Publié par Guy Millière le 7 octobre 2022
L’importance des valeurs éthiques

Les guerres servent souvent de révélateurs. Elles obligent les gens à prendre position, et ceux qui disent ne pas prendre position prennent eux-mêmes position : de fait, refuser de prendre position est, dans certaines situations, prendre position.

La guerre d’agression déclenchée par le dictateur russe Vladimir Poutine contre l’Ukraine a servi de révélateur.

Des gens se sont situés d’emblée du côté de l’Ukraine, et j’en fais partie. Ces gens discernent qu’il y a une démocratie, certes imparfaite, mais démocratie quand même, et une dictature, et ils n ‘hésitent pas une seule seconde : ils se placent du côté de la démocratie, contre la dictature. Ces gens voient qu’il y a un agresseur, la dictature, et un agressé, la démocratie, et ils se placent du côté de la défense de l’agressé, contre l’agresseur. Lorsqu’ils voient des crimes abjects commis par l’agresseur, ils disent qu’ils voient les crimes abjects commis par l’agresseur et condamnent les crimes abjects. Lorsqu’ils voient un Président élu rester courageusement à son poste, risquer sa vie, mobiliser l’opinion internationale pour la défense de son pays et, par son courage, donner du courage à tout son peuple, ils voient un homme qui se conduit de manière admirable et qui mérite le respect.

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D’autres gens ont adopté une position très différente : ils se sont situés d’emblée du côté du dictateur russe, et ont prétendu trouver de tels défauts à la démocratie qu’ils ont choisi de soutenir la dictature, et quels que soient les prétextes qu’ils se donnent, c’est un fait, ils soutiennent la dictature. Ils se refusent à appeler l’agression une agression et usent de circonlocutions et d’élucubrations très équivoques pour tenter de montrer que l’agressé est coupable de l’agression qu’il subit et que l’agresseur a raison d’agresser, de tuer et de détruire (parfois ils ne vont pas jusque-là, et se contentent de dire qu’au vu des torts de l’agressé, l’action de l’agresseur était fatale). Lorsqu’ils voient les crimes abjects, ils mettent en doute la réalité des crimes et quand il n’est plus possible de nier l’évidence tant elle est flagrante, s’efforcent de parler aussitôt d’autres crimes abjects commis tout au long de l’histoire aux fins de nier la responsabilité du criminel, et ils ne condamnent dès lors pas les crimes abjects.  Lorsqu’ils voient le Président Zelensky, ils sont ravis d’utiliser et de faire circuler des vidéos soigneusement sélectionnées par les services de la dictature russe et datant de l’époque où Zelensky était comédien pour le dénigrer, et ignorant son courage, ignorant qu’il risque sa vie, ignorant qu’il défend son pays, ignorant qu’il donne du courage à son peuple, insistant sur des erreurs qu’il a pu commettre et qui ne sont rien par rapport à ce qu’il fait depuis sept mois, l’insultent et le traitent de pantin, sans discerner qu’ils insultent ainsi tout un peuple confronté à ce qui relève d’une tentative de génocide, au sens que ce mot a reçu en 1949 lors d’une convention internationale  chargée de définir le crime de génocide.  

Je fais partie de ceux qui se situent du côté de l’Ukraine, oui. Résolument.

Je fais partie de ceux qui qui appellent un chat un chat, un criminel un criminel et Vladimir Poutine un dictateur criminel. Parce que c’est ce qu’il est : un dictateur criminel.

 Je sais que la démocratie ukrainienne est imparfaite, mais je sais aussi que c’est une démocratie. Je sais qu’il y a un agresseur et un agressé, et des crimes abjects. Je sais que Volodymyr Zelensky a pu commettre des erreurs (qui n’en commet pas, surtout dans une situation très difficile ?). Je sais aussi qu’il se conduit de manière admirable et mérite le respect.

J’ai, je dois le dire et je le dis, perdu toute forme de respect et toute forme d’estime pour ceux qui adoptent la “position différente” que je décris un peu plus haut. Certains disent qu’ils ne me “reconnaissent plus” et qu’ils “estimaient ce que j’écrivais avant la guerre en Ukraine”. Je leur réponds que c’est moi qui ne les reconnais plus.

Ce qui a guidé tout mon travail intellectuel et toutes mes analyses depuis un demi-siècle, est un ensemble de valeurs éthiques. Je leur reste indéfectiblement fidèle. Elles sont ce qui a fait la grandeur de la civilisation occidentale. Elles méritent d’être affirmées et défendues, quelles que soient les circonstances. Que nul ne compte sur moi pour les abandonner.

Pour l’heure, l’armée ukrainienne remporte victoire sur victoire. C’est logique. C’est l’armée d’un peuple qui se bat pour préserver sa liberté contre un agresseur monstrueux, Et elle bénéficie de la puissance militaire de la première puissance du monde. L’armée russe va de débâcle en débâcle. C’est logique aussi. C’est l’armée d’un dictateur criminel qui a voulu mener une action de prédation et a échoué. Ses soldats ne savent pas pourquoi ils se battent et sont envoyés à la mort. Elle est imprégnée du déclin de la Russie, qui n’est plus une grande puissance, mais un pays du tiers-monde avec des armes nucléaires datant du temps ou l’Union Soviétique était une superpuissance totalitaire. La chute du dictateur criminel est en cours. Ses défenseurs vont devoir trouver bientôt un autre dictateur criminel à défendre. Xi Jinping ? Ebrahim Raissi ? Kim Jong-un ? L’Ukraine sera libre, démocratique et reconstruite. Elle sera membre de l’OTAN, qui est plus que jamais l’organisation de défense du monde libre, et oui : même s’il est attaqué de l’intérieur et même s’il peut avoir de mauvais dirigeants, il y a un monde libre qui doit être défendu, et un monde autoritaire-totalitaire qui doit être combattu et, autant que c’est possible, vaincu.

© Guy Millière pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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