Publié par Jean-Patrick Grumberg le 12 juillet 2022
Frédéric Métézeau, de Radio France, ridiculisé : il ignore que le plus grand cimetière juif du monde est au Mont des Oliviers à Jérusalem !

Mise à jour : je suppose que Métézeau ne voudra pas réagir à cet article, car il ne sait pas quoi dire : il vient de nous bloquer !

France Culture doit faire un choix : conserver son nom et se défaire de journalistes incultes comme Métézeau, ou changer pour « France propagande » s’ils insistent à employer des journalistes infichus de faire le travail de base : se documenter.

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Sur le site de Radio France (1), Frédéric Métézeau parle d’une « colonisation d’un nouveau genre, sous couvert de protection de l’environnement » dans un article truffé d’erreurs, qui montre qu’il a fait un travail de recherche et de documentation si superficiel qu’il n’a trouvé aucune information sérieuse – rien – et pourtant, ce n’est pas bien compliqué, à l’heure d’internet.

J’ai donc décidé de faire le travail pédagogique et de l’éduquer un peu, car je pense qu’il a des leçons à recevoir, s’il veut persévérer dans cette profession – sa rédaction aussi, visiblement.

1 Territoire occupé « aux yeux du droit international ». Métézeau veut que ses lecteurs croient que le mont des Oliviers, qui est situé à Jérusalem, et un territoire illégalement occupé par Israël aux yeux du droit international. Il se trompe car il est ignorant. Il ne connaît pas le droit international, il ne connaît pas le statut de Jérusalem, et il ne sait pas ce que le mot « coloniser » veut dire.

« Le terme ‘territoire occupé’ ne s’applique que si le territoire appartient à un autre Etat, ce qui n’est pas le cas »

  • Lors d’une séance plénière du Parlement européen à Strasbourg (2), le Néerlandais Bert-Jan Ruissen a rappelé que la caractérisation de « colonisation israélienne » est « inexacte et peu sérieuse » au regard du droit international :

Selon le droit international, c’est un terme [territoire occupé] qui ne devrait être utilisé que si le territoire occupé appartient à un autre État reconnu. Mais à qui la Rive occidentale appartenait-elle avant 1967 ? Pas à la Jordanie, pas à l’Empire ottoman, pas à la Grande-Bretagne…

  • Lors de la même séance, le député européen Michiel Hoogeveen a encouragé les commentateurs qui parlent de « colons illégaux en Israël » en référence au droit international, à s’abstenir d’utiliser un langage juridique qu’ils ne connaissent pas, et leur a conseillé : 

« d’utiliser le droit international de manière cohérente ou de s’abstenir totalement d’utiliser un langage juridique.»

2 Que dit le droit international. Le juge de la Cour d’Appel de Versailles, dans le procès qui opposait l’OLP à Alstom et Véolia en 2013 (3), et que l’OLP a perdu et il ne s’est pas pourvu en cassation, ce qui a rendu le jugement définitif, a clairement indiqué que le droit international « ne s’applique pas à l’occupation israélienne » :

  • L’OLP fait référence à la IVème Convention de Genève du 12 août 1949, dont l’article 46 précise que «la propriété privée ne peut pas être confisquée».

« D’une part », dit la Cour d’appel, « les conventions internationales s’appliquent entre Etats, et l’OLP n’est pas un Etat », et « seules les parties contractantes sont liées par les conventions internationales, et ni l’OLP ni l’Autorité Palestiniennes ne les ont jamais signées ».

3 Liste des Etats coloniaux de l’ONU. Sur son site internet concernant la colonisation (4), l’ONU indique que « Aujourd’hui, 17 territoires non autonomes sont encore inscrits sur la liste des territoires non autonomes et regroupent près de 2 millions de personnes. Le processus de décolonisation n’est donc pas encore achevé. »

Quatre pays figurent dans la liste des Etats qui occupent illégalement des territoires : le Royaume-Uni, les Etats-Unis, la France et la Nouvelle-Zélande. Pas Israël.

