Publié par Gilles William Goldnadel le 15 juin 2022

Emmanuel Macron a ménagé le leader de la France insoumise et a cherché à séduire ses électeurs par tous les moyens. Il n’a fait que le légitimer et le renforcer, blâmé l’essayiste*.

Ainsi, M. Mélenchon ne sera pas premier ministre mais M. Macron ne pourra peut-être pas gouverner seul. Au lendemain du premier tour des législatives, une triste évidence s’impose : une coalition de gauche, dominée pour la première fois par son extrémité, occupe une place centrale sur le spectre politique français.



A plusieurs reprises dans ces colonnes, j’ai reproché aux droites divisées de ne pas avoir mené la guerre culturelle contre l’extrême gauche, à commencer par cette lourde erreur sémantique de ne pas l’avoir appelée par son nom et d’avoir donc été extrémisées seule. Je voudrais à présent montrer les lourdes fautes morales et politiques de la macronie, à l’origine tant de ses déboires que du succès, si j’ose dire d’estime, de la gauche extrême.

La première faute aura été de ne pas appeler clairement à un barrage contre cette dernière, à l’instar de celui qu’elle avait édifié lors de l’élection présidentielle contre l’extrême droite autrement plus contestable dans sa réalité.

La seconde aura été, tout au long de la campagne législative, de faire des concessions idéologiques fondamentales à la gauche extrême, soit consciemment pour séduire son électorat, soit inconsciemment pour complaire à une certaine presse complaisante envers elle, soit enfin faute de ligne claire.

La liste est longue de ces concessions qui renforçaient Jean-Luc Mélenchon et lui donnaient raison Au plan économique, le flou le plus artistique aura été entretenu tant sur les retraites que sur la nécessité d’en finir enfin avec l’argent magique.

« La liste est longue de ces concessions idéologiques d’un président aux convictions éthérées qui renforçaient Mélenchon et lui donnaient raison »

Mais c’est au plan sociétal que les concessions les plus invraisemblables auront été désastreuses tant pour la macronie que pour le pays. Elles se caractérisent par le reniment le plus cynique et une absence de tout esprit critique. Elles auront été reçues comme un cadeau par un adversaire gauchisant qui n’en demandait pas tant.

C’est ainsi qu’un ministre de l’Education nationale laïque et républicain qui n’aura pas démérité dans ses intentions aura été remplacé par son exact contraire : un intellectuel racialiste ayant participé à des groupes interdits aux blancs, n’en déplaise aux malvoyants volontaires, qui considère, ainsi que le rappelait Alain Finkielkraut dans ce journal, que « des Blancs agressés ne sont pas victimes de racisme puisque faisant partie du peuple dominant ».

Ainsi encore, le spectacle désastreux des agressions, y compris sexuelles, au Stade de France aura été délibérément dissimulé, au propre comme au figuré, pour ne pas offusquer un électorat de la Nupes qu’on ne voulait pas croire définitivement captif. On préféra choisir la voie d’une anglophobie ridiculement injuste mais plus correcte politiquement, les Anglais étant manifestement trop blancs pour être honnêtes.

Toute lise en responsabilité d’une délinquance immigrée ou étrangère irrégulière mise sous le nez des Français étant expressément considérée comme « nauséabonde » par le ministre de l’intérieur.

Enfin, à aucun moment il ne vint à l’idée du parti présidentiel ou à son chef, plutôt que de lui faire des cadeaux, de donner son paquet au leader maximo des insoumis.

Rien sur son passé ou son présent. Rien sur ses accointances avec les dictateurs Fidel Castro, Chavez ou Maduro. Rien sur l’islamo-gauchisme impénitent de son parti allant jusqu’à la complaisance pour l’islamisme radical.

Rien sur ses intelligences avec l’antisémite Jérémy Corbyn, invité donc sans complexe ni encombres à Paris par Mme Danièle Obono, il est vrai admiratrice d’Houria Bouteldja, judéophobe assumée.

Il eut été à cet instant opportun moralement autant que politiquement de rappeler le soutien du chef insoumis à son camarade britannique, depuis mis au ban de don parti précisément pour cause d’antisémitisme virulent.

Et au fait que le premier avait mis la défaite du second sur le large dos du grand rabbin d’Angleterre.

Pour le même prix, la macronie aurait pu rappeler que M. Mélenchon avait remis au goût du jour ce mythe combien meurtrier du peuple juif déicide, depuis longtemps condamné par l’Eglise catholique et romaine.

Seules ses réflexions sur « la police qui tue » furent in fine morigénées.

Terrain néanmoins glissant de la part d’un président qui évoquait il n’y a pas si longtemps sur un média dédié à la jeunesse « les violences policières » et « les contrôles au faciès ».

Tant et si bien que l’on est conduit à s’interroger sur la conduite de la macronie. Difficile à l’arrivée de faire le départ entre les concessions tactiques désastreuses ou des proximités idéologiques de la part d’un président aux convictions floues et éthérées.

Une chose est plus acquise : M. Mélenchon peut dire merci à M. Macron et à ses amis.

*Avocat à la cour. Dernier ouvrage paru : « Manuel de résistance au fascisme d’extrême gauche » (Nouvelles Editions de Passy, janvier 2022).

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel pour Dreuz.info

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