Publié par Eduardo Mackenzie le 6 octobre 2022
Pyromanes ou incendiaires ?

Qui étaient les féministes enragées pro-avortement qui ont tenté de mettre le feu à la  principale cathédrale de Bogotá : des pyromanes ou des incendiaires ?  

Dans la nuit du 28 septembre, sur la Plaza de Bolívar, vingt femmes cagoulées ont lancé des cocktails Molotov sur la porte principale de la cathédrale primatiale, recouvert la façade avec des slogans pro-avortement, brisé les vitres des commerces voisins et agressé d’autres femmes. La police est intervenue. Les exaltées ont fui  mais aucune n’a été rattrapée. Le général Sanabria, directeur de la police nationale, a déclaré quelques heures plus tard que les « auteurs présumés » de l’attaque contre la cathédrale « avaient été capturés ». Cependant, deux jours plus tard, la police de Bogotá a publié une affiche demandant aux citoyens d’aider à identifier les assaillants. L’affiche montre les photos de sept femmes cagoulées en action. Pour faire court: personne n’a pris au sérieux ce grave incident. Ni l’Église catholique, ni la mairie de Bogotá, ni la police, ni le parquet.

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Tout le monde se refile la patate chaude. En tout cas, Causa Justa, une organisation internationale qui promeut des avortements, financée par le Center for Reproductive Rights et instigatrice de la manifestation du 28 septembre, tente de se faire oublier depuis cet incendie. Dans ses pages web, elle efface toute référence à ces agissements. Or, deux semaines avant l’attaque à la cathédrale, les responsables de Causa Justa, s’étaient réunis à Bogotá pour « discuter de stratégies ».

La pyromanie est un phénomène malheureusement de plus en plus présent dans les violentes protestations de la gauche colombienne. Il y a eu en 2020 et 2021 des policiers brûlés par des hordes de fanatiques, ainsi que des postes de police, des tribunaux, des magasins, des radios et des hôtels incendiés. Les églises sont également attaquées. Les criminologues et les psychologues du premier monde discutent depuis de nombreuses années sur le phénomène de la pyromanie. Ils sont d’accord : il y a de légères différences entre le pyromane criminel et le pyromane occasionnel, car les deux comportements ne sont pas identiques. À quelle catégorie appartiennent les femmes cagoulées qui ont attaqué la cathédrale ? Quelles sont leurs vraies motivations ? Quel type de sanction pénale pourraient-elles encourir?

Il y a des individus qui mettent le feu pour se venger de quelqu’un, ou pour s’enrichir ou pour éliminer un rival, ou pour saboter une entreprise. Ils préméditent leur acte, préparent leurs moyens d’action et leurs voies pour s’enfuir. Ce sont des criminels. D’autres sont animés par une fascination morbide pour le feu.

Depuis le XIXe siècle, différentes écoles psychiatriques ont tenté de répondre à cette question : l’incendiaire est-il un criminel ordinaire ? En 1835, Franz Joseph Gall, un neuro-anatomiste allemand, déclare qu’ « il est probable que le plaisir éprouvé par certaines personnes à brûler des immeubles n’est qu’une simple mutation de la disposition à l’assassinat ».

Il y a quelques semaines, dans le sud de la France, il y a eu de grands incendies causés par les canicules, le manque de pluie et la mauvaise surveillance des forêts. Plus de 62 000 hectares d’arbres ont parti en cendres. Plus de 14 100 personnes ont été évacuées. Il y a aussi eu des incendies dans le reste du continent : 660 000 hectares de végétation ont été incinérés. Les pertes sont énormes. Trois pompiers sont morts en France au feu. La plupart de ces incendies ont eu une origine humaine (volontaire ou accidentelle).

À ce jour, la police française a capturé 48 incendiaires présumés. Au 23 septembre, 12 ont été condamnés. La loi française prévoit pour les incendiaires une peine de 10 ans de prison et des amendes pouvant aller jusqu’à 150 000 euros. Cette peine peut aller jusqu’à 15 ans lorsque l’incendie affecte une forêt.

Là encore, psychologues, avocats, policiers et journalistes tentent d’établir les caractéristiques des deux catégories pour que les sanctions soient justes. Selon la spécialiste Julie Palix, de l’Université de Lausanne, le pyromane ordinaire provoque un incendie, de façon répétée ou non, sans ambition criminelle. « Après, il éprouve du plaisir et du soulagement à la vue du feu. » En revanche, l’incendiaire, doté d’un « haut niveau d’affirmation de soi », planifie et prémédite son acte. Marjorie Sueur, criminologue et psychologue clinicienne, explique que « l’agressivité, la tension et la colère refoulées » du pyromane lui font voir l’incendie comme « une échappatoire ». Les incendiaires sont des « agresseurs polyvalents » et ce profil est « associé à des besoins criminogènes importants ».

Dans les profils psychologiques de ces délinquants, il y a des problèmes fréquents de violence et de passé criminel juvénile, de sexualité insatisfaisante, d’abus de substances toxiques, de comportements antisociaux et de peu d’investissement social et familial.  

Dès lors, comment voir les femmes cagoulées qui ont tenté de mettre le feu à la cathédrale de Bogotá ? Certaines caractéristiques sont apparues dans cette action qui révèlent leurs objectifs, c’est-à-dire leur degré de danger social : elles ont prémédité l’agression, fabriqué des objets incendiaires et attaqué la cathédrale non pas tant parce qu’elle est un symbole de l’Église, qui s’oppose à l’avortement, mais parce qu’elles savent que la cathédrale est une cible spectaculaire, facile et sans défense : la mairie et l’actuel gouvernement, dirigés par des gens qui détestent le peuple catholique, majoritaire en Colombie, ne feront la moindre pression sur la police ou la justice pour qu’elles fassent leur travail.

Dans l’acte du 28 septembre, il n’y a eu donc ni altruisme ni audace. Plutôt lâcheté, bassesse et soif de vengeance. Ce jour-là, les femmes cagoulées croyaient être l’avant-garde d’un mouvement politique. Aujourd’hui, elles se cachent en attendant de nouvelles instructions pour échapper à la justice.

Pourquoi Causa Justa ne répudie pas cet acte criminel ? Le 21 février 2022, la Cour constitutionnelle colombienne avait décidé que les femmes pouvaient avorter jusqu’à 24 semaines (six mois) de gestation, sans que cela soit considéré comme un crime (la limite est de 14 semaines en Argentine et en Uruguay et de 12 semaines à Cuba), et a maintenu les trois motifs qui permettaient l’avortement : santé et risque de la mère, malformation du fœtus et viol ou inceste. Ce jour-là, Causa Justa a crié victoire mais le pays pro-vie a déclaré son horreur devant une telle décision. L’aile extrême de Causa Justa veut aller plus loin. Mais alors, pourquoi ne lancent-elles pas leurs attaques contre la Cour constitutionnelle qu’elles accusent de ne pas lever « les autres barrières qui subsistent » pour accéder pleinement à l’avortement ?

Les « autres barrières » fantaisistes c’est le prétexte insensé de l’opération incendiaire du 28 septembre. Le Parquet continuera-t-il à regarder ailleurs ? S’activera-t-il pour jouer le rôle de pleureuse lorsque les incendiaires auront réussi à laisser la cathédrale primatiale en cendres ?

© Eduardo Mackenzie (@eduardomackenz1) pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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