Métézeau a donc une sérieuse explication à fournir : si Israël, Gaza, la Judée Samarie, et plus généralement toute la région de Palestine, ne figurent pas sur la liste des territoires à décoloniser et occupés selon le droit international, c’est que l’ONU ne sait pas de quoi elle parle, ou bien c’est France Culture, je vous laisse décider.

4 Le reste est à l’avenant : Métézau évoque les expulsions de Silwan et de Sheikh Jarrah car il n’a pas été capable de trouver qu’à Silwan, les maisons arabes ont été édifiées sans permis de construire, et sur des terrains qui n’appartiennent pas à ceux qui les ont construites ; et pour Sheikh Jarrah, ce sont tout banalement des locataires qui ne payent pas leur loyer, des squatters qui occupent donc sans titre, et que les terrains ont été précomptés pour construire un complexe scolaire pour enfants handicapés. Mais ça, c’est trop compliqué pour Métézeau.

5 Dans la même veine, Métézeau parle d’un « mouvement de colonisation » à propos « des projets de passerelle, de téléphérique, de parc national ». Sauf que la Cour d’appel de Versailles a considéré qu’« Israël est en droit d’assurer l’ordre et la vie publique en Cisjordanie », et de construire un tramway, des infrastructures et des immeubles d’habitation.

Elle précise que :

« L’article 43 de la 4ème Convention de La Haye de 1907 stipule que « l’autorité du pouvoir légal ayant passé de fait entre les mains de l’occupant, celui-ci prendra toutes les mesures qui dépendent de lui en vue de rétablir et d’assurer, autant qu’il est possible, l’ordre et la vie publique en respectant, sauf empêchement absolu, les lois en vigueur dans le pays ».

6 Au-delà des données objectives qu’il n’a pas su trouver, du droit international qu’il ne sait pas lire, des informations qu’il ne sait pas vérifier, j’ai été scotché par la malhonnêteté du journaliste, qui a sélectionné un témoin juif d’extrême gauche pour justifier la tenue de propos hostiles à Israël. Métézeau aurait dû, mais il ne s’est pas soucié de la neutralité qu’impose notre profession, questionner des Israéliens de droite pour présenter les différents points de vue et aspects d’un sujet dont la complexité visiblement le dépasse, et demande un peu plus de doigté et de nuances que les gros clichés qu’on lit dans la presse.

Ensuite, deux aspects de son article ont retenu mon attention. Le premier me laisse à penser que Métézeau a un problème juif. Le second, un problème de jus de cervelle fraîche.

7 Métézau, la question juive et les « motivations bibliques ». Le journaliste de France Culture est allé chercher un alibi juif d’extrême gauche (l’avocat israélien Daniel Seidemann, du mouvement anti-colonisation Terrestrial Jerusalem), pour déclarer qu’Israël a « un plan systématique d’encerclement de la vieille ville par des colonies et par des colons aux motivations bibliques ».

J’ai déjà démontré qu’il n’y a ni colon, ni colonies, ni donc aucun « encerclement ». C’est maintenant sur la notion des « motivations bibliques » que je veux revenir.

Que Métézeau trouve illégitime de se réclamer de l’histoire du peuple juif et de ses liens avec sa terre historique n’étonnera personne : j’ai démontré qu’il est un cancre, car il n’est pas capable de consulter le droit international. Sans quoi, il aurait lu que le Conseil de la Société des Nations a déclaré (6), lors de la création du Mandat britannique, que les liens historiques du peuple juif avec la Palestine sont une raison légitime – selon le droit international – pour y installer le peuple juif :

« Considérant que cette déclaration comporte la reconnaissance des liens historiques du peuple juif avec la Palestine et des raisons de la reconstitution de son foyer national en ce pays »

https://www.un.org/unispal/wp-content/uploads/2017/05/C-529-M-314-1922-VI_BI.pdf

Outre cette criante lacune, je m’étonne que dans son article, Métézeau évoque constamment les liens bibliques des chrétiens avec Jérusalem.

