Publié par Magali Marc le 14 juin 2022

Avant l’élection présidentielle de 2020, des sondages politiques affirmaient que Joe Biden avait une avance de dix points de pourcentage sur Donald Trump. À cette époque, Donald Trump s’adressait à des foules de plusieurs milliers de personnes lors de ses rassemblements, tandis que Joe Biden était chanceux s’il parvenait à attirer une foule d’une centaine de personnes.

Après avoir fait des recherches, John Kudla a conclu que, pour toutes sortes de raisons, les sondages ont sous-estimé les appuis des électeurs républicains.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit l’article de John Kudla, paru sur le site d’American Thinker, le 13 juin.

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Pourquoi les chiffres des sondages favorisant les Démocrates ne reflètent pas la réalité

Avant l’élection présidentielle de 2020, je me suis interrogé sur des sondages politiques affirmant que Joe Biden avait une avance de dix points de pourcentage sur Donald Trump.

À cette époque, Donald Trump s’adressait à des foules de plusieurs milliers de personnes. Pendant ce temps,  quand il n’était pas barricadé dans son sous-sol, Joe Biden était chanceux s’il parvenait à attirer une foule d’une centaine de personnes.



Ces sondages sonnaient faux.

J’ai donc fait des recherches et j’ai conclu que les sondages avaient sous-estimé les appuis des électeurs républicains.

Dans l’un de mes articles, datant du 8 septembre 2020, j’ai prédit que le vote silencieux en faveur de Donald Trump représenterait plus de 2 % de l’électorat.

Je n’étais pas le premier à considérer cette possibilité, mais j’étais l’un des premiers à faire cette prédiction.

Les instituts de sondage ne voulaient pas admettre que leurs sondages étaient biaisés en faveur des Démocrates.

Cependant, il s’est avéré que mon estimation était trop basse de moitié. En fait, l’erreur de sondage pour l’élection de 2020 était d’environ 4 % à l’échelle nationale, la plus importante de ces 40 dernières années.
Venons-en à aujourd’hui.

L’inflation est de plus de 8 %, le prix des denrées alimentaires et de l’essence est en hausse, la criminalité est en augmentation, il y a une pénurie nationale de lait en poudre pour bébé, et ne me parlez pas de la crise frontalière.

Pourtant, dans les sondages récents, le taux d’approbation du travail de Joe Biden est proche de 40%. Cela signifie que près de quatre Américains sur dix pensent que Joe fait du bon travail, si l’on en croit la moyenne de RealClearPolitics.

Je n’y crois pas.

Il est possible que l’approbation du travail de Joe Biden soit favorisée par la couverture positive de l’actualité et des médias sociaux. Mais je n’y crois pas non plus. La propagande a ses limites, et même les démocrates de la base doivent faire le plein d’essence et acheter des produits alimentaires.

La grande différence entre aujourd’hui et il y a deux ans est que les sondeurs admettent désormais que leurs résultats sont systématiquement biaisés contre les conservateurs. Par exemple, dans un article publié dans Vox [un site de nouvelles], le sondeur David Shor a déclaré :

« Pendant trois cycles consécutifs, il y a eu cette tendance constante des sondeurs à surestimer le soutien des démocrates dans certains États et à sous-estimer le soutien dans d’autres États. Cela s’est produit en 2018. C’est arrivé en 2020. Et la raison pour laquelle cela se produit est que la façon dont [les sondeurs] font les sondages en ce moment ne fonctionne tout simplement pas. »

Les sondeurs sont donc confrontés à deux problèmes fondamentaux.

Le premier est le besoin de développer un modèle précis de participation électorale qui prédit qui est susceptible de voter. L’autre consiste à obtenir une mesure impartiale de ce que pensent les électeurs, ce que l’on appelle un échantillon aléatoire.

1) Le modèle de participation est généralement basé sur des répartitions démographiques et sur l’historique des votes. Si les sondeurs se trompent dans le modèle, cela peut fausser leurs résultats. Par exemple, lors de l’élection de 2020, la plupart des modèles de participation n’ont pas tenu compte des républicains qui votent rarement, participant en plus grand nombre que prévu.

2) Le deuxième problème est d’obtenir un échantillon aléatoire de l’électorat. Malheureusement, au cours des dernières élections, cela est devenu de plus en plus difficile à réaliser. Bien qu’il existe plusieurs théories pour expliquer ce phénomène, cela se résume à deux aspects. L’un est la technologie, et l’autre le manque de confiance dans les sondages politiques.

Dans les années 1990, les sondeurs pouvaient compter sur un échantillon aléatoire de réponses aux enquêtes téléphoniques, mais plus maintenant.

Bien que la plupart des Américains possèdent un téléphone portable, l’interdiction d’appels automatiques sur les téléphones portables signifie que les sondeurs continuent d’appeler les lignes fixes. Cela pose problème car les lignes fixes ont une démographie différente de celle de la population générale. Et beaucoup d’entre eux sont dotés de la fonction «identification de l’appelant», qui permet aux électeurs de voir qui appelle.

Selon un professeur de l’Université Fairleigh Dickinson, Dan Cassino :

« La fonction « identification de l’appelant », plus que tout autre facteur, signifie que moins d’Américains décrochent le téléphone quand un sondeur appelle. Cela signifie qu’il faut faire plus d’appels pour qu’un sondage atteigne un nombre suffisant de répondants afin de constituer un échantillon valable, mais cela signifie aussi que les Américains font un tri avant de décrocher le téléphone. »

La question de la confiance est un problème de société qui se pose depuis de nombreuses années. En raison des querelles partisanes, certains électeurs ont perdu confiance dans nos institutions nationales, dans la politique et, par association, dans les sondages politiques.

