Publié par Eduardo Mackenzie le 4 juin 2022

Rodolfo Hernández, le candidat qui pourrait être élu président de la République de Colombie le 19 juin prochain, a révélé il y a quelques jours qu’il est, comme des centaines de milliers de Colombiens, une victime des FARC et de l’ELN, qu’il est une double victime, dans des conditions extrêmement dramatiques, de ces deux organisations criminelles  du narco-communisme.

Le 28 avril, devant un groupe de 80 jeunes réunis par Caracol Radio, Hernández a répondu à une série de questions. Là, il a révélé que les FARC avaient kidnappé son père il y a plusieurs années pendant 135 jours, qu’ils l’avaient séquestré dans une zone rurale à la périphérie de Bucaramanga, Santander. « Nous avons dû y aller pour le faire sortir », a-t-il ajouté.  « Il est sorti fou » a précisé Hernandez.  Il a détaillé que son père avait été enfermé dans une caverne du Cerro La Aurora, « sur la route qui mène à Barrancabermeja ».

Devenez « lecteur premium », pour avoir accès à une navigation sans publicité, et nous soutenir financièrement pour continuer de défendre vos idées !

En tant que lecteur premium, vous pouvez également participer à la discussion et publier des commentaires.

Montant libre







Immédiatement, il a raconté l’autre atrocité, encore pire, que lui et sa famille ont dû subir de l’ELN. « En 2004, ma fille a été kidnappée et ce kidnapping dure depuis 17 ans. Nous avons fait toutes les actions, y compris [un appel] au président de la République, pour pouvoir la libérer ». En vain.

Il a précisé : « Ma fille, ils l’ont tuée. Pourquoi a-t-elle été tuée ? Parce que l’État n’a jamais obéi et ensuite parce qu’ils m’ont pris comme bouc émissaire, et ça aurait pu arriver a n’importe qui d’entre vous. Ils vous tuent pour ne pas accepter  leur demande. Je devais leur payer deux millions de dollars. Et que se passe-t-il si je paie ? J’ai encore trois enfants. Ils auraient pu prendre [un], puis l’autre, et puis l’autre et après ma femme et ma mère. Cela n’a pas de fin. J’ai dû nouer mon pantalon et affronter toute cette douleur », a conclu Rodolfo Hernández entre deux sanglots (1).

Le public a applaudi Hernández mais personne n’a fait de commentaire répudiant la cruauté des guérillas marxistes. Personne n’a fait un geste de solidarité avec la victime qui s’adressait à eux. Personne n’a posé de question supplémentaire sur cette révélation dramatique. Ils passèrent à autre chose comme si ce sujet n’avait que peu d’intérêt.

Deux jours plus tard, Infobae, un site web argentin,  a tenté de résumer la chronique des deux enlèvements. Le résultat était indécent. L’auteur de l’article, anonyme, a changé les mots d’Hernandez pour excuser les auteurs des atrocités. Il a affirmé que la fille du candidat avait été « victime du conflit armé », utilisant cette formulation désormais systématique des FARC pour cacher leurs violences. Et de poursuivre : « La descendante du candidat était retenue par un groupe armé ». « Retenue » au lieu de dire quelle avait été  kidnappée et probablement  tuée. Infobae a parlé de « groupe armé » au lieu de nommer les FARC et l’ELN et au lieu de dire que le père d’Hernandez était sorti fou  il a parlé de « choc psychologique ».

Les deux proches de Rodolfo Hernández n’étaient pas « victimes du conflit armé ». Ils ont été victimes de deux bandes criminelles spécifiques. « Conflit armé » est une formule juridique, abstraite, diffuse, où interviennent de nombreux acteurs, certains légitimes, d’autres criminels. Les marxistes parlent de « conflit armé » pour masquer le fait que la Colombie, en combattant les guerillas communistes, se défend de l’agression massive décrétée par le totalitarisme soviétique depuis le début de la Guerre Froide. L’élément de langage « conflit armé » sert ainsi à masquer les véritables agresseurs derrière un nuage opaque.

La manipulation des déclarations de Rodolfo Hernández, où il révèle qu’il a été la  victime des deux guérillas les plus féroces du pays, fait partie probablement de la sale guerre que le petrisme a lancée contre son rival le plus dangereux.

Même l’intention du candidat a été déviée. Le correspondant d’Infobae à Bogotá a estimé que Rodolfo Hernández, avec sa « confession », avait donné « de quoi parler dans les dernières heures », comme si son témoignage douloureux n’avait pas été spontané mais prévu pour attirer l’attention et pour, comme l’a dit l’auteur de ces lignes infâmes, « choquer le pays ». Il est même allé jusqu’à laisser entendre que le candidat était devenu un comédien parce qu’il « a réussi à s’émouvoir » devant son auditoire.

Dans une réunion ultérieure, Rodolfo Hernández a encore parlé de sa tragédie personnelle. Mais cette fois il a ajouté en pleurant : « Moi, si je devenais président de la République, je n’agirai pas par vengeance. […]  Qu’est-ce que je ferais? Je proposerais une autre clausule à l’accord qui est déjà signé avec les FARC parce que je ne peux pas prétendre transférer toutes les épreuves que j’ai vécues à d’autres Colombiens. Ce que je ferais, ce serait un pardon total. »

Pardonner aux criminels est-ce la solution ? N’est-ce pas ce que fait la Colombie depuis les années 1960? Cela a-t-il servi à calmer les violents ? Force est de constater que non. La violence est augmentée, grâce au pardon judiciaire. Il est temps de reconnaître qu’il existe une notion plus importante que le pardon total : la justice. Seule la justice parvient à faire diminuer la violence et à préserver durablement la paix. Malheureusement, quand nous cédons aux escrocs en croyant que le crime se combat par l’amnistie, nous ouvrons la voie au mal, à la destruction, au nihilisme.

Candidat Rodolfo Hernández, réfléchissez à cela. Dans l’histoire des nations, il y a des moments où le pardon inconditionnel n’est pas la solution, car il équivaut à une corruption des droits de l’homme, à aider le crime et à renforcer l’impunité. La justice est une valeur plus grande et plus sûre que le pardon total. Il peut y avoir pardon, certes, mais à condition que le criminel se repente et paie une peine de prison dictée par la justice.

© Eduardo Mackenzie (@eduardomackenz1) pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

(1).- Vidéo: https://noticias.caracoltv.com/politica/elecciones-colombia/rodolfo-hernandez-en-el-pais-de-los-jovenes-ex40

Abonnez-vous sans tarder à notre chaîne Telegram, pour le cas où Dreuz soit censuré, ou son accès coupé. Cliquez ici : Dreuz.Info.Telegram.

Inscrivez-vous gratuitement pour recevoir chaque jour notre newsletter dans votre boîte de réception

Si vous êtes chez Orange, Wanadoo, Free etc, ils bloquent notre newsletter. Prenez un compte chez Protonmail, qui protège votre anonymat

Dreuz ne spam pas ! Votre adresse email n'est ni vendue, louée ou confiée à quiconque. L'inscription est gratuite et ouverte à tous