Publié par Dreuz Info le 22 juillet 2022
BoJo, un punk au 10 Downing Street

Vous avez adoré le détester ? Vous allez comprendre pourquoi.

Mais si vous étiez fan de BoJo dès le départ, je sais désormais que nous sommes au moins deux.[1]Sad to give up the best job in the world« , personne n’est indispensable a-t-il reconnu, triste malgré tout d’abandonner le meilleur boulot au monde. Tim Stanley du Telegraph a dit qu’on pouvait imaginer Boris dans ses dernières heures paraphrasant Lampedousa : “I was the leopard ! Those that will take my place will be the poodles…” (J’étais le guépard, ceux qui prendront ma place seront des caniches.)

Dreuz a besoin de votre soutien financier. Pour soutenir Dreuz.info, cliquez sur ce bouton :



Trois ans… comme Kennedy. Voilà ce qu’aura duré le formidable règne échevelé de BoJo, 2019-2022. Reste plus qu’à écrire sa légende, comme la famille Kennedy l’a fait pour John qui avait juste été assassiné par un communiste nommé Lee Harvey Oswald. Que laissera Boris Johnson ? Le Brexit. Rien que le Brexit. Tout le Brexit. Eh bien, excusez du peu ! Comment un seul homme a fait l’Histoire ?

Il a résisté. « Vous devrez tremper vos mains dans le sang pour vous débarrasser de moi », titre le tabloïd The Sun, reprenant le message provocateur du Premier ministre britannique aux opposants au sein de son parti. Un « allié important » du Premier ministre répète dans le journal la position officielle de Downing Street selon laquelle les « rebelles » devront ignorer la « volonté du peuple » s’ils veulent que Johnson parte.

« J’ai gagné 14 millions de votes » a-t-il lancé aux comploteurs venus la dague dans leur tunique, sous-entendant : pas le Parti Conservateur, rapporte Fraser Nelson du Spectator.

Quand il a fait son discours d’adieu, Tim Stanley du Telegraph, dans un papier titré : Boris hantera ses ennemis des années durant, dit qu’ila pensé : « Les Tories vont le regretter. »

L’histoire de l’Angleterre se confond avec celle de la liberté, et Boris Johnson restera avec le Brexit en ce début de XXIème siècle – l’artisan d’une grande victoire de la liberté pour la Grande-Bretagne comme le fût Churchill – l’homme de la victoire sur l’Allemagne nazie.

De Churchill, il en avait fait un livre : Le facteur Churchill, sous-titré : Comment un homme (sous-entendant un homme seul) a fait l’histoire. Tout est dit dans ce titre antimarxiste au possible. The Times en dira : « L’énergie de Churchill – son inlassable recherche d’enthousiasme, de gloire et de pouvoir – demandait un écrivain aussi pétillant et passionnant pour rendre justice à
son histoire. Johnson est cet écrivain. »[1]

Pour être complet il faudrait y ajouter le rôle de Dominic Cummings et de sa formule « Take back control », voir à ce sujet l’excellent film anti-Brexit et férocement anti-Boris Johnson The Uncivil War[2]. (Verser au dossier une pièce de l’adversaire est toujours une bonne stratégie de défense.) Et Il faudrait surtout ajouter le rôle de Nigel Farage qui a sacrifié unilatéralement ses possibles députés du Brexit party, en ne les présentant pas face aux conservateurs pour assurer une victoire écrasante des députés conservateurs conduits par Boris Johnson en 2019, ces derniers n’ayant qu’un seul tour pour gagner, et garantir ainsi que le Brexit soit fait.  

