Publié par Guy Millière le 29 septembre 2022
Considérations sur la monarchie britannique

Je n’ai pas commenté les funérailles de la reine Elisabeth II d’Angleterre quand elles ont eu lieu.

Je le fais maintenant. Elles ont été un événement mondial. Cela a pu paraitre surprenant. Le roi ou la reine d’Angleterre n’a plus aucun pouvoir politique depuis la Glorious Revolution de 1688, il y a plus de trois siècles. Les dirigeants du monde occidental ont fait preuve de déférence vis-à-vis du Royaume-Uni, et discernant que pour le Royaume-Uni, c’était un événement de très haute importance, ils ont agi et parlé en conséquence. Les médias occidentaux ont eux-mêmes agi et parlé en conséquence, et ont été traité les funérailles comme un événement majeur. 

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Ce qui a été remarquable a été la ferveur du peuple du Royaume-Uni. L’émotion a touché des millions de personnes dans tout le pays, et ceux venus rendre un dernier hommage à la reine défunte ont souvent fait la queue pendant des heures, très respectueusement.

Ce qui a été remarquable aussi a été, au delà du faste des cérémonies, leur rigueur protocolaire, la volonté par la famille royale britannique de respecter sans le moindre écart les traditions et l’institution monarchique, et l’égale volonté de respecter scrupuleusement traditions et institutions monarchiques des dirigeants politiques et religieux du pays.

Il existe d’autres monarchies en Europe, aucune autre monarchie européenne ne suscite une telle ferveur et un tel respect de la part de son peuple, aucune autre famille royale en Europe, malgré les écarts et incartades de certains de ses membres (on pense au départ de Diana, au comportement de Charles, à celui du prince Andrew, et à celui du prince Harry), ne respecte à ce point traditions et institution monarchique dans les moments forts. Dans aucune autre monarchie d’Europe, les traditions et institutions monarchiques sont à ce point respectées par les dirigeants politiques et religieux du pays.

L’attachement du peuple britannique à la monarchie jusqu’à ce jour découle du comportement de ses monarques successifs. Les monarques britanniques ont su respecter le rôle qui leur est dévolu et se montrer à la hauteur de ce qu’ils incarnaient et incarnent : ils n’ont eu et n’ont pas de pouvoir politique, non. Ils reçoivent les premiers ministres issus des élections, quel que soit le parti politique auquel ceux-ci appartiennent. Ils lisent le discours énonçant le programme du gouvernement quand un gouvernement est formé, sans en changer un mot. Ils incarnent le royaume, ses institutions, leur continuité, le respect qui est dû aux institutions, le fait que les institutions sont stables, et par la référence à Dieu, qu’elles sont ancrées dans une transcendance et dans le respect de principes plus haut que les décisions humaines.

Et de fait, les institutions britanniques sont les mêmes depuis la Glorious Revolution. Celle-ci a fait du Royaume-Uni le premier état de Droit des temps modernes, et la Déclaration des droits adoptée à ce moment fait que les principes du droit naturel ont été placés en position souveraine, et que le souverain (ou la souveraine) incarne cette souveraineté.

Depuis plus de trois siècles, le Royaume-Uni est un état de Droit, et les gouvernements gouvernent sous la souveraineté du droit et sous celle du souverain ou de la souveraine. Cela assure au Royaume-Uni une stabilité basée sur le respect du droit naturel qui n’a pas d’équivalent ailleurs en Europe, où l’instabilité politique est souvent de mise et où le respect des principes du droit naturel n’a pas toujours été présent, loin de là. Charles n’a pas toujours été exemplaire au cours de sa vie, mais il semble prêt à prendre son statut de roi très au sérieux.

Le temps où l’empire britannique régnait sur le monde est révolu, mais il reste le Commonwealth, cinquante six pays répartis sur tous les continents, unis en principe par le respect des droits naturels de l’être humain, et Charles sera, comme sa mère, monarque de quinze pays, dont le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. La révolution américaine s’est faite contre le Royaume-Uni, mais les principes fondateurs des Etats-Unis sont directement issus de la Déclaration des droits de 1688, et la Constitution et la Déclaration des droits américains ont fait des Etats-Unis un état de Droit qui a deux cent trente quatre années d’existence continue.

Cet héritage est admirable et bénéfique.

© Guy Millière pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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