Ce problème touche davantage les conservateurs que les libéraux, ce qui entraîne un effet de sondage appelé « non-réponse partisane » ou « biais de non-réponse ».

La «non-réponse partisane» est un phénomène selon lequel les conservateurs peu confiants renoncent à participer aux sondages et sont remplacés par des libéraux plus confiants.

Pourquoi les électeurs conservateurs renoncent-ils à répondre aux sondages ?

Le sondeur Nate Silver a deux théories :

« Tout d’abord, les électeurs républicains se méfient de plus en plus des institutions et de la société, ce qui pourrait se répercuter sur leur perception des sondeurs. Deuxièmement, les diplômés républicains des banlieues sont plus susceptibles de craindre une sanction professionnelle pour leurs opinions et s’autocensurent donc davantage, y compris lors des enquêtes. »

Les électeurs confiants sont fondamentalement à l’opposé. Ils ont tendance à être très instruits, libéraux et plus enthousiastes à l’idée de parler aux sondeurs.

Le sondeur indépendant Richard Baris pense que la raison du biais des sondages en faveur des Démocrates est l’endroit où ils effectuent leurs sondages.

« Vous devez regarder non seulement qui vous sondez, mais où vous sondez. De la façon dont ils sondent, ils atteignent des électeurs qui sont le plus souvent en milieu urbain. Dans ce cas, votre échantillon républicain sera composé de républicains proches de John Kasich … et de Bill Kristol [deux Never-Trumpers qui ne font pas partie des républicains qui ont donné la présidence à Donald Trump.] … »

Les sondeurs se disent ouverts à de nouvelles méthodes pour contacter les électeurs à part les appeler sur des téléphones fixes.

Ils ont l’intention de rechercher quels groupes d’électeurs peuvent manquer dans leurs échantillons. Mais cela permettra-t-il de corriger le biais de non-réponse des sondages ?

Selon M. Shor, la réponse pourrait être négative.

« La recherche qualitative ne résout pas le problème d’un groupe de personnes très, très enthousiastes à l’idée de partager leurs opinions, alors qu’un autre groupe ne l’est pas. Tant que ce préjugé existe, il se répercute sur tout ce que vous faites. »

Voyons si quelque chose a changé depuis 2020. Si vous faites la moyenne des deux sondages d’octobre 2020 dans le New Jersey, Joe Biden menait par 22 points. Selon le Cook Political Report, il l’a emporté par 16 points, soit une erreur de 6 points.

Pour ce qui est de l’élection de 2021 dans l’État du New Jersey, les sondages ont surestimé la marge de victoire du Gouverneur Murphy de 5 points. Apparemment, le parti pris des démocrates n’a pas changé dans le New Jersey.

Si vous faites la moyenne des quatre derniers sondages en Virginie en 2020, Joe Biden menait par 11,5 points. Il a gagné par 9,4 points, soit un écart de 2,1.

En 2021, les sondages semblent avoir vu juste, prédisant une marge de 1,7 % en faveur de Glenn Youngkin contre un résultat réel de 1,9 %.

Toutefois, le tableau est différent si l’on se concentre sur le seul sondage aberrant inclus dans la moyenne de la Virginie. Si l’on supprime ce sondage, la moyenne de Youngkin passe à +0,4. Par conséquent, la moyenne ajustée des sondages sous-estime les appuis en faveur de Youngkin de 1,5 point de pourcentage. Le biais démocrate est donc toujours bien présent, mais masqué par un sondage défectueux.

En plus du biais de non-réponse, un autre problème dans les chiffres d’approbation des Démocrates est que la plupart des sondages portent actuellement sur les électeurs inscrits plutôt que sur les électeurs probables.

Nate Silver estime que les sondages de mi-mandat auprès des électeurs inscrits ont tendance à pencher en faveur des Démocrates.

« Nous estimons qu’en moyenne, lors des années de mi-mandat depuis 1990, les sondages auprès des électeurs inscrits ont eu un biais démocrate de 2,6 points de pourcentage – par rapport aux sondages auprès des électeurs probables, qui n’ont pas été biaisés. »

Si les sondages actuels surestiment les taux d’approbation de Joe Biden et des autres Démocrates, à quel point est-ce important ?

Le climat politique en 2022 est différent de celui de l’élection de 2020, mais le biais des sondages démocrates qui était de 4 % à l’échelle nationale, semble demeurer.

Comme le biais de non-réponse de 4%, et le biais des électeurs inscrits de 2,6%, devraient être mutuellement exclusifs, nous pouvons les additionner. Cela nous donne un biais démocrate total d’environ 6,5 %.

Qu’est-ce que cela signifie ? Tant que les instituts de sondage n’échantillonnent pas les électeurs potentiels juste avant l’élection, vous pouvez soustraire un solide 6 % des chiffres d’approbation de Joe Biden. Et si rien ne change avant l’élection, tout Démocrate qui mène par 3 % ou moins a de fortes chances d’être battu.

Les Démocrates ont intérêt à prier que je ne suis pas en train de refaire l’erreur de sous-estimer le nombre d’électeurs républicains cachés, comme je l’ai fait en 2020.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

Source : Americanthinker

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