L’Angleterre de BoJo a définitivement opté pour le grand large. A la barre de la Global Britain, cheveux blonds en bataille, Captain Britannica venait encore de renforcer sa législation afin de mettre un terme au chantage permanent des associations sans-frontiéristes, juste avant de participer au sommet du Commonwealth à Kigali au Rwanda, où il déclare : « En concluant des accords de libre-échange et en libéralisant les tarifs, nous stimulons la croissance et la prospérité, créons des emplois et atténuons les pressions auxquelles nous sommes tous confrontés sur le coût de la vie – au profit de tout notre peuple. »

Ce que les Français ont du mal à comprendre, c’est que quitter l’Union Européenne est le contraire du repli sur soi. C’est le régime de Bruxelles qui est un grand renfermement bureaucratique et constructiviste.

L’ONG Care4Calais avait dernièrement réussi à clouer sur le tarmac britannique un charter de clandestins et de demandeur d’asile en partance pour le Rwanda en vertu du programme signé entre Londres et Kigali. En effet bien que le Royaume-Uni ait officiellement quitté l’Union européenne en 2020, le pays fait toujours partie du Conseil de l’Europe et de sa filiale CEDH, car il s’agit d’une institution techniquement distincte de l’UE, mais si étroitement alignée qu’elle partage le même drapeau et sont situés sur le même campus du « Quartier européen » à Strasbourg. Mais le premier ministre est à la manœuvre.

Le vice-premier ministre et secrétaire à la Justice, Dominic Raab, qui a présenté le projet de loi, a déclaré dans le Times : « Nous indiquerons très clairement que le Parlement a le dernier mot en ce qui concerne la fonction législative et que la Cour suprême de Londres a le dernier mot en ce qui concerne la fonction judiciaire.

« Nous indiquerons très clairement que les tribunaux britanniques n’auront pas à tenir compte de la jurisprudence de Strasbourg et qu’ils sont explicitement libres de s’en écarter. »

Le gouvernement britannique sera désormais en mesure de renverser les juges européens sur le déplacement des migrants illégaux dans le cadre des réformes des règles britanniques en matière de droits de l’homme présentées à la Chambre des communes.

Sur le front du Brexit le premier ministre britannique défie l’UE sur la question de l’impossible protocole douanier nord-irlandais qui menace l’intégrité du territoire britannique. Ce bras de fer avec Bruxelles mené vaillamment par Liz Truss : « La doctrine de la nécessité fournit un fondement clair en droit international pour justifier l’inexécution d’obligations internationales dans certaines conditions exceptionnelles et limitées ».

« Ils l’ont eu. »

Selon l’essayiste David Goodhart[3], Boris Johnson n’a jamais vraiment été accepté par « l’establishment » du Parti conservateur. Les Anywheres, l’establishment néolibéral, pro-UE et globaliste des 30 dernières années ont continué à diriger le pays [le même Etat profond que nous avons vu à l’œuvre aux USA contre Trump] « alors qu’au sommet, une fine couche rejetait ce paradigme au nom de la souveraineté nationale et des priorités politiques des personnes plus conservatrices et moins instruites que [Goodhart] appelle les Somewheres. Boris Johnson était en quelques sorte à cheval entre les deux. »

L’Histoire retiendra donc que c’est une cabale qui est venu mettre fin au mandat de l’homme qui est à l’œuvre derrière toutes ces grandes avancés pour le pays. Et au nom de quoi ? Downing Street a été contraint de « reconnaître » que le Premier ministre « était au courant depuis 2019 des allégations de comportements inappropriés » concernant le parlementaire Chris Pincher, qui avait rejoint l’équipe de Boris Johnson en février, avant de démissionner la semaine dernière dans la foulée d’accusations par deux hommes d’attouchements sexuels dans un club privé. Boris Johnson avait alors dépêché ses ministres sur le terrain « pour prendre sa défense » et assurer qu’il n’était au courant de rien. Cela s’apparente à un mensonge. Mais la vérité c’est qu’il n’en avait rien à faire. Sous couvert d’extension du domaine de #metoo, nous voilà bientôt revenu à l’époque Victorienne, quand Oscar Wilde subissait la loi de 1885 qui avait repénalisé l’homosexualité.

