Publié par Guy Millière le 28 juillet 2022
La France rentre dans une crise très grave

Une loi sur le “pouvoir d’achat” vient d’être votée à l’assemblée nationale française.

Je ne me suis pas penché sur son contenu précis. Je sais tout juste qu’elle accorde quelques simulacres d’aides à la population française, et je sais que ces aides seront payées avec de l’argent que le gouvernement n’a pas, donc par de l’endettement supplémentaire et des impôts futurs. Je sais surtout que ces aides ne changeront rien à la situation qui s’annonce.

J’ai parlé récemment du déclin de l’Europe. Je dois dire que le déclin français au sein de ce dernier est particulièrement net.



La France va vers d’immenses difficultés, et les Français s’en apercevront dès que l’automne sera venu, et ils découvriront que leur pouvoir d’achat, loi ou pas, va se trouver très atteint. Les coûts de l’énergie vont continuer à monter. Des coupures d’électricité pendant la période hivernale sont envisagées et auront sans doute lieu.

La hausse des coûts de l’énergie se répercute sur les prix de tout ce qui doit être transporté et de tout ce qui se vend dans les commerces dès lors que tout ce qui se vend doit être transporté et que les prix carburants s’accroissent et que tout ce qui ce qui se vend l’est par des commerces, matériels ou en ligne, qui utilisent de l’énergie.

Des denrées alimentaires commencent à manquer, et ce qui prend forme est une situation sans précédent depuis des décennies.

Les discours qu’on entend très largement attribuent tout ce que je viens de décrire aux conséquences du “changement climatique anthropique”, à la guerre d’agression lancée par la Russie contre l’Ukraine, et aux sanctions prises par l’Europe contre la Russie.

Plusieurs facteurs permettent d’expliquer les choses d’une manière plus exacte et plus pertinente.

Le premier, presque toujours laissé de côté, est le fait que la France est un pays profondément socialiste. Les prélèvements obligatoires français, je dois le dire une fois de plus, sont les plus élevés du monde développé, et si l’on prend en compte le fait qu’une partie importante de la population française ne paie pas d’impôts et paie peu de taxes, cela signifie que ceux qui paient des impôts et des taxes et qui créent la richesse en paient beaucoup. Les dépenses gouvernementales françaises, je dois le dire une fois de plus, là encore, sont elles-mêmes les plus élevées du monde développé : elles ont atteint soixante pour cent pendant la pandémie. Une part croissante de ces dépenses est destinée à la redistribution, ce qui signifie qu’elle sert à prendre de l’argent à ceux qui produisent pour le donner à ceux qui vivent en assistés improductifs et pour payer une bureaucratie chargée de prendre l’argent aux uns pour le donner aux autres. Les assistés improductifs sont, bien sûr, de plus en plus nombreux. Plus une société devient socialiste, plus elle connait une paupérisation. Redistribuer davantage n’est pas un remède. Une forte baisse des impôts et des taxes serait indispensable, mais il faudrait pour que cela puisse se faire diminuer les dépenses et en particulier arrêter l’essentiel de la redistribution. Dans le contexte actuel, cela signifierait des émeutes.

Le deuxième facteur, quasiment jamais analysé pour ce qu’il est, est l’écologisme ambiant, qui utilise un discours falsificateur sur l’environnement (celui parlant du “changement climatique anthropique”, qui n’existe pas) pour multiplier réglementations, taxes et restrictions, et le discours gouvernemental actuel promet, malgré les circonstances de nouvelles réglementations taxes et restrictions. Se débarrasser de ce discours et des réglementations, taxes et restrictions qui en découlent serait essentiel pour espérer un redressement.  Dans le contexte actuel, c’est totalement inenvisageable : tous les partis politiques français adhèrent à l’écologisme ambiant et sont donc les ennemis d’un redressement.

Le troisième facteur, lui, n’est jamais pris en compte : il est constitué par les effets de la politique menée par l’administration Biden aux USA. Dans les médias français, Joe Biden est traité comme une vache sacrée l’est en Inde. Biden a été dépeint par nombre de journalistes à son arrivée au pouvoir comme l’incarnation d’un espoir et d’une providence, et les mêmes journalistes ont aujourd’hui les plus extrêmes difficultés à dire ce qui est pourtant flagrant. L’administration Biden crée un désastre planétaire. Elle a fait délibérément monter les prix de l’énergie, ce qui a provoqué la hausse des coûts, partout, et a permis à Poutine de financer la guerre d’agression qu’il mène. Elle s’est montrée trop faible pour dissuader Poutine et est donc largement responsable du déclenchement de la guerre et de ce qui en découle. Elle a une lourde responsabilité dans la guerre.

Les sanctions prises découlent de la guerre et ont des coûts qui auraient eu bien moins d’impact si la France avait une économie solide, avait entretenu efficacement ses centrales nucléaires (la moitié sont à l’arrêt faute d’entretien en temps utile), et diversifié ses sources d’approvisionnement en prenant en compte le fait que se placer en dépendance d’une puissance ennemie expose à des chantages. L’Allemagne d’Angela Merkel s’est placée en forte dépendance et fait payer le prix de son aveuglement à toute l’Europe, la France s’est placée en dépendance plus faible, mais en dépendance néanmoins.

Les sanctions sont coûteuses dans le contexte actuel, tout particulièrement pour des économies asphyxiées, mais les sanctions ont été prises parce que les dirigeants européens ont compris le danger totalitaire incarné par le régime Poutine. Y renoncer, comme certains le suggèrent, serait une très mauvaise décision et un acte de soumission face au danger totalitaire qui aurait un prix bien plus lourd dans le moyen termes que le coût des sanctions. Les dirigeants français quels qu’ls soient devraient enfin regarder le danger en face : pas seulement le danger russe, mais aussi le danger chinois et iranien.  Nous sommes dans une guerre mondiale différente, mais dans une guerre mondiale néanmoins.  La soumission à la loi du plus fort et du plus brutal n’est jamais une bonne réponse, sauf si on veut avoir une destinée de paillasson. La France s’est déjà soumise dans le passé, au temps de Pétain, cela n’a pas été un épisode très glorieux dans l’histoire du pays.

© Guy Millière pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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