Publié par Magali Marc le 4 août 2022
Le journal britannique The Guardian fait un portrait biaisé de la bureaucratie israélienne

Un article de Bethan McKernan paru dans le journal britannique The Guardian lundi dernier présente un portrait unilatéral et biaisé du COGAT et de l’administration civile en Judée-Samarie.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit l’article de Chaim Lax, paru sur le site d’Honest Reporting, le 3 août.

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Le Guardian publie une description unilatérale du « pouvoir bureaucratique » d’Israël sur les « Palestiniens »

Quelle est la nature de l’administration civile israélienne en Judée-Samarie? Que pensent les soldats qui assurent la liaison entre Israël et les « Palestiniens », de leur service militaire ? Ce sont les questions auxquelles Bethan McKernan prétend répondre dans son dernier article pour The Guardian intitulé « Le pouvoir que nous avions était étonnant : les anciens soldats s’expriment concernant le gouvernement d’Israël dans les territoires occupés » (article publié le 1er août).



Cependant, plutôt que de fournir une vue d’ensemble informative sur les activités d’Israël vis-à-vis des résidents « palestiniens » du territoire contesté, l’article de Mme McKernan cherche à stigmatiser la bureaucratie israélienne, fait des affirmations trompeuses qui manquent de contexte, et est dans l’ensemble terriblement unilatéral et biaisé envers Israël.

Ennuyeux et brutal : Le point de vue du Guardian sur la bureaucratie israélienne

Dans son reportage, Mme McKernan cite les propos d’un certain nombre d’Israéliens qui ont effectué leur service militaire au sein de la Coordination des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT), l’unité israélienne chargée de régler toutes les questions civiles entre Israël et les « Palestiniens ».

Tout au long de l’article, ces anciens soldats se plaignent de leur passage au COGAT, affirmant que leur travail réduisait les « Palestiniens » passant entre la Judée-Samarie et Israël à « de simples numéros », qu’il enlevait aux soldats leur sentiment d’indépendance et les transformait en « partie du système », en plus d’être « si ennuyeux ».

Un soldat a également déploré le fait que son poste lui permettait de consulter des détails sur des personnes en tapant simplement leur numéro d’identification.

Alors que le Guardian tente d’utiliser ces témoignages pour dénigrer l’administration israélienne en Judée-Samarie, il s’agit en réalité de l’image d’une bureaucratie normale telle qu’on la retrouve dans les pays démocratiques.

Dans de nombreux pays, le traitement d’un grand nombre de demandes par un bureaucrate peut être à la fois d’un ennui mortel et réduire les personnes à l’origine de ces demandes à de simples chiffres sur une page. Cependant, rien de tout cela n’est une accusation directe du système qui a créé le processus bureaucratique.

De même, le fait qu’un simple soldat puisse accéder à des informations personnelles sur son ordinateur n’est pas propre à l’administration israélienne en Judée-Samarie. En effet, dans de nombreuses démocraties occidentales, les officiers de police, les agents des douanes et autres fonctionnaires ont tous la possibilité d’accéder à certaines parties des informations personnelles d’un individu.

Déficit de contexte : Comprendre les activités du COGAT

L’une des principales faiblesses de l’article de Bethan McKernan est qu’elle ne fournit pas au lecteur le contexte approprié pour les nombreuses affirmations faites dans l’article.

Par exemple, elle parle de « blocages arbitraires ou sans fondement des marchandises autorisées à entrer et sortir de Gaza ».

Cependant, Mme McKernan omet d’informer le lecteur que les seules restrictions sur les marchandises entrant dans la bande de Gaza sont celles que les autorités israéliennes considèrent comme « à double usage », c’est-à-dire les marchandises qui peuvent être utilisées à des fins militaires par le Hamas désigné comme étant une ‘organisation terroriste’ par les États-Unis.

