Publié par Dreuz Info le 22 novembre 2022
Chassé du paradis ! « La Conspiration du Caire » ?

« La Conspiration du Caire » est en français le titre du film « Sabi min el jinah », « chassé du paradis », le second film de Tarik Saleh.

Ce titre français et les compte rendus des critiques cinématographiques progressistes main stream manifestent parti pris et incompréhension des réalités et des enjeux. Sur Télérama, Douhaire et Sauvion y voient « une charge très violente et politique contre les dérives autoritaires du pouvoir égyptien » … »le réalisateur n’étant plus vraiment le bienvenu en Egypte. »

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On va jusqu’à prétendre qu’il a dû tourner en Turquie, faute de pouvoir le faire au Caire, au mépris de l’évidence des images d’El Azhar. Dans Abus de Ciné, Braugé y voit « un thriller puissant et saisissant », sur « la corruption ubiquiste d’un gouvernement qui veut dicter ses lois aux sphères religieuses ». Certes, en Egypte, le pays arabe le plus peuplé, El Sissi a écarté le Frère Musulman Morsi et a ensuite réclamé à l’université d’Al Azhar, avec clarté et audace, une réforme dogmatique indispensable pour s’éloigner justement d’un fanatisme meurtrier qui rend l’Islam odieux et l’emprisonne dans une intolérance stérilisante, sous-développée, ridicule et douloureuse.

L’enjeu est parfaitement clair dans le film. Un verbatim, si on le réunit comme suit, le prouve.

L’État, « daoula », la Sécurité, « amal » ont sauvé le pays d’une religion, « din », de l’apocalypse du dernier jour, Jour du jugement, « yom el akher, yom ed-din » qui a failli installer la guerre civile, la discorde, « fitna » destructrice du pays.

Il s’agit pour élire le cheikh suprême d’El Azhar de prendre le temps et le moyen d’échapper à l’élection d’un des Frères, « ikhwan », de trouver le précédent islamique nécessaire, imparable : le héros du film, tombé ici-bas hors du Paradis des Frérots, « ikhwan », requis de justifier une sortie de leur Paradis, le trouve. Il le prend dans la Vie sacrée du Prophète, sacrée juste après le Coran. Le jour de sa mort, le choix avait été ou bien de l’annoncer sur le champ, ce que demandait Ali qui sera la référence ultérieure du chiisme, ou bien d’attendre le temps nécessaire pour se concerter pour le consensus de la communauté, « umma », sur son successeur légitime « khalife rachidi » : ce qui avait été imposé – le premier qui l’annonce, je le sabre ! « seif » – par celui qui devient ainsi la référence des sunnites. CQFD, ainsi les Frérot ne sont plus que les stipendiés des mollah de Téhéran (oublieux d’Ankara, du Qatar, d’Obama). Le droit, « fiqh », l’emporte sur la charia.

Le fils de l’humble pêcheur du Delta, étudiant désormais élevé à la maîtrise et capable de convaincre un cheikh aussi respectablement aveugle qu’un Taha Hussein, l’emporte. Sur le candidat des Frères, homme de la haute Egypte, du « Saïd », qui demandait à l’étudiant du ‘gahwa », du café, au lieu de « ahwa », comme au Caire. Sociologiquement donc, ironiquement aussi, et hors de portée de nos critiques occidentaux culturellement corrects.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Eric Fauquet et Jean-Loup Msika pour Dreuz.info.

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