John Major, l’ancien premier Ministre conservateur, a publié une lettre adressée au Comité 1922, comité de député de l’arrière-ban, à ceux-même qui avaient déposé une motion de défiance heureusement restée minoritaire. La lettre disait qu’il était “unwise” (imprudent) “and may be unsustainable”, (et qu’il pourrait être intenable) de laisser Johnson en poste jusqu’à trois mois. Malgré la guerre en Ukraine, et le rôle important qu’il y joue, il n’y a pas eu d’effet drapeau pour BoJo.

Je me suis souvent dit, comme je me le suis dit pour Trump, qu’un homme autant détesté ne pouvait pas être complétement mauvais, bien au contraire ; a contrario de l’actuel président français tant aimé des médias mainstream et des journalistes.

Carrie – une communicante limite woke -, sa fiancée devenu sa femme et la mère de deux de ses enfants, surnommée la Princesse Nut-Nut,[4] n’a pas contribué a amélioré son image (Curtaingate). Elle l’a même affaibli en obtenant la tête du génial stratège conservateur Dominic Cummings[5]. « Ironie du sort en participant au limogeage de son rival, Carrie Johnson privera Boris de son meilleur démineur, » écrit Antoine Colonna dans Valeurs Actuelles. Dans l’état actuel des choses, la fête prévue fin juillet à Chequers, la résidence de campagne des Premiers ministres, pour célébrer leur mariage qui s’était déroulé dans l’intimité, est annulée. Mais ça ne changera rien.

Dernière victoire arrachée sur le front des politiques de l’identité victimaire, ce même mercredi où les démissions s’amoncèlent sur le bureau du Premier ministre, la Fédération britannique de triathlon annonce que les femmes transgenres ne pourront plus participer aux épreuves féminines de triathlon en Grande-Bretagne, mais devront intégrer une nouvelle catégorie avec les hommes. On sait que Boris avait eu le cran de plaider contre la participation des « hommes biologiques » aux compétitions sportives féminines – parce qu’aujourd’hui il faut du cran pour invoquer le réel biologique.

« Ils l’ont eu, » écrit Trevor Phillips dans The Times[6]. « Lord Illingworth le personnage d’Oscar Wilde [dans Une femme sans importance], a décrit la chasse au renard par des Anglais comme étant “the unspeakable in [full] pursuit of the uneatable”. « L’innommable intégrale poursuite de l’immangeable ». Même ceux qui n’ont pas commencé à crier ont conclu que ce porcelet était particulièrement indigeste. Ils l’ont fait sortir, écrit le journaliste travailliste dans The Times. « Ceux qui dansent de joie au départ de Boris Johnson ont droit à leur moment au soleil, poursuit-il. (…) La fureur de ceux qui ne sont pas doué de son charisme est compréhensible, mais elle n’est pas noble. »

« La montée de Johnson a étouffé la menace populiste. L’argument de « l’establishment » est que sa chute ouvre la voie au rétablissement du statu quo. » C’est la croyance que la plupart des problèmes dans la vie britannique peuvent être attribués au manque de rigueur, aux transgressions des règles ou au comportement de Boris Johnson. Mais les électeurs ne partagent pas l’obsession anti-BoJo. Le symptôme supprimé, la cause restera. « Le danger de la chute de Johnson est que les gestionnaires complaisants et laxistes se persuadent que le pays veut qu’ils reprennent les rênes. Selon le Illingworth de Wilde, la grande force de la Chambre des lords, « c’est qu’ils ne sont jamais en contact avec l’opinion publique. C’est ce qui fait de nous une institution civilisée. » Trop de gens à Westminster et à Whitehall partagent ce point de vue. Si cela se concrétise, la retraite de Nigel Farage [ancien Conservateur, désormais à la tête du Parti de la réforme, mais classé à l’extrême droite] pourrait être de très courte durée, » s’inquiète le journaliste de gauche.

