Publié par Eduardo Mackenzie le 30 septembre 2022
Colombie : rejet massif du gouvernement Petro

Le succès des manifestations massives  en Colombie contre le gouvernement de Gustavo Petro est incontestable. Ce fut l’excellent début d’un mouvement patriotique qui sera sans aucun doute, dans les mois prochains, plus fort et plus vaste pour protéger la Colombie contre la prédation socialiste.

Des millions de Colombiens, dans 35 villes, ont défilé dans un calme parfait, sans répondre aux provocations, sous le cri « Petro dehors! ». Les principales marches se sont produites à Bogotá, Medellín, Cali, Barranquilla, Carthagène, Bucaramanga, Cúcuta, Pereira et Ibagué, entre autres. Il y a eu aussi des manifestations anti-pétro mineures dans quatre villes aux États-Unis. La Colombie a ainsi répudié la série menaçante de « réformes » que Petro essaie d’imposer au pays et génère de la panique dans la société. Marta Segura, une femme d’affaires de 55 ans, a déclaré, par exemple, à l’agence AFP : « Nous ne pouvons pas laisser sombrer la Colombie. » Et a expliqué qu’elle a dû licencier deux de ses sept employés en raison de l’augmentation des impôts que Petro essaie de faire passer au Parlement.

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Les protestations anti-Petro ouvrent une nouvelle étape dans la lutte politique: elles se produisent seulement 50 jours après que le chef extrémiste ait mis les pieds dans le palais de Nariño de Bogota. Cela montre que les Colombiens, déterminés à défendre leurs libertés et leur système politique, ne feront pas l’erreur des Vénézuéliens. Dans leur lutte contre le sanglant Hugo Chavez les Vénézuéliens ont pris trois ans avant de se lancer dans les rues pour essayer d’arrêter la destruction de leur pays que le dictateur avait déjà commencé. Ils ont fait une grève indéfinie, certes, contre les 49 lois économiques de Chavez votées par une Assemblée nationale fantoche. Mais c’était trop tard. Ils ont attendu du 2 février 1999 au 11 avril 2001 pour entrer en action. Ils avaient laissé trop longtemps le mal enfoncer ses racines. Chavez, certes, a été renversé pendant quelques heures, mais il a été réinstallé au pouvoir par les services cubains au Venezuela.

Les Colombiens connaissent cette histoire et ce qui se passe depuis. Ils ont démontré hier qu’ils sont en état d’alerte. Ils ne laisseront pas l’usurpateur détruire leurs foyers. Le même jour des marches, Gustavo Petro est allé à la frontière pour célébrer la reprise des relations diplomatiques avec la tyrannie vénézuélienne. Voilà un nouveau rappel sur ce qui pourrait arriver au pays si les majorités baissent la garde.

À Bogotá, les manifestants ont convergé sur la Plaza de Bolívar, après avoir traversé le centre historique de la capitale. À Medellín, la presse locale a déclaré que « plus de 200 000 personnes avaient parcouru 1,7 kilomètre » pour montrer leur insatisfaction à l’égard de réformes absurdes basées sur des préjugés idéologiques. Dans plusieurs villes, les citoyens ont également répudié la corruption et l’ineptie des maires socialistes, comme Ivan Ospina, de Cali, et Daniel Quintero, de Medellín. La Colombie est la proie de Petro et de plusieurs de ses ministres fanatiques et totalement ineptes.

En portant des drapeaux colombiens, des pancartes, des téléphones et des t-shirts blancs, les manifestants ont rempli la Plaza de Bolívar de Bogotá, inondé les grandes avenues de Medellín et Cali. Il y avait des hommes et des femmes de tous âges et de toutes conditions. Des adultes, des employés, des commerçants, des opérateurs de santé, des policiers et des militaires à la retraite et des étudiants universitaires ont marché à côté des écoliers et même des personnes âgées. « Il semble très bon pour les gens de commencer à penser », a déclaré Dona Regina, une enseignante à la retraite de 76 ans. «Je ne suis pas d’accord avec le communisme car il n’y a pas de liberté pour laquelle nous avons combattu tant d’années. Combien de morts il y a eu pour défendre la liberté pour qu’à présent vienne un guérillero pour s’emparer de tout? », a-t-elle demandé.

