Publié par Eduardo Mackenzie le 24 septembre 2022
Quand Petro fulmine devant l’ONU

Ridicule le discours de Gustavo Petro devant l’Assemblée générale des Nations Unies.

Sombre et ridicule non seulement par ses mensonges – il a accusé les États-Unis et l’Europe (mais pas Poutine, le bourreau de l’Ukraine) d’envahir l’Ukraine et aussi l’Irak, la Libye et la Syrie « au nom du pétrole et du gaz ». Risible, par son lyrisme frelaté et ses insultes contre les pays alliés de la Colombie : il a accusé les États-Unis et l’Union européenne de détruire l’Amazonie, de piller les ressources naturelles de la planète, de « déclarer la guerre à la jungle, à ses plantes, à ses populations. » Discours tendancieux par ses insinuations contre le modèle de développement capitaliste et son évocation de « l’échec (sic) de la lutte contre le réchauffement climatique ».

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Discours grotesque mais aussi barbare car il a qualifié d’« irrationnelle » et d’  « échec » la guerre contre la drogue, à laquelle, selon lui, il faudrait mettre fin.

Évidemment, une telle accumulation d’absurdités a été rejetée par la presse européenne. Celle-ci n’a pas apprécié le ton venimeux et divisionniste de Petro et ses insultes/, /où les propositions visant à « remédier à ces problèmes par une action conjointe des pays » brillent par leur absence, selon un analyste de la BBC de Londres.

« Quand les actions étaient les plus nécessaires, quand les discours ne servaient plus à rien, quand il fallait déposer de l’argent dans des fonds pour sauver l’humanité, quand il fallait sortir au plus vite du charbon et du pétrole, une guerre et une autre et une autre étaient inventées. Ils ont envahi l’Ukraine, mais aussi l’Irak, la Libye et la Syrie. Ils ont envahi au nom du pétrole et du gaz », a gesticulé Petro.

Le nouvel occupant du Palais Nariño à Bogota a choisi cette importante tribune pour humilier son propre pays. Le pire dans sa performance à New York, sans parler de son allégation extra-muros sur « la meute de loups  d’où est née l’intelligence », n’est pas qu’il ait utilisé le thème du trafic de drogue. Cette question avait été traitée par d’autres éminents colombiens dans d’autres assemblées de l’ONU avec une ligne exigeante de réflexion et de combat contre cet énorme fléau.

Petro, en revanche, a placé la Colombie au niveau le plus bas, imitant le dictateur bolivien Evo Morales qui en 2015 avait demandé à l’ONU de mettre fin au capitalisme « pour éradiquer la pauvreté ». Cette fois, Petro a demandé à l’ONU quelque chose de non moins étonnant : mettre fin à la « guerre irrationnelle contre la drogue » pour que le monde parvienne au bonheur universel.

La proposition farfelue de mettre fin à la guerre mondiale contre la drogue et de « déposer l’argent dans les fonds » est une insulte mafieuse aux victimes de ce combat épique, aux dizaines de milliers de héros colombiens et étrangers qui ont perdu la vie en Colombie dans la lutte contre ce fléau international. Petro n’a pas eu un seul mot de compassion pour eux, soldats et policiers, mais aussi magistrats, juges, journalistes (je pense surtout à Don Guillermo Cano), ministres (je pense surtout à Rodrigo Lara Bonilla), diplomates, éleveurs,  intellectuels, hommes politiques (je pense à Luis Carlos Galán), maires, indigènes américains et agents de la DEA, qui ont été assassinés, kidnappés et estropiés à vie par des trafiquants de drogue. Les paroles de Petro sont un attaque injuste contre eux tous pour avoir participé à une « guerre irrationnelle ».

« Voulez-vous moins de drogue ? Pensez à moins de profit et plus d’amour » a éructé Petro, copiant servilement la malheureuse théorie de Manuel Lopez Obrador sur « des embrassades  à la place des balles » dans la lutte contre les cartels mexicains, une approche qui a amplifié les tueries dans ce pays. « Pensez à un exercice rationnel du pouvoir », a exigé Petro. « Ne touchez pas à la beauté de mon pays avec vos poisons, aidez-nous, sans hypocrisie, à sauver la jungle amazonienne pour sauver la vie de l’humanité sur la planète », a lancé l’ancien membre de la guérilla narco-terroriste M-19 qui avait  accepté en 1985 de se mettre au service de Pablo Escobar pour incendier le palais de justice de Bogotá et assassiner des magistrats de la Cour suprême de justice et du Conseil d’État. Petro, qui n’a jamais critiqué ce carnage ni la trajectoire ignoble du M-19, ni des autres guerillas, est le même qui ose parler d’ «exercice rationnel du pouvoir », de « la beauté de mon pays » et de « sauver la vie de l’humanité sur la planète ».

