Publié par Jean-Patrick Grumberg le 7 octobre 2022
Six faits que vous ignoriez sur les mosquées allemandes

L’Allemagne compte des milliers de mosquées, pour la plupart cachées dans des arrière-cours ou des zones industrielles. Lors de la Journée des mosquées ouvertes, elles ouvrent leurs portes au public.

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La Journée portes-ouvertes des « mosquées ouvertes » a lieu en Allemagne le 3 octobre de chaque année depuis 1997. Cette année, environ 1 000 mosquées à travers l’Allemagne ont ouvert leurs portes à des fins de prosélytisme, les musulmans ne se rendant pas dans les églises et les temples.

Voici six faits concernant les mosquées d’Allemagne – tirées d’un article paru sur Deutsche Welle – dont personne ne sait exactement combien il en existe. Les estimations varient entre 2 350 et 2 750. Selon une étude de la Conférence allemande sur l’islam, 24 % des 5,5 millions de musulmans vivant en Allemagne ont visité ces mosquées au moins une fois par semaine en 2019.

1 L’Empire allemand a formé des djihadistes dans la première mosquée d’Allemagne. La mosquée de Wünsdorf, dans le Brandebourg, construite en 1915 à la demande du mufti d’Istanbul, est considérée comme le premier édifice islamique d’Allemagne et de toute l’Europe centrale. Érigée au centre d’un camp de prisonniers de guerre pour les musulmans, la mosquée était surnommée le « camp en demi-lune ». C’était un lieu de prière pacifique, mais l’Empire allemand a également utilisé la mosquée pour attiser les sentiments des prisonniers musulmans contre leurs puissances coloniales, la France et l’Angleterre.

« Stratégie révolutionnaire », c’est ainsi que l’Empire allemand l’appelait. C’est là que les jihadistes prêtaient serment et étaient envoyés pour mener la « guerre sainte ».

Les prisonniers de guerre musulmans étaient également utilisés à des fins de recherche, notamment pour des enregistrements linguistiques et des mesures anthropologiques. Celles-ci ont ensuite fait partie d’un domaine d’étude pseudo-scientifique que les nazis ont appelé « science raciale ». En 1928, une nouvelle mosquée est construite à Berlin-Wilmersdorf, et la mosquée de Wünsdorf perd son importance. Elle a été démolie en 1930, moins de 15 ans après son inauguration.

2 Ressemblance avec le Taj Mahal. La mosquée du quartier berlinois de Wilmersdorf est la plus ancienne qui existe aujourd’hui en Allemagne. Le bâtiment ressemble fortement à un monument mondialement connu en Inde : le Taj Mahal. Deux minarets, chacun de plus de 30 mètres de haut (98 pieds), encadrent le bâtiment. Il a été conçu par l’architecte allemand Karl August Herrmann pour la communauté Ahmadiyya de Lahore, originaire de l’actuel Pakistan, dont les membres sont venus en Allemagne en 1920. Ils ont fondé la German-Muslim Society en coopération avec des musulmans allemands. La mosquée de Berlin-Wilmersdorf est devenue le centre de la vie musulmane.

3 Des femmes prêchent dans une mosquée de Berlin. En 2017, un lieu de culte musulman d’un genre très particulier a été créé dans la capitale allemande : la mosquée Ibn Rushd-Goethe. Là, les hommes et les femmes prient ensemble, les femmes sont autorisées à prêcher, et les homosexuels ne sont pas exclus.

« La mosquée Ibn Rushd-Goethe représente un islam progressiste et contemporain, compatible avec la démocratie et les droits de l’homme. Nous vivons un islam dans lequel les femmes et les hommes sont égaux », peut-on lire sur le site web de la mosquée. Il indique également que toutes les confessions de l’islam sont les bienvenues : « Chez nous, toutes les confessions de l’islam sont les bienvenues, les sunnites, les chiites, les soufis et les alévis éprouvent un sentiment d’appartenance à notre communauté. »

Mais tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes islamiques : la religion de paix, de tolérance et d’amour a du mal à se maintenir à la hauteur de ses promesses : Seyran Ates, avocate, auteure et militante des droits des femmes qui a cofondé la mosquée, paye un prix élevé pour sa position progressiste – elle reçoit des menaces de mort et est sous protection policière 24 heures sur 24.

4 Associations de mosquées « controversées ». En Allemagne, les associations de mosquées gèrent les mosquées. L’association islamique la plus connue et la plus importante en Allemagne en termes de nombre de congrégations dans les mosquées est probablement l’Union turco-islamique pour les Affaires religieuses (Ditib). Cette association est critiquée parce qu’elle est subordonnée à l’autorité religieuse turque Diyanet, le présidium de l’État turc pour les Affaires religieuses. Les imams de l’union, qui sont installés dans les mosquées allemandes depuis plusieurs années, sont pour la plupart formés en Turquie et financés par l’État turc.

Depuis des années, les critiques mettent en garde contre l’influence de l’État turc sur les congrégations. L’élection présidentielle turque de 2018 a montré que le président turc Recep Tayyip Erdogan a de nombreux partisans en Allemagne, tout comme ses visites en Allemagne, où il a été chaleureusement accueilli et acclamé avec frénésie par ses partisans. Apparemment, les Allemands sont trop cruches pour comprendre le danger, et le risque d’ingérence. Tant pis pour eux, je ne vais pas verser une larme.

5 Le plus souvent, les mosquées sont cachées. Alors que les bâtiments chrétiens, églises et temples, sont très visibles dans le paysage urbain allemand, et que la grande majorité des villages ont été construits autour d’une église, les mosquées sont à peine visibles. La plupart d’entre elles sont à peine reconnaissables comme telles de l’extérieur et, souvent, seul un panneau indique qu’une mosquée se trouve derrière l’entrée discrète d’une maison, dans un quartier résidentiel, ou dans des zones commerciales en dehors des centres-villes. Le terme allemand pour désigner ces mosquées cachées est « Hinterhofmoschee », ou « mosquée d’arrière-cour ». Bien que ce terme soit descriptif, il peut avoir une connotation négative.

La mosquée centrale de Cologne, qui fait partie de Ditib, est l’exception qui confirme la règle. Ouverte depuis 2017, faite principalement de verre et de béton apparent, elle est flanquée de deux minarets incurvés de 55 mètres de haut qui s’élèvent bien au-dessus des bâtiments environnants. À l’origine, elle devait être la plus grande mosquée d’Allemagne, mais sa conception a été modifiée après des critiques sur les plans de construction. Elle peut accueillir 1 200 fidèles, soit autant que la mosquée Ditib dans le quartier Marxloh de la ville de Duisbourg, dans l’ouest de l’Allemagne.

6 Peu d’imams utilisent l’appel à la prière du muezzin. Dans les pays islamiques, un muezzin appelle traditionnellement les prières quotidiennes, ainsi que les prières publiques du vendredi, depuis le minaret. Les mosquées peuvent le faire également en Allemagne, mais elles le font rarement. La plupart des mosquées allemandes n’ont pas de minaret. En outre, cette pratique n’est pas largement acceptée dans la société. Les opposants à l’appel du muezzin le considèrent comme une nuisance sonore et critiquent la confession religieuse qu’il exprime. Ils affirment que, contrairement aux cloches des églises, l’appel a une signification théologique. L’appel du muezzin n’est entendu régulièrement que dans une trentaine de mosquées en Allemagne.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

Source : https://www.dw.com/en/six-facts-you-didnt-know-about-mosques-in-germany/a-63292950

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