Publié par Jean-Patrick Grumberg le 17 septembre 2022
« L’excès du capitalisme », vous voulez rire ! Quel excès ?

Une fidèle lectrice de Dreuz évoque un livre qui couvre le problème de « l’excès du capitalisme ». J’ai un triple problème avec cette notion.

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Je ne crois pas que 50 ans de mensonges et de critiques du capitalisme par l’Education nationale, qui est essentiellement aux mains d’idéologues communistes, puisse ne pas laisser de traces. Les traces : qui peut encore donner une bonne définition du capitalisme ? J’ai lu la définition donnée par l’IMF. Même eux se gourent !

Capitalisme ! Capitalisme ! Est-ce que j’ai une gueule de capitalisme ?

L’IMF cite Adam Smith, le « père du capitalisme ». Smith est réducteur. Il n’a pas été créateur d’entreprise, il n’a pas été capitaliste lui-même. N’ayant jamais créé d’entreprise, il n’a pas vécu le capitalisme et a raté des étapes. Il ne comprenait pas ce que pense, ressent, cherche et vit un entrepreneur. Cette énergie sans arrêt active, faite d’excitation créative, d’hésitations, de doutes, d’angoisses, d’échecs, de prise de risques et d’envie de dépassement, de pertes et de gains, de satisfactions et de frustrations, de joies et de récompenses, de recherche de perfection et du bonheur d’être meilleur que ses concurrents, qui sont les moteurs du capitalisme qui gagne. Smith était ce qu’il était : un philosophe, un professeur, un théoricien qui ne connaissait pas la dimension humaine, essentielle du capitalisme. Il a réduit le capitalisme à la recherche du profit personnel. L’IMF aussi, un comble. De ce fait, Smith a raté des étapes et n’a pas pleinement compris toute l’affaire, parce qu’il n’a jamais senti la salive dans sa bouche lors du passage de la réflexion à l’action, de l’envie à la prise de risque. Et les centres de réflexion et de formation contemporains, pourtant constamment démentis par les start-ups, se fondent sur ses réflexions.

J’ai un problème oui, lorsqu’on parle d’excès du capitalisme

  1. Mon premier problème est qu’en langue française, j’entends parler des « excès » du capitalisme, j’entends parler du « libéralisme sauvage », de « l’ultra libéralisme », soit de leurs aspects négatifs supposés. Jamais de leurs immenses accomplissements, de leurs aspects positifs, qui devraient venir en tête.

    Les excès s’il y en a, sont forcément à la marge. Ils ne représentent, s’ils existent, rien de plus que des effets de bord – par définition – à côté des immenses accomplissements historiques et présents du capitalisme. A ce point parler des excès est suspect.
  2. Le second est que l’on devrait surtout parler des dégâts du socialisme. Là, pas besoin d’évoquer ses excès, puisque c’est l’ensemble du socialisme qui détruit l’homme. C’est contre le socialisme qu’il faut une solution, un remède au mal qu’il crée. C’est là qu’il faut inventer les efforts et les ressources pour s’en débarrasser.
  3. Enfin, pour tout dire, je ne crois pas qu’il existe d’ « excès de capitalisme ». Je ne crois pas que l’expression soit tout simplement juste. Le capitalisme, c’est le nom savant donné à ce que fait l’homme le plus naturellement du monde : il investit son travail, son énergie, sa pensée créative, pour le bien être de sa famille, de sa communauté, et pour réaliser ses rêves créatifs. Il ne peut pas y avoir d’excès là-dedans.

L’excès existe, il est chez certaines personnes, pas dans le capitalisme

Il existe des gens qui abusent, qui trichent, qui sont corrompus et qui profitent des autres, et détournent les faiblesses de la réglementation et les failles des lois. Mais ces gens-là, ils existent partout ! Ils sont dans tous les systèmes, pas dans le capitalisme. Le capitalisme ne les fabrique pas, ils existent déjà. Et ils font autant de dégâts dans un système capitaliste que dans un système communiste ou de partage non marchand comme les associations sans but lucratif.

Voilà pourquoi j’affirme qu’il n’existe pas d’excès du capitalisme, mais d’excès commis par des personnes.

Parler d’excès du capitalisme, c’est déplacer l’origine de l’excès, des individus vers le système.

Le capitalisme ne crée par des gens mieux ou moins bien, moraux ou immoraux, corrompus ou généreux. Les corrompus seront toujours corrompus, les voleurs toujours voleurs et les criminels toujours criminels, quel que soit le système dans lequel vous les placez. Tout comme les pauvres, les profiteurs et ceux qui sont – tristement pour eux – inadaptés au système et ont besoin de l’assistance et de la compassion de l’Etat, soit dit en passant.

Capitalisme vs socialisme

Le capitalisme permet aux gens de s’épanouir, le socialisme les en empêche.

Le capitalisme laisse les gens prendre leur vie en charge, et donner le meilleur d’eux-mêmes ; le socialisme donne au gouvernement l’autorité, les moyens et les structures pour contrôler la vie des gens jusque dans les plus petits détails.