Même le rapport de la très controversée ONG israélienne Breaking The Silence, sur lequel se fonde une partie de cet article, ne dépeint pas un tableau de blocages « arbitraires » ou « sans fondement » des marchandises, mais fait plutôt référence aux réglementations en constante évolution sur ce qui peut être considéré comme étant « à double usage ».

De même, Mme McKernan affirme que le rapport de Breaking The Silence montre « l’influence considérable du mouvement illégal des colons israéliens sur les processus décisionnels de l’administration civile ».

Bien que cela puisse donner une image infâme de l’administration indûment contrôlée par un supposé mouvement « illégal », l' »influence » à laquelle elle fait référence, telle que détaillée dans le rapport de Breaking The Silence, est principalement l’adhésion de l’administration civile aux demandes des communautés juives pour le développement d’infrastructures ainsi que la coopération entre ces communautés et les FDI concernant la sécurité dans la région.

Journalisme biaisé: comment le Guardian ne montre qu’un côté de l’histoire

Mis à part les problèmes mentionnés ci-dessus, le principal problème de l’article de Bethan McKernan est qu’il présente un portrait terriblement unilatéral et biaisé du COGAT et de l’administration civile en Judée-Samarie, qui ressemble plus à un article accusateur qu’à un article de journalisme impartial.

À aucun moment cet article ne présente de réponse de la part du COGAT, de l’Administration civile ou d’anciens soldats qui présenteraient un récit alternatif à celui présenté.

Ce dernier point est particulièrement troublant car il donne l’impression que, une fois leur service terminé, de nombreux anciens soldats du COGAT sont mécontents de ce qu’ils ont fait dans le cadre de l’administration civile.

De même, l’article du Guardian s’appuie sur un rapport de Breaking The Silence, sans mentionner une seule fois que cette ONG fait l’objet de controverses en Israël et a été accusée à de nombreuses reprises de publier des témoignages fabriqués ou trompeurs concernant l’armée israélienne.

Il s’agit là d’une pratique courante dans les articles de Mme McKernan concernant Israël qui a déjà cité sans critique des organisations israéliennes controversées telles que B’Tselem et Kerem Navot.

Enfin, le seul soldat que Mme McKernan a cité nommément dans son article est Joel Carmel, qui a servi dans le COGAT pour Gaza et la Judée-Samarie. Ce n’est pas la première fois que M. Carmel s’exprime sur son service militaire, puisqu’il a déjà fait l’objet d’un article en 2020 dans Business Insider.

À l’époque, le Committee for Accuracy in Middle East Reporting and Analysis (CAMERA) avait publié une analyse approfondie des allégations de Carmel et avait découvert un certain nombre d’affirmations de sa part qui étaient contestées par des soldats ayant servi à ses côtés ou ayant exercé des fonctions similaires au sein du COGAT.

Cependant, tout comme sa présentation du rapport de Breaking the Silence, Mme McKernan traite Carmel comme un témoin irréprochable et crédible.

Dans un article de 2014 pour The Atlantic, Matti Friedman, ancien membre du bureau de Jérusalem de l’Associated Press, déplorait le fait que, lorsqu’il s’agissait d’Israël, le journalisme contemporain a « assumé un rôle de plaidoyer en faveur des «Palestiniens» et contre Israël. »

Malheureusement, cela semble être vrai pour le dernier article de Bethan McKernan pour The Guardian.

Au lieu de fournir aux lecteurs un reportage équilibré qui présente à la fois des critiques du COGAT et de l’administration civile et des arguments en faveur de ces institutions israéliennes, l’article de Mme McKernan cherche à dépeindre la bureaucratie israélienne sous un jour négatif, induit le lecteur en erreur sur certains aspects des activités du COGAT et s’appuie sans critique sur le travail d’une ONG politisée, tout cela dans le but de salir Israël sans retenue.Les lecteurs du Guardian ne méritent-ils pas mieux ?

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

Source : Honestreporting

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