Publié par Eduardo Mackenzie le 16 août 2022
La Colombie n’est plus entre les mains des colombiens

En ce moment, la Colombie est hors de contrôle.

Le Sénat et la Chambre des représentants, les partis politiques, les entreprises et les hommes d’affaires, les directeurs des médias, sont tombés en état de mort cérébrale. La souveraineté populaire a péri. Les organes de contrôle prévus par la Constitution /sont des /ne sont plus que des /phrases sur un papier. La séparation des pouvoirs et l’existence de freins et contrepoids destinés à limiter les excès des trois pouvoirs ne sont plus praticables.

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La Colombie est désormais entre les mains d’un groupe a-national, qui exécute des directives non explicites dans lesquelles les intérêts de la Colombie, de ses habitants, de son territoire, ne sont pas pris en compte. La construction de la Colombie a cessé. Nous entrons dans la phase du démantèlement de la Colombie et du transfert de la richesse nationale vers des pays tiers.

L’État colombien est guidé par une clique aux pouvoirs absolus, mais de fait, qui suit des directives opaques, extra-colombiennes, qui n’ont jamais fait l’objet d’une délibération citoyenne, ni avant ni pendant la campagne électorale.

Voyons juste deux exemples de la façon dont cette situation terrifiante se cristallise dans les événements récents.

La Colombie cessera d’explorer et de commercialiser le gaz de son propre sous-sol et lorsque le gaz des réserves colombiennes sera épuisé, la Colombie importera cette ressource du Venezuela. L’annonce de cette mesure irrationnelle a été faite avant-hier par la nouvelle ministre des Mines et de l’Énergie, Irene Vélez Torres, sans que cela ait généré une explosion de mécontentement dans le pays.

Cette opération est, sans l’ombre d’un doute, la première annonce d’un transfert massif de richesses colombiennes vers le Venezuela. C’est le premier versement d’un pays devenu otage d’un autre lequel exige ce transfert de valeur et de richesse nationale.

Pour endormir le public, Irene Vélez n’a pas précisé le montant de ce que la Colombie devra payer pour ces importations et a prévenu qu’elles débuteront dans « sept ou huit ans » et qu’entre-temps la Colombie pourrait construire « la liaison de transport de gaz avec le Venezuela » .

Elle parle donc d’un vaste plan stratégique, pensé dans tous ses détails. L’ordre du jour est aussi de créer les infrastructures indispensables pour épuiser au plus vite les richesses gazières de la Colombie et pourquoi pas ses richesses en pétrole et en charbon, au profit d’un autre pays ou d’une puissance extra continentale.

Rappelons que le gaz est utilisé quotidiennement par plus de 10 millions de familles colombiennes.

Il y a quelques jours, ce 10 août, Ecopetrol (1) avait annoncé la découverte d’un immense champ gazier en eaux profondes, à 70 kilomètres au large de La Guajira, nommé Gorgon-2, grâce à une excavation marine, avec un navire de pointe, à 2 400 mètres de fond et d’une profondeur totale de plus de 4 000 mètres, la plus grande réalisée en Colombie » (2).

Felipe Bayón, président d’Ecopetrol, a expliqué que ce gisement « permettra d’augmenter les réserves de gaz de la Colombie et de répondre à la demande croissante de cette source d’énergie fondamentale pour la transition énergétique qu’Ecopetrol et le pays ont engagée ». Cependant, Gustavo Petro ne veut rien savoir à ce sujet. « Le gaz est sale », dit-il. Il préfère que le Venezuela de Maduro empoche la meilleure part de l’abandon de la richesse gazière de la Colombie.

Les Colombiens croyaient que Petro allait occuper la Casa de Nariño pendant quatre ans. La clique gouvernementale le dit sans détour : ici, nous serons au service du Venezuela et des autres États pendant au moins huit ans.

Il y aura également, dans quelque mois, des transferts supplémentaires de richesse colombienne, sous de faux prétextes, de maquillages et d’arguments écologistes, au profit de Cuba, une dictature qui doit déjà être en train d’envoyer sa facture à la Casa de Nariño.

