps de paix, Poutine fait tuer les journalistes les plus perspicaces qui fouillent et exposent sa corruption – ce qui confirme que l’Ukraine n’est certes pas un havre de démocratie, mais qu’elle est loin devant la Russie.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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