Avec son charabia obamiste sur le prétendu « échec » de la guerre contre la drogue, Petro cherche à saper la lutte mondiale contre le trafic de drogue et à dynamiter les relations diplomatiques de la Colombie avec les démocraties et le reste du monde. Cette ligne relègue la Colombie dans un coin sombre, celui d’un pays hors-la-loi, paria, qui insiste sur le mal, qui se complaît à se vautrer dans la boue. Pour lui, la vraie Colombie n’existe pas, avec son héritage universaliste, avec sa démocratie, sa population courageuse, fière, qui a toujours défendu les libertés, la religion, la culture, le travail.

C’était donc un discours pour dénigrer l’extradition des trafiquants de drogue, l’éradication des cultures de drogue, les efforts des pays contre le blanchiment d’argent. Tout cela se résume dans cette phrase incroyable : « Mon pays ne les intéresse que pour jeter des poisons dans la jungle, jeter les hommes en prison et lancer les femmes dans l’exclusion ». Et dans cette autre, qui complète le tableau apocalyptique : « Pour détruire les plantations  de coca ils jettent des poisons, du glyphosate en masse qui coule dans les rivières, ils arrêtent les cultivateurs et les emprisonnent. Pour détruire ou posséder la feuille de coca, un million de Latino-Américains sont assassinés et deux millions de noirs sont emprisonnés en Amérique du Nord. »

C’est la harangue d’un homme égaré. Ces pays ne sont pas ceux qui ont planté de la marijuana, de la coca et du pavot en Colombie. Ni ceux qui ont refinancé les guérillas narco-communistes après que celles-ci avaient été laminées par l’action de l’État colombien. Ni ceux qui ont payé des renégats pour s’infiltrer et noyauter la justice, le système électoral et d’autres piliers institutionnels.

Ce que les pays occidentaux, en particulier les États-Unis, la France et l’Union européenne, devraient comprendre, c’est que la requête de Petro de laisser tranquilles les producteurs et les trafiquants de cocaïne vise avant tout ces gouvernements. L’intention de ce discours est de tendre un piège au camp occidental. C’est un artifice pour diviser le bloc atlantique, pour affaiblir ses États membres, pour qu’ils n’aident ni conseillent les forces militaires et policières de l’hémisphère. Ce discours est un avertissement : le flot de drogue dans les démocraties occidentales, avec son cortège de massacres et de disgrâce sociale, doit augmenter car il n’y a pas lieu de craindre : la cocaïne, dit Petro, « ne cause que des décès minimes par overdose et davantage en raison des mélanges qui provoquent l’activité clandestine». Petro est l’un de ceux qui prêchent que le sucre est « une drogue beaucoup plus nocive que la marijuana et la cocaïne ».

Quelques heures après avoir prononcé ce discours épouvantable, Petro a fait savoir qu’il rencontrerait le 26 septembre Nicolas Maduro, le grand pion de Poutine et de l’Iran sur le continent américain. Il a déclaré que les relations diplomatiques entre la Colombie et le Venezuela seront rétablies et que les parlements colombien et vénézuélien travailleront désormais ensemble. Caracas a également réitéré sa demande à Bogotá d’extrader les opposants vénézuéliens qui ont trouvé refuge en Colombie après avoir fui la tyrannie. Petro a également donné son feu vert à la participation de Maduro aux prétendues « négociations de paix » de Petro avec l’ELN et les autres bandes dont les capos se cachent au Venezuela d’où ils planifient leurs attaques contre la Colombie.

Sur l’agression de la Russie contre l’Ukraine, Petro s’est soumis à Moscou en déclarant : « Ne nous poussez pas à nous aligner sur les champs de bataille (…) Laissons les peuples slaves se parler ». Le magazine Semana a expliqué que Vladimir Poutine, lors de l’accueil de l’ambassadeur colombien en Russie, avait fait l’éloge de Gustavo Petro et déclaré que la Colombie « est un partenaire prometteur de la Russie en Amérique latine avec qui nous souhaitons entretenir des relations amicales ». Les pays de l’OTAN feraient bien de lire le discours de Petro du 20 septembre à New York à la lumière de ces faits.

© Eduardo Mackenzie (@eduardomackenz1) pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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