  • Il écrit :

 « J’habite dans un lieu très saint car à l’arrière de ma maison, c’est l’endroit où Jésus a dit aux Disciples comment prier notre Seigneur. C’est là qu’il leur a enseigné le Notre Père », fait dire le journaliste à Samir Araman, un Palestinien chrétien de 51 ans qui vit sur le mont des Oliviers.

  • Puis il dit :

« Ce projet de classement [NDLR du mont des Oliviers en parc naturel] a fait réagir plusieurs églises chrétiennes de Terre Sainte en raison de l’importance du mont des Oliviers dans la tradition chrétienne. »

  • Il cite le patriarche latin Monseigneur Pierbattista Pizzaballa, représentant de l’Église catholique romaine à Jérusalem :

« Bien sûr, toutes les Eglises sont préoccupées [par le projet de parc naturel]. … C’est une question d’héritage et de caractère chrétien de la ville. 

  • Et il offre le dernier mot à Samir Araman :

« Nous avons des racines ici, en tant que Chrétien c’est une partie de ma vie… »

Ainsi, pour le journaliste, les liens bibliques ne valent rien, pour les Juifs, mais ils justifient toutes les revendications des chrétiens.

8 Enfin, et je m’arrêterai là, car je ne voudrais pas vous ennuyer, si Métézeau avait un peu de cervelle, il aurait remarqué que deux de ses intervenants démolissent ses thèses. Je peux parler de l’arabe chrétien Samir Araman, et du patriarche latin Monseigneur Pierbattista Pizzaballa.

  • Ce dernier parce qu’il précise – et ce benêt de journaliste l’a cité sans s’en rendre compte – que les territoires « occupés » n’en sont pas, puisque « la question de la souveraineté n’est pas encore tranchée », dit Pizzaballa. Ainsi, si ces terres n’appartiennent à aucun pays, elles ne peuvent pas être occupées !
  • « Il y a plus d’une centaine d’oliviers ici, plantés en 1943-1944 par mon grand-père » explique Samir Araman en parlant de sa maison au mont des Oliviers. Puisqu’Israël a libéré la région de l’occupant jordanien en 1967, c’est donc que l’Etat respecte les droits des habitants non-juifs ! Où est-il allé chercher qu’Israël colonise ? D’autant qu’Araman n’est même pas propriétaire de sa maison… « Nous avons un bail qui date de l’époque jordanienne », dit-il (ce qui n’est pas exact, la Jordanie a envahi en 1948, et en 1943, c’était l’époque du mandat britannique).

Conclusion

Je pense avoir fait la démonstration au-delà du doute possible que Frédéric Métézeau est incapable d’un travail journaliste correct. France Culture emploie un journaliste incompétent, infichu de s’informer sérieusement, de faire un travail de recherche documentaire, et finalement, il ne sait pas de quoi il parle.

S’il souhaite réagir à cet article, il est le bienvenu.

Mise à jour : Métézeau a réagi : il nous a bloqué ! Quel aveu…

*Le cimetière juif du Mont des Oliviers est le plus ancien, le plus grand et le plus important des cimetières juifs du monde entier. Il s’étend sur plus de 250 dunams et est situé dans la partie orientale du Mont du Temple. C’est l’endroit où le peuple juif a enterré ses personnalités et certains de ses membres au cours des 3 000 dernières années (7).

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

  1. https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-reportage-de-la-redaction/le-mont-des-oliviers-bientot-colonise-par-israel-4050819
  2. https://israel247.org/2022/07/des-membres-du-parlement-europeen-rappellent-que-selon-le-droit-international-israel-nest-pas-coupable-doccupation/
  3. https://www.dreuz.info/2016/12/la-cour-dappel-de-versailles-olp-2-44324.html
  4. https://www.un.org/dppa/decolonization/fr
  5. https://www.un.org/dppa/decolonization/fr/nsgt
  6. https://www.un.org/unispal/wp-content/uploads/2017/05/C-529-M-314-1922-VI_BI.pdf
  7. https://worldwidetravel.tips/israel/jerusalem/mount-of-olives/mount-of-olives-cemetery/

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