La veille, le ministre petriste de la Défense, Ivan Velásquez, a tenté de décourager les manifestants. Il  a averti que la police chargerait « lorsque les actes de violence commencent ». Ceux qui ont tenté de semer le trouble étaient les petristes: des groupes de provocateurs déguisés en «acteurs de la paix» ont attaqué certains manifestants mais ils ont été calmés par la force publique.

Gustavo Petro est peu disposé à écouter les demandes du peuple. Il n’a pas pu cacher son énervement devant l’ampleur de la mobilisation. Avec son cynisme habituel, il a utilisé la technique de la réversion accusatrice pour nier que les manifestations étaient contre lui: « Ils sont dans leur droit de manifester, mais le problème est qu’ils ont causé le problème » a-t-il dit en tentant d’attribuer au gouvernement précédent, d’Ivan Duque, l’origine du mécontentement et pour signaler qu’il ne changera pas d’un iota sa politique de pillage socialiste.

Le programme de Petro pour «changer le pays » est vaste et effrayant. Les raisons des manifestants anti-gouvernementales sont : l’augmentation des impôts, la réduction des pensions de retraite, le démantèlement du système de santé privé, la limitation des libertés des partis politiques, l’imposition d’un système électoral électronique, l’abandon des secteurs du pétrole, du gaz et du charbon et la hausse du prix de l’essence, le démantèlement des forces militaires et de police, la tolérance envers les producteurs et les trafiquants de cocaïne (1), et le manque absolu de protection des producteurs agricoles et des éleveurs contre la violence des groupes indigènes armés qui sont en train d’envahir des terres, des fermes, des plantations privés et même d’envahir des cultures et des hameaux des communautés afro-colombiennes.

Certains entrepreneurs ont défilé accompagnés de leurs salariés. C’est ce que l’homme d’affaires William Calderón a fait. Il a expliqué à un journal que « en 50 jours de gouvernement, Petro n’a fait rien d’autre que des ravages ».

La sénatrice de l’opposition María Fernanda Cabal a écrit sur un réseau social: «Je suis fière de mon Cali! Après les ravages commis par la guérilla dans la prise de cette ville, en 2021, financés par le trafic de drogue, en déguisant cela en «grèves sauvages», nous sortons aujourd’hui pour revendiquer nos droits ». Pour sa part, Ingrid Betancourt a constaté: « Cela montre qu’il n’y a jamais eu de lune de miel avec ce gouvernement car avant les premiers 100 jours, les gens sortent pour protester. »

Pour dénigrer les protestations du 26 septembre, les petristes ont inventé que les manifestations avaient été le fait « de la droite ». Faux. Aucun parti politique ne les a convoqués et il y avait des gens de nombreuses formations politiques et même des petristes repentis. C’est Pierre Onzaga, un jeune ingénieur, qui a lancé l’idée des manifestations et les citoyens ont accepté l’initiative. À la fin de la concentration sur la Plaza de Bolívar, Onzaga a déclaré à la presse: « Le peuple colombien s’est réveillé, il n’est pas idiot et il sait que Petro veut monter un état pré-dictatorial. » Le journal El Colombiano, a cité Juliana Cano, l’un des manifestants: «La marche n’appartient à aucun parti ou à aucun homme politique. C’est de tous les citoyens. C’est une mobilisation pacifique, pas comme les marches qu’ils ont promues (les pro-gouvernement) et qui se sont terminées par des violences. Il s’agit d’une marche  qui respecte les institutions. »

Et maintenant, qu’est-ce qui va suivre ? Résistance, désobéissance civile, mobilisation et guerre de l’information. La Colombie doit recevoir plus et toujours plus d’informations sérieuses et de qualité sur ce que prépare le noyau le plus dur du petrisme. Il y a beaucoup d’opacité dans les activités de ce secteur et sur le rôle des forces étrangères dans le financement du projet petriste. La liberté de la presse pour eux est un obstacle, et ils vont tenter de l’entraver. Pour nous, c’est un problème stratégique, une priorité  à surveiller, ainsi que les évolutions internes du secteur de la défense nationale et de la force publique.

© Eduardo Mackenzie (@eduardomackenz1) pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

(1).- Voir mon article: https://www.dreuz.info/2022/09/quand-petro-fulmine-devant-lonu-271868.html

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