Publié par Jean-Patrick Grumberg le 14 juin 2022
Si Trump gagne en 2024, le prix du brut reviendra à ses niveaux d’avant Biden, et la Russie s’écroulera économiquement

Pour 1,4 milliard de dollars, le géant mondial du hamburger McDonald’s a cédé ses 850 restaurants de Russie, qui ont enregistré à eux seuls en 2021 un bénéfice net de 1,7 milliard de dollars dans les revenus de la chaîne (environ 8% de ses revenus mondiaux).



Selon l’accord signé entre la chaîne et l’homme d’affaires russe Oleg Farouev, elle pourra racheter les restaurants dans les 15 ans. Il n’en reste pas moins que le décrochage des logos en forme d’arche est devenu le symbole d’une situation nouvelle et irréversible, ou du moins d’une situation qui va bouleverser la traditionnellement médiocre économie russe (PIB par habitant : 10 312€ en Russie, contre 43 680€ pour la toute petite Belgique en 2021).

Le professeur Ilya Matwaib, de l’école de commerce de l’université de Saint-Pétersbourg, dans son article sur l’impact des sanctions, publié à la fin du mois dernier, a évoqué l’impact économique sur les exportations et importations financières et logistiques, les investissements étrangers et les sanctions des oligarques.

  • Le marché d’exportation russe est estimé à 330 milliards de dollars par an.
  • Près de la moitié des recettes totales de la Russie proviennent de la taxation des bénéfices d’exportation des produits énergétiques (pétrole, gaz et charbon), qui représentent plus de la moitié du marché d’exportation.
  • Le reste des produits d’exportation sont l’or, le platine et le blé, qui représentent ensemble moins de 10 % des exportations totales (la Russie est le plus grand exportateur de blé au monde).

Même le ministère des Finances l’admet déjà : les recettes des exportations de gaz et de pétrole ont diminué

  • À la fin du mois dernier, le ministère russe des Finances a admis pour la première fois depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, que les recettes totales provenant de la vente de gaz et de pétrole à l’Occident avaient considérablement diminué, sans toutefois citer de chiffres.
  • Malgré cela, en raison de la hausse des prix du pétrole et du gaz, la dévaluation a réussi à se modérer.
  • La Banque mondiale prévoit qu’en suivant les tendances actuelles, la Russie perdra 11 % de son PIB d’ici la fin de l’année, une situation qu’elle n’a approchée pour la dernière fois que lors de la crise économique de 1998-1997.
  • Les prévisions à long terme annoncent une baisse annuelle du PIB pouvant aller jusqu’à 17% d’ici 2027, car même si les sanctions sont levées à un moment donné, les ventes de pétrole et de gaz de la Russie ne retrouveront plus les niveaux d’avant-guerre, tant en raison de la baisse de la demande sur les marchés occidentaux que des dommages et de l’érosion continus des capacités d’approvisionnement en pétrole en Russie même.
  • Cependant, si Donald Trump redevient président, il fera immédiatement baisser le prix du pétrole brut, ce qui divisera par trois les revenus russes, et feront plonger le pays dans une tourmente dont seul le président Poutine aura été responsable.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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