« Qu’ils ne se réjouissent pas trop vite »

La meute s’acharne sur le locataire du 10 Downing Street. La musique Yakety Sax du Benny Hill Show retentit à plein régime alors que le chef des Tories – cible des mauvais perdant anti-Brexiteers – se fait attendre ce jeudi 7 juillet devant le 10 Downing Street pour annoncer sa démission dans un discours officiel. Si le bras qui a failli est celui de Steve Bray, le militant anti-brexit et anti-Boris Johnson, la tête est celle du méchant dans Paddington 2. « Ravi de constater que vous avez retrouvé l’usage de vos enceintes. Auriez-vous à tout hasard la musique de Benny Hill ? », a écrit l’anti-Brexiteer forcené Hugh Grant[7] à l’activiste, sans même réaliser que dans leur nouveau monde arc-en-ciel Benny Hill serait cloué au pilori et sera bientôt effacé.

Charlie Brooker, créateur de la série dystopique Black Mirror, a dit avoir « une idée terrible, celle qu’à tout moment maintenant, Johnson va relancer une ancienne sauvegarde et qu’on devra revivre ces six dernières semaines encore une fois », sous-entendu de scandales quotidiens. Plus trash, l’écrivain écossais Irvine Welsh, l’auteur de Trainspotting dont le film du même nom a été adapté par Danny Boyle, a listé les faits d’armes de celui dont « malheureusement » on se « souviendra comme d’un clown qui a réussi à accéder au pouvoir, et non pas comme d’un visionnaire qui a fait un Brexit de merde, menti à la reine et au pays, tué plus de 100.000 personnes avec son protocole de merde pendant le covid, a menti pendant le confinement, a insulté les noirs, les musulmans, les gays, les femmes, les travailleurs, (…) s’est caché dans un frigo et s’est chié dessus pour apparaître dans les débats tv, mais ainsi va la vie ». « Il laissera ses grandes chaussures d’idiot pour le clown suivant. »

La ligne de conduite de Boris Johnson semble avoir toujours été celle d’Oscar Wilde dans Le Portrait de Dorian Gray : « There is only one thing in the world worse than being talked about, and that is not being talked about. »  Il n’y a qu’une chose au monde qui soit pire que d’être l’objet de toutes les conversations, c’est de n’être l’objet d’aucune. Il est servi.

Si Boris Johnson a quitté son poste de chef du parti Conservateur, il n’a pas démissionné de son mandat de Premier ministre. Il a annoncé rester au 10 Downing Street le temps que les Tories choisissent son successeur, c’est-à-dire potentiellement jusqu’à l’automne. Une décision qui ne convient à personne. Que ce soit dans l’opposition ou parmi ses anciens alliés, tous demandent qu’il parte tout de suite. Bye Boris !

« Les tâches vraiment difficiles lui étaient plus facile que le train-train »

Mais qu’ils ne se réjouissent pas trop vite, « il pourrait (…) faire une sorte de retour, surtout si les Tories perdent les prochaines élections. » imagine David Goodhart.

Mieux nous dit Antoine Colonna, en cas de motion de censure des travaillistes contre le gouvernement, si les Tories lâchent Boris, ils perdent leur majorité, ce qui déclencherait de nouvelles élections sanglantes pour le parti. « Si les conservateurs soutiennent Johnson, ils doivent sauver celui-là même qu’ils veulent chasser. » C’est pourquoi il « prépare toujours avec son cabinet resserré une réforme de la fiscalité attendue par les électeurs et les élus du parti. »

Jeremy Stubbs, président du Parti conservateur britannique à Paris interrogé par Martin Bernier[8] du Figaro répond que tout se passe comme si les tâches vraiment difficiles lui étaient plus facile que le train-train des tâches routinières qui inspiraient beaucoup moins son génie particulier. « On a l’impression qu’en Europe les commentateurs ont hâte d’entendre que la chute de Boris Johnson a quelque chose à voir avec le Brexit. (…) Au Royaume-Uni le Brexit est largement accepté comme un fait accompli, qu’on le considère comme un bienfait ou une erreur. »