Le socialisme, cela se résume à ceci : l’Etat dirige votre vie jusque dans les moindres détails. Quelle voiture vous avez le droit de conduire (la Californie vient d’interdire les voitures à essence à partir de 2030), si vous devez prendre une voiture ou les transports en commun ; à quelle température vous avez le droit de mettre votre clim (ou votre chauffage) ; chez quelle compagnie vous avez le droit de vous assurer pour vos dépenses de santé, combien vous devez payer, combien elle vous rembourse, ce qu’elle vous rembourse, ce qu’elle vous autorise et ce qu’elle vous interdit [écrire ça me hérisse le poil] ; combien vous allez verser pour votre retraite, et combien vous aurez droit de recevoir ; ce que vous pouvez manger et ce qui n’est pas bien (allo, militantisme végétarien et végétalien, allo interdire l’élevage pour éviter le réchauffement climatique) ; si vous possédez une entreprise, à combien de salariés vous avez droit avant d’être fiscalement punis … la liste est très très longue, les gens qui vivent dans un régime socialiste déguisé comme la France ne s’en rendent même plus compte, ça fait partie de leur vie de tous les jours, et ils ont fini par trouver ça normal.

Vous voulez parler d’excès, voilà l’excès. « L’excès de capitalisme » à côté du socialisme, c’est du domaine de l’anecdote !

Réglementation, libéralisme et administration

S’il existe un excès de capitalisme, c’est plutôt du côté des lacunes de la réglementation, du fait de la corruption des législateurs par les lobbys, qu’il faille chercher. Et s’il existe un excès de capitalisme, il représente – allez, au doigt mouillé – 2% du problème, alors que le capitalisme représente 98% des bonnes solutions.

  • Sur le plan humanitaire, le capitalisme a fait reculer la famine, qui a presque totalement disparu. Il a fabriqué des armes de précision qui réduisent les dommages collatéraux, les pertes civiles, durant les conflits. Il a permis et permet l’invention de médicaments qui sauvent des vies, qui soignent les maladies et qui allègent les douleurs. Il fait avancer la recherche médicale – qui coûte une fortune. Il allonge la qualité et la durée de la vie. Il fait reculer la mortalité infantile.
  • Sur le plan scientifique, il a permis d’inventer internet ; les téléphones mobiles ; les voitures silencieuses, sûres, agréables à conduire et qui consomment peu ; le confort personnel ; il permet l’existence de l’art. Dans le domaine artistique, il a apporté la musique, le design et l’architecture d’intérieur, le cinéma dans chaque foyer ; il a permis d’inventer et de démocratiser les appareils ménagers qui allègent les tâches difficiles, ou répétitives, ou pénibles.
  • Sur le plan individuel, il permet à l’homme de vivre selon le meilleur de sa nature profonde : rêver d’inventions et les réaliser, améliorer la qualité de vie et le bien-être de sa famille, se donner les moyens de faire le bien dans sa communauté.

Quels sont les excès du capitalisme ?

On aura du mal à les trouver : on ne trouvera que l’intention malveillante de certaines personnes. Les excès ne viennent pas du système, je l’ai dit, mais de personnes mal intentionnées qui possèdent assez de pouvoir pour mettre à exécution leurs projets nocifs. C’est là que l’Etat doit intervenir.

Mais attention danger !

Les excès de l’Etat, bien plus graves, nombreux et irréparables que ceux du capitalisme

Keynes avait raison sur un point : une intervention de la puissance publique est nécessaire de temps à autre. Puisqu’il n’est pas possible de quantifier avec précision le degré et le nombre d’interventions que l’Etat doit injecter dans le monde des affaires, afin de limiter les abus des personnes corrompues et peu scrupuleuses, la règle est simple : le moins possible, le plus rarement possible.

Il faut regarder la réalité en face : il y a autant de personnes corrompues et peu scrupuleuses – Keynes s’est mis le doigt dans l’œil parce qu’il était partial – chez les hauts fonctionnaires et bureaucrates de l’administration que dans les entreprises.

Sauf que l’entrepreneur abusif ne fera du mal que dans son domaine d’activité, pour un temps limité avant que le marché ne le mette en faillite, tandis que la puissance publique peut faire des dégâts durables, et à toutes les entreprises d’une industrie pour neutraliser une brebis galeuse. Pas besoin de regarder bien loin pour le voir, la France est une championne.

Mais oui ! Les corrompus sont aussi nombreux dans la puissance publique que dans le monde de l’entreprise, sauf que l’administration dispose d’un pouvoir bien plus grand, placé entre les mains de personnes bien mal sélectionnées, aux compétences souvent inexistantes, et cerise sur le gâteau : qui ne subissent aucun contrôle et aucune sanction pour leurs erreurs.

Oui encore ! Ceux qui ont la charge d’éviter les excès, les abus et les dérives sont totalement épargnés de tout contrôle pour leurs excès, leurs abus et leurs dérives. Ils ne rendent aucun compte, et ne sont jamais sanctionnés. C’est pourquoi tant de mauvaises décisions sont prises par l’Etat : l’homme étant ce qu’il est, s’il n’est pas sanctionné pour ses erreurs, il recommencera.

Conclusion

Les capitalistes ont un visage, un nom, un mode de vie luxueux, qui souvent s’étale et qu’on aime détester. Ils sont visibles, les médias exposent leurs excès, rarement leurs accomplissements.

Les hauts fonctionnaires sont anonymes, transparents, invisibles, coincés et ennuyeux à mourir. Ils sont protégés, jamais mis en cause par leurs pairs, ni par les politiques, même dans l’opposition, et ne sont jamais exposés par les médias, parce que dénoncer un fonctionnaire, c’est dénoncer l’Etat, et ça ne fait pas du clic.

Les journalistes sont socialistes, le socialisme veut que l’Etat possède tous les pouvoirs. Jamais aucun journaliste ne mettra l’Etat en cause, jamais il ne demandera la tête d’un fonctionnaire – seulement celle des boucs émissaires : les ministres, qui n’y sont généralement pour pas grand-chose.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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