Publié par Eduardo Mackenzie le 4 septembre 2022
Petro, le poison progressiste n’amène que la mort, il est temps pour l’Amérique latine de le réaliser

La connaissance est une chose et la croyance en est une autre.

Max Weber a expliqué que dans le domaine des idées, il faut distinguer la méthodologie scientifique pure et l’éthique de conviction. Pour certains, l’ouvrage spéculatif de l’économiste et sociologue français Serge Latouche, 82 ans, auteur qui semble être l’un des mentors idéologiques de Gustavo Petro et d’Irène Vélez, la nouvelle ministre colombienne des Mines et du Pétrole, relève de cette dernière catégorie.

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Serge Latouche, professeur à l’université Paris-Sud 11 et auteur, entre autres, de Le temps de la décroissance (2010), est convaincu que la recherche du développement équivaut à l’horrible « occidentalisation du monde », que l’anti- développement économique, la récession économique et l’appauvrissement des sociétés, est un moyen d’« échapper au capitalisme », de constituer une « véritable alternative au productivisme libéral » et de parvenir à une « société alternative ».

Bien qu’aucune étude scientifique ne valide cette hypothèse, les adeptes de la liquidation du progrès et de la technologie, comme les partis écologistes les plus radicaux, font de ce type de croyance un étendard politique. La bataille culturelle de la « décroissance » est sans danger pour les prophètes de la fin du monde. Ils savent que l’histoire de l’anti-développement ne se traduit pas, à court terme, sauf catastrophe inattendue, par une expansion galopante de la misère dans les sociétés développées où ils vivent et que leur situation personnelle n’en sera pas affectée. Ils oublient cependant que de telles thèses, appliquées aux pays pauvres ou du tiers monde, peuvent déclencher, à court terme, des déséquilibres et calamités nutritionnels, médicaux, démographiques et un grave sous-développement intellectuel, notamment chez les plus jeunes.

Je demanderais à Gustavo Petro d’arrêter de jouer à l’apprenti sorcier avec des théories toxiques et de fond malthusien qu’il prétend avoir appris en Belgique. La Colombie n’est pas un laboratoire où il pourrait réaliser des expériences absurdes, comme la destruction de l’industrie pétrolière et énergétique du pays, comme l’induction délibérée de la récession et l’anti-développement dans le secteur agricole et dans d’autres secteurs clés fournisseurs d’emplois et de la production colombiens. Que les auteurs de théories du premier monde fassent des expérimentations à l’abri d’une grande cloche en verre et sans toucher les gens, mais pas en Colombie en utilisant la population et la macro et micro économie comme cobayes.

La Colombie aspire, à juste titre, à développer non pas la pauvreté mais son potentiel intellectuel, économique, industriel, communicationnel, commercial et artistique. Cependant, tant que la Colombie suivra les théories délétères du nouveau président, il n’y aura pas de progrès. L’agenda du gouvernement, que beaucoup jugent « avancé » et de « progrès », est réactionnaire : revenir à une économie de subsistance, comme le prévoit l’accord des FARC à La Havane lorsqu’il dit que « l’économie paysanne, familiale et communautaire » est le « fondement » du « développement rural intégral».

Je ne sais pas ce qu’a dit Serge Latouche sur l’effet néfaste de sa théorie en France lorsque l’épidémie du Covid a éclaté. Du jour au lendemain, la France s’est retrouvée sans médicaments, sans respirateurs artificiels et sans matériel médical pour protéger le personnel médical et la population. Séduites par la théorie de la décroissance, les élites de France et d’autres pays ont laissé ces bagatelles entre des mains asiatiques. Lorsque la guerre en Ukraine et les sanctions contre la Russie ont éclaté, la France a reçu un autre coup dur : elle a découvert sa vulnérabilité énergétique puisqu’elle avait démantelé près de la moitié de ses centrales atomiques, productrices d’une énergie propre qui réduit les gaz à effet de serre, mais tellement détestés par les fanatiques du anti-développement. Maintenant, EDF essaie à marche forcée de remettre 32 réacteurs sur les rails pour faire face à l’hiver.

Le changement climatique, enjeu crucial puisqu’il a des effets sur  toutes les populations, peut être aggravé par la décroissance. Les adaptations requises par ce phénomène ne peuvent venir que d’un plus grand développement technologique, de plus de recherche et d’activité dans tous les domaines. Seuls le développement et la croissance économique ont considérablement amélioré les niveaux de santé et de confort de la population mondiale. La décroissance risque de réduire les niveaux atteints. Pour résumer : cette théorie est une forme de folie qui précipite les désastres qu’elle croit pouvoir prévenir. L’écologie politique aux mains des verts, écrit l’essayiste Pascal Bruckner, « est à la fois l’agent et le véhicule de notre désir de mort.»

© Eduardo Mackenzie (@eduardomackenz1) pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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