Cela étant Stubbs reconnait une contradiction entre le Brexit des laissés-pour-compte de la mondialisation et celui des idéologues libéraux néo-thatchérien. L’équation s’appuie sur le « levelling up », le redressement, le nivellement par le haut des Midlands et du Nord, « prévu lors de la campagne de 2019, mais entre-temps la pandémie a explosé le budget, la succession d’affaires a occupé les réunions de travail et « les électeurs conservateurs traditionnels n’ont pas apprécié que l’on projette de construire de nouvelles lignes de TGV à travers leurs circonscriptions fleuries et boisées. »

Dans une interview pour Vogue, le Premier ministre nous confiait regretter ne pouvoir commander un curry thaï au 10 Downing Street pour des raisons de sécurité, mais adorer manger un fish & chips le soir au bord de la mer, ou encore écouter les Clash ou les Rolling Stones. On ne peut demander à Joe Strummer, mort en 2002, ce qu’il en pense ; mais le pourtant très francophile Mick Jagger croit en des effets positifs « à long terme » du Brexit. Il n’y a que les indécrottables bien-pensants des Inrockuptibles pour s’étouffer à l’idée que Boris puisse vibrer en écoutant les Clash. Ses adversaires directs, britanniques, plus fins, ont fait une vidéo contre BoJo reprenant « I Fought the Law »[9].

« London calling to the faraway towns/Now war is declared, and battle come down… », BoJo fan de Joe Strummer et sa bande, groupe de punk-rock anglais des années 70-80, qui revendiquaient des idéaux anarcho-bolchevique mais sur de gros riffs de guitares endiablés. La musique primait sur les textes militants, c’est pour ça qu’ils resteront dans l’Histoire. Prémonitoire « Should I Stay or Should I Go? » fut la question que se sont posée plus de 46 millions de Britanniques en 2016, à laquelle ils ont répondu à 51,9 % « Go ».

Dans l’émission d’ITV « Good Morning Britain », Johnny Rotten, l’ancien leader des Sex Pistols, interrogé sur la sortie du Royaume-Uni de l’Europe, n’a pas hésité à montrer son soutien au Brexit. 

Alastair Campbell, le très sectaire ancien directeur de la communication de Tony Blair, abattu d’avoir perdu l’objet de sa haine – devenue sa raison même de vivre depuis 2016 – et qui ne comprend toujours pas comment le Daily Mail, le Daily Express, le Sun, le Daily Telegraph, aient pu dire du « bien » de BoJo. Néanmoins lui qui le traine plus bas que terre au point de le traiter dans l’Express[10] de « sociopathe narcissique », reconnait – hommage du vice à la vertu – qu’il est probable que la désolante pièce maitresse de son héritage « même quand l’homme et ses singeries auront été relégué aux oubliettes depuis longtemps (…) – le Brexit – restera en vigueur. »

Le lundi 4 juillet, Sir Keir Starmer excluait le retour à l’UE ou au marché unique sous le Parti travailliste. Le nouveau leader travailliste s’est engagé à « faire fonctionner le Brexit ».

Ce qui confirme que Boris Johnson aura au moins définitivement gagné son pari sur le Brexit.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Thierry Martin pour Dreuz.info.

Abonnez-vous sans tarder à notre chaîne Telegram, pour le cas où Dreuz soit censuré, ou son accès coupé. Cliquez ici : Dreuz.Info.Telegram.

Inscrivez-vous gratuitement pour recevoir chaque jour notre newsletter dans votre boîte de réception

Si vous êtes chez Orange, Wanadoo, Free etc, ils bloquent notre newsletter. Prenez un compte chez Protonmail, qui protège votre anonymat

Dreuz ne spam pas ! Votre adresse email n'est ni vendue, louée ou confiée à quiconque. L'inscription est gratuite et ouverte à tous

0
Merci de nous apporter votre commentairex