Quels contre-pouvoirs entreront en jeu à Bogotá, et dans les régions touchées, pour enrayer une telle barbarie antinationale et placer les agents de la ruine de la Colombie hors des leviers de l’État ? Le pouvoir législatif, la justice, la presse, l’université et le reste de l’immense appareil administratif sortiront-ils de leur état catatonique ?

Pour l’instant le panorama est le suivant : il n’y a pas de contre-pouvoirs, il n’y a pas de Constitution, ni de lois. La clique écrasera tout et utilisera la violence contre les fils de la Colombie pour imposer les diktats du Groupe de Puebla et du Forum de Sao Paulo, et des puissances qui travaillent à saper la démocratie et les libertés en Occident.

Deuxième exemple. La première chose que Gustavo Petro a faite en tant que président a été de rétablir des relations diplomatiques avec une entité que très peu connaissent en Colombie : la République sahraouie. Qu’est-ce que cela apporte à la Colombie ? Rien. Au contraire, cet acte porte un coup à la Colombie. Les excellentes relations avec l’Espagne et le Maroc seront entachées. Notre pays, en 2001, sous la présidence d’Andrés Pastrana, avait gelé les relations avec le Front Polisario, établis par la présidence de Belisario Betancur en 1985.

Pour reprendre la relation bilatérale avec le Maroc et freiner l’immigration sauvage, le gouvernement espagnol du socialiste Pedro Sanchez a adressé au roi Mohamed VI une lettre reconnaissant l’intégrité territoriale du Maroc, y compris le Sahara occidental, que le Front Polisario revendique comme « République sahraouie ». Le Front Polisario a immédiatement annoncé qu’il rompait ses relations avec l’Espagne. Un porte-parole de ce groupe a expliqué que, par contre, le parti communiste Podemos reconnaît la République sahraouie.

Il est évident que Gustavo Petro, en prenant cette mesure insolite, répondait à l’agenda de Podemos et d’exécrables dictatures, se moquant des intérêts de la Colombie.

Comme le dit la presse, la République sahraouie est une administration de facto (mais pas de jure), c’est une entité « avec une reconnaissance limitée au niveau mondial ». En effet, aucun État européen, ni les États-Unis, ni le Japon, ni l’Australie, ne reconnaît cette « république ». Seuls 54 pays le font, tous du tiers monde, y compris la Corée du Nord et Cuba. Et maintenant la Colombie. Qu’y a-t-il derrière cette mesure ? Un agenda politique qui n’a rien à voir avec la Colombie.

Un autre acte qui ruine la relation bilatérale avec l’Espagne est celui de l’épée de Bolívar, le 7 août. Opération très habile. Avec cette farce préméditée, Petro a rendu un autre service à Podemos et à ceux qui cherchent à briser la monarchie espagnole. L’image du Libertador a également souffert: maintenant des groupes d’exaltés veulent déboulonner les statues de Bolívar en Espagne et ouvrir une nouvelle campagne de haine contre l’histoire de la Colombie.

L’œuvre destructrice avance à la vitesse grand V. Mais en Colombie, la classe politique s’endort ou se console avec la phrase habituelle : « Il ne se passe rien ici ».

© Eduardo Mackenzie (@eduardomackenz1) pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

  • (1).- Ecopetrol est une société anonyme d’économie mixte et d’ordre national, rattachée au Ministère des Mines et de l’Energie. Elle intervient à tous les maillons de la chaîne des hydrocarbures : exploration, production, transport, raffinage et commercialisation. Elle possède la plupart des oléoducs et polyducs en Colombie. Elle participe également à l’activité des biocarburants au Brésil, au Mexique et aux États-Unis (Golfe du Mexique et Permian Texas). La République de Colombie est l’actionnaire majoritaire d’Ecopetrol avec une participation de 88,49%.
  • (2).- https://www.ecopetrol.com.co/wps/portal/Home/es/noticias/detalle/gorgon2

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