Publié par Jean-Patrick Grumberg le 27 septembre 2022
Qui est-elle ? Anti-UE, pro-Otan, pro-Ukraine, pro-Israël, anti-immigration : voici Giorgia Meloni

Les journalistes ont le cerveau bloqué sur 1934 : tout dirigeant politique qui défend ses citoyens avant tout, rejette le multiculturel et l’immigration illimitée est un fasciste. Pour eux, les seuls « conservateurs » sont les Ayatollahs d’Iran !

Donc. Une raciste, xénophobe et « extrémiste de droite » (la vraie droite par opposition à la droite centre gauche ou carrément gauchiste) est devenue Première ministre de l’Italie. Ça fait beaucoup de tares, et croyez-moi, bien qu’ils ne savent strictement rien d’elle et de sa politique, il ne manque pas de gens qui se sont empressés de prendre pour argent comptant le portrait que les médias ont fait d’elle – ces mêmes personnes qui les yeux dans les yeux vous expliquent qu’ils sont assez malins pour ne pas faire confiance aux journalistes. Ca marche à tous les coups.

Qui est cette femme ?

Meloni, qui siège à la Chambre des députés italienne depuis 2006, est une vraie conservatrice comme vous n’en n’avez pas en France, le mot conservateur étant un gros mot dans la bouche des médias si vous n’êtes pas un dictateur iranien.

Mère de famille de 45 ans et originaire de Rome, Meloni est profondément conservatrice et sainement et ouvertement contre les excès des militants LGBT. Elle conteste les unions entre personnes de même sexe, qui ont été légalisées en Italie en 2016. Elle a également qualifié l’avortement de « tragédie ».

En fait, Giorgia Meloni a de quoi être détestée de beaucoup de monde.

  • Les journalistes pour commencer, qui décident qui vous devez aimer et qui vous devez détester – et ça marche à merveille, d’autant mieux que les gens, se croyant à l’abri de leur lavage de cerveau, sont d’autant plus faciles à influencer,
  • Ceux qui se croient patriotes et soutiennent la guerre de Poutine, parce qu’elle est pro-Ukraine,
  • Les fachos parce qu’elle aime Israël,
  • Les nostalgiques de la puissance perdue de la France parce qu’elle est atlantiste,
  • Les anti-américains primaires parce qu’elle soutient l’OTAN.

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Après la Suède, “l’extrême-droite” remporte une grande victoire en Italie. Cela signifie que si ces deux ballons d’essai sont couronnés de succès en matière d’immigration musulmane, c’est toute l’Europe qui va tousser.

Les premiers résultats de l’élection surprise de dimanche indiquent qu’une coalition de droite, dirigée par le parti dit d’extrême droite Fratelli d’Italia, a remporté la majorité des voix.

L’alliance :

  • du parti Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni,
  • du parti d’extrême droite Lega de Matteo Salvini et
  • de Forza Italia, le parti de centre-droit mou de Silvio Berlusconi.

Fratelli d’Italia (ou Frères d’Italie) a remporté 26,2 % des voix, ce qui oblige les médias à répéter vingt fois les mots « extrême-droite » par article. Il arrive loin devant ses partenaires de coalition, la Lega et Forza Italia, qui ont obtenu environ 9 % et 8 % des voix respectivement.

Le taux de participation a été plus faible qu’en 2018, avec 64 % contre 74 % en 2018, quand Fratelli d’Italia n’avait obtenu que 4,5 % des voix !

« Peuple fier »

Le succès fulgurant de Fratelli d’Italia signifie que Giorgia Meloni est devenue Premier ministre, et la première femme à la tête du pays.

Lors de l’annonce des résultats, Giorgia Meloni a déclaré que son parti « gouvernerait pour tout le monde » et ne « trahirait pas » la confiance du pays. Elle a également parlé de la nécessité d’unir l’Italie et de rendre son peuple fier.

« Peuple fier », c’est ce que Donald Trump martelait pendant sa campagne de 2016, et ce sont des mots qui restent en travers de la gorge des salles de rédaction : la gauche est nihiliste, et selon sa façon de voir le monde, l’homme blanc occidental doit se sentir coupable. Coupable du mal qu’il fait aux minorités, aux défavorisés, à la planète, aux LGB, donc à l’humanité tout entière, et il ne doit certainement pas être fier.

Pour les trotskystes, les socialistes, soit la quasi-totalité de la presse, fier = suprématie ; fier = esprit colonisateur ; fier = racisme.

Eurosceptique et eurosciatique

Les semaines et les mois à venir détermineront « quelle Meloni » gouvernera. Elle a exprimé sa volonté de remettre en question les règles de l’UE, mais le fera-t-elle alors que l’Italie, à l’instar de la Hongrie, n’a pas la force économique de résister seule sur le marché mondial ?

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a fait un caca nerveux en apprenant les résultats. Deux en deux semaines, c’est trop. Elle n’a pas encore commenté la seconde victoire d’une faction de droite en Europe, deux semaines seulement après les élections suédoises, mais elle a déjà menacé.

Elle a lancé un coup de semonce, et mis en garde l’Italie de ne pas la défier.

Lors d’une visite à l’université de Princeton, von der Leyen a déclaré que si les relations prenaient une « direction difficile », l’UE disposait d' »outils » pour faire face à de telles crises. Cela veut dire que l’Italie peut voir son financement européen réduit, comme elle l’a fait pour la Hongrie, si elle désobéissait et enfreignait les traités européens.

Jusqu’où Meloni fera-t-elle passer l’Italie à droite ?

Les analystes notent que Meloni a également cultivé une relation étroite avec le Premier ministre sortant Mario Draghi, qui a démissionné en juillet après avoir échoué à unir une coalition autour de lui.

« Nous avons affaire à une coalition de droite, mais nous devons comprendre quel type de coalition de droite », a déclaré lundi à CNBC Francesco Galietti, directeur général et cofondateur du cabinet de conseil en risque politique Policy Sonar.

« Meloni est assez charmeuse et tout le monde croit avoir une relation spéciale avec elle, mais en réalité nous savons aussi que Meloni est assez proche de Mario Draghi, et son ascension au pouvoir est un exercice d’équilibre. Elle n’a pas abandonné ses anciens compagnons de route, et elle parle à Mario Draghi. La question finira donc par se poser : qui est la vraie Meloni ? »

Eurosconscience

Fratelli d’Italia a connu une montée fulgurante en popularité depuis sa fondation en 2012 : les Italiens, comme tous les Européens, sont préoccupés par l’immigration musulmane, l’économie européenne socialiste, l’emploi et le niveau de vie (en cas de doute, regardez où en est l’économie libérale du voisin suisse), et le parti s’est engagé à relever tous ces défis. On peut douter de sa capacité à y parvenir : Meloni n’a pas d’expérience, et sauf à se révéler être une nouvelle génie politique comme le fut Margaret Tatcher, la tâche sera dure, ne nous mentons pas.

Fratelli d’Italia et la Lega sont tous deux des partis souverainistes et eurosceptiques. Ils ont préconisé la sortie de l’euro, puis sont revenus en arrière – comme Le Pen.

Fratelli d’Italia, pour sa part, a une idée très saine de l’UE.

Elle veut une Union européenne allégée, avec moins de bureaucratie et de bureaucrates, et elle défend la primauté du droit italien dans les questions nationales.

Meloni a besoin de l’UE

Meloni a déclaré qu’elle chercherait à renégocier les fonds de relance Covid de l’Italie auprès de l’UE (environ 200 milliards d’euros, soit 193 milliards de dollars, en prêts et subventions), compte tenu de l’inflation galopante et de la flambée des factures d’énergie dans le sillage de la guerre déclenchée par la Russie.

Ettore Greco, vice-président exécutif de l’Istituto Affari Internazionali, confirme que Mme Meloni a adouci sa rhétorique anti-UE, mais il se demande si elle sera capable d’établir un bon rapport avec ses homologues européens.

« Pendant de nombreuses années, elle a fait campagne sur une plateforme très critique à l’égard de l’UE, allant même jusqu’à plaider pour la sortie de l’Italie de l’euro de temps à autre, mais elle a maintenant changé de position, reflétant dans un sens ce fort soutien généralisé pour l’Italie dans l’UE », a-t-il déclaré lundi.

« Le problème qu’elle risque d’avoir, c’est qu’elle devra trouver un moyen d’établir une relation de travail efficace avec l’UE sur de nombreux domaines difficiles, comme la politique économique, parce que sa coalition et son parti ont toujours été en faveur de règles différentes, en particulier les règles budgétaires, et cela peut causer des frictions, surtout si la situation économique se détériore. »

Politique étrangère : les divisions internes

Fratelli d’Italia est souverainiste : pro-Kyev, pro-sanctions contre la Russie, anti-Poutine, elle défend le respect d’un pays souverain contre une invasion militaire.

Elle diffère de ses partenaires de coalition sur la question de l’Ukraine. Alors que Berlusconi et Salvini ont tous deux déclaré qu’ils aimeraient revoir les sanctions contre la Russie en raison de leur impact sur l’économie italienne, Meloni a été ferme dans son soutien à la défense de l’Ukraine.

A l’inverse, Lega et Forza Italia sont ambivalents quant à la punition de Moscou.

Et Berlusconi, de Forza Italia, est allé la semaine dernière jusqu’à applaudir la guerre et féliciter le président russe de son invasion de l’Ukraine, affirmant, parce qu’il ne croit pas au concept nationaliste, que Poutine l’avait fait pour installer des « personnes décentes » à Kiev – et qu’il en a le droit.

Meloni, contrairement à la propagande, n’est pas anti-LGBT

Au cours d’un meeting de campagne, un militant LGBT en colère, Marco Marras, est monté sur la scène à Cagliari.

Au lieu de courir se mettre à l’abri, Meloni a affronté l’activiste, avec calme et respect. Ellui lui a parlé, et l’a aidé à comprendre que nombre des idées préconçues qu’il avait sur elle et ses politiques n’étaient pas fondées sur la réalité mais créées par les médias et la gauche, qui militent main dans la main pour tromper les gens.

L’interaction entre Meloni et Marras ne s’est pas arrêtée à cet incident.

Marras s’est exprimé sur les médias sociaux peu après et a remercié Meloni pour la façon dont elle l’a traité avec respect, et pour avoir pris le temps de lui parler. Il a également remercié la police d’avoir été bonne avec lui « parce qu’ils ont compris quel genre de personne je suis, un garçon qui voulait juste exprimer son opinion. Je remercie tout le monde », a déclaré l’activiste qui a interrompu la campagne de Meloni.

Et Meloni lui a répondu sur Facebook.

Elle a partagé l’histoire touchante de l’absence de son père et a écrit :

« Marco, tu as été très courageux et, comme je l’ai dit hier, j’ai beaucoup de respect pour tous ceux qui ont le courage de défendre leurs convictions.

Je pense aussi que nous sommes tous pareils et tous frères, et je crois que chacun a le droit d’aimer qui il veut et que l’État ne doit pas se mêler de leurs affaires.

Aujourd’hui, il existe des unions civiles et, en Italie, on peut s’engager officiellement avec qui on veut en toute sécurité ; je ne proposerais pas de supprimer ce droit.

Meloni est ensuite entrée dans le détail, expliquant sa position sur les adoptions homosexuelles et racontant sa propre expérience familiale.

Je ne suis pas d’accord avec l’adoption, comme vous le savez, mais pas parce que je considère que votre sentiment est inférieur à celui d’un homme et d’une femme. Je considère juste, pour être clair, que l’État italien ne doit pas permettre l’adoption par des célibataires, et je ne pense pas que vous me direz que je suis « célibophobe », car je ne suis pas homophobe.

Je considère qu’un enfant a le droit de grandir avec un père et une mère. J’ai été élevée dans une famille monoparentale. Je ne peux pas dire que j’ai été malheureuse mais est-ce qu’un père m’a manqué ? Oui, je ne peux pas le nier. Si je le dis, est-ce que j’enlève quelque chose à l’amour inconditionnel de ma mère ? Non.

Nous pouvons être en désaccord sur ce point, vous et moi, mais cela ne signifie pas que je doive vous haïr, ou que vous deviez me haïr. Je respecte et j’essaie de comprendre ton point de vue ; j’espère que, tôt ou tard, tu seras capable d’en faire autant. Et j’espère qu’un jour vous aurez envie d’en parler calmement, sans caméras et sans sensationnalisme. Je vous souhaite bonne chance et gardez votre courage.

Défenseur de la famille, le dernier rempart contre le wokisme

Voici ce que Meloni déclare sur la famille, et qui a plongé les gauchistes dans la panique.

Le commentateur politique de Fox news, Piers Morgan a reproché aux grands médias de qualifier l’élue italienne, fiscalement conservatrice, d' »extrême droite »

Piers Morgan sur FoxNews (à gauche)

« Les gens du monde entier en ont marre de la gauche ultra-woke« 

« Ce que je trouve fascinant, c’est la façon dont tout ce changement est catégorisé comme un changement vers l’extrême droite. Alors que si vous regardez cette femme, Giorgia Meloni, qui est devenue la première femme Premier ministre d’Italie, je ne la classerais pas du tout dans la catégorie de l’extrême droite, je la qualifierais de conservatrice fiscale, en fait, à la limite de la modération.

Je pense donc qu’il s’agit d’une tendance classique de la gauche à diaboliser à outrance toute personne conservatrice, à la cataloguer immédiatement comme étant d’extrême droite et à en faire une sorte de stigmate pour la battre. La raison pour laquelle elle a gagné, et la raison pour laquelle vous voyez beaucoup de ce mouvement en Scandinavie et dans d’autres parties de l’Europe, est que je pense que les gens en ont assez de ce qu’ils perçoivent comme un programme de gauche très ultra-woke, qui ne répond pas à leurs véritables préoccupations, et en particulier, que ce soit en Suède, en Italie ou dans d’autres pays d’Europe, sur la question de l’immigration illégale.

Et je pense que c’est la seule question que l’on peut retrouver dans tous ces pays qui se sont déplacés vers la droite. Les habitants de ces pays sont convaincus que leurs gouvernements ne se sont pas attaqués à ce qu’ils considèrent comme un problème très grave.

Conclusion

Mme Von der Leyen s’était immiscée dans la campagne électorale en menaçant les Italiens que l’Europe avait « les outils » pour réagir si l’Italie prenait une « direction difficile », autrement dit, s’ils votaient pour Méloni.

Aucun homme politique de droite n’aurait pu ainsi violer la souveraineté avec une élection étrangère sans soulever des haut-le-cœur dans la presse mondiale. Elle, elle a le droit car nous ne vivons pas dans l’égalité des droits.

Von der Leyen a menacé les Italiens de les punir s’ils votaient mal. Ils lui ont donné une leçon d’humilité. Qu’elle